ENCYCLOPEDIE SCIENTIFIQUE VII
une limitation assez stricte est nécessitée par le fait même de la juxtaposition de plusieurs sciences.
Le plan choisi, sans viser à constituer une synthèse philosophique des sciences, qui ne pourrait être que subjective, a tendu pourtant à échapper, dans la mesure du possible, aux habitudes traditionnelles d'esprit, particulièrement à la routine didactique, et à s'inspirer de principes rationnels.
Il y a deux grandes divisions dans le plan général de VEncyclopédie : d'un côté les sciences pures, et, de l'autre, toutes les technoloo-ies qui correspondent à ces sciences dans la sphère des applications. A part et au début, une Bibliothèque d'application générale est consacrée à la philosophie des sciences (histoire des idées directrices, logique et méthodologie).
Les sciences pures et appliquées présentent en outre une division générale en sciences du monde inorganique et en sciences biologiques. Dans ces deux grandes catégories, l'ordre est celui de particularité croissante, qui marcheparallèlement à une rigueur décroissante. Dans les sciences biologiques pures enfin, un groupe de sciences s'est trouvé misa part, en tant qu'elles s'occupent moins de dégager des lois générales et abstraites que de fournir des monographies d'êtres concrets, depuis la paléontologie jusqu'à l'anthropologie et l'ethnographie.
Etant donnés les principes rationnels qui ont dirigé cette classification, il ny a pas lieu de s'élonner de voir apparaître des groupements relativement nouveaux, une biologie générale,— une physiologie et une pathologie végétales, distinctes aussi bien de la botanique que de l'agriculture, une chimie physique, etc.
En revanche, des groupements hétérogènes se disloquent pour que leurs parties puissent prendre place dans les disciplines auxquelles elles doivent revenir. La géographie, par exemple, retourne à la ecéologie, et il y a des géographies botanique zooloo^ique, anthropologique, économique, qui sont étudiées dans la botanique, la zoologie, l'anthropologie, les sciences économiques.
Les sciences médicales, immense juxtaposition de tendances très diverses, unies par une tradition utilitaire, se désa-
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Sfrèg-ent en des sciences ou des techniques précises; la pathologie, science de lois, se distini^ue de la thérapeutique ou de l'hyo'iène, qui ne sont que les applications des données générales fournies par les sciences pures, et à ce titre mises à leur place rationnelle.
Enfin, il a paru bon de renoncera l'anthropocentrisme qui exigeait une physiologie humaine, une anatomie humaine, une embryologie humaine:,une psychologie humaine. L'homme est intégré dans la série animale dont il est un aboutissant. Et ainsi, son organisation, ses fonctions, son développement s'éclairent de toute l'évolution antérieure et préparent l'étude des formes plus complexes des groupements organiques qui sont offerts par l'étude des sociétés.
On peut voir que, malgré la prédominance de la préoccupation pratique dans ce classement des Bibliothèques de VEncyclopédie scientifique, le souci de situer rationnellement les sciences dans leurs rapports réciproques n'a pas été négligé. Enfin il est à peine besoin d'ajouter que cet ordre n'implique nullement une hiérarchie, ni dans l'importance ni dans les difficultés des diverses sciences. Certaines, qui sont placées dans la technologie, sont d'une complexité extrême, et leurs recherches peuvent figurer parmi les plus ardues.
Prix de la publication. — Les volumes, illustrés pour la
plupart, seront publiés dansle format in-i8 jésus et cartonnés. De dimensions commodes, ils auront -400 pages environ, ce qui représente une matière suffisante pour une monographie ayant un objet défini et important, établie du reste selon l'économie du projet qui saura éviter l'émiettement des sujets d'exposition. Le prix étant fixé uniformément à 5 francs, c'est un réel progrès dans les conditions de publication des ouvrages scientifiques, qui, dans certaines spécialités, coûtent encore si cher.
TABLE DES BIBLIOTHEQUES
Directeur : D- TOULOUSE, Directeur de Laboratoire à l'Ecole des Hautes Etudes
Secrétaire général : H. PIERON, agrégé de l'Université
Directeur des Bibliothèques :
1. Philosophie des Sciences. P. Painlevé, de l'Institut, professeur
à la Sorbonne.