‹ L'Exploration Physique du Foie par la PhonendoscopieChapitre 11 sur 20 · DE · texte numérisé non relu

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Malgré Loutes ces recherches l’auscultation plessimétrique de Guéneau de Mussy a pratiquement échoué.

En réalité tous les travaux sur la percussion auscultée n’ont apporté que deux signes utilisables : le bruit d’airain de Trousseau, le signe du sou de Pitres. Ils appartiennent tous deux à la percussion métallique auscultée. |

C’est à l'étude de ce dernier signe que Sieur à Bordeaux en 1883 a consacré sa thèse.

C'est à l'étude générale de la méthode de percussion métallique auscultée que Robinne à Paris en 1919 a consacré la sienne

Percussion métallique auscultée de Trousseau, percussion auscultée de Cammann et Clark, auscultation plessimétrique de Guéneau de Mussy, phonendoscopie de Bianchi, telles sont les étapes essentielles de cette méthode qui combine la percussion et l'auscultation.

La méthode de Brancur diffère des précédentes par deux points : elle utilise un stéthoscope spécial, le phonendoscope, elle ausculte les vibrations produites non pas par la percussion mais par le frottement.

La phonendoscopie fut introduite en France à la suile de la communicalion que Bendersky (de Kiew) fit au Congrès de Rome de 1895.

Immédiatement nous trouvons cette discordance d'opinions que nous avons constatée au chapitre précédent pour le cas particulier du foie,

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Le 22 février 1869 à la Société de Biologie CouTE achève ainsi son exposé de la méthode de Bianchi :

« En résumé du moment où l’on peut appliquer la tige du phonendoscope sur un point du corps qui se trouve en rapport avec

l'organe à explorer, on peut déterminer les limites de cet organe... Le cœur, les poumons, le foie, l'estomac, la rate, les reins, la vessie peuvent ainsi être vus à travers la peau de même que la hauteur d'un épanchement pleural ou péritonéal. On arrive même avec un peu d’hâbitude à reconnaître chaque cavité du cœur, la position de la eloison et à déterminer les scissures interlobaires du poumon. »

Comte n’est pas le seul auteur qui adopte la méthode . avec enthousiasme.

LAGRANGE dans la Revue des maladies de la nutrilion (page 219, année 1896) conclut son article :

« Selon toute apparénce, nous devons attendre beaucoup plus de cette méthode que des rayons de Rüntgen, pour l'exploration des organes splanchniques ».

C’est l’âge d’or de la phonendoscopie.

A la Société de biologie le 3 juillet 1897 Capitan et Mile Pokrychkine étudient par la phonendoscopie les changements de forme du cœur sous l'influence de la course.

A la Société obstétricale et gynécologique le 9 décembre 1897 Anastasiadès délimite la position de l'enfant dans l'utérus gravide.

A l’Académie des Sciences le 6 février 1899 Bianchi et Regnault étudient par la phonendoscopie les changements de volume des principaux organes sous l’influence du bain ture,

A la Société de biologie le 26 juillet 1902 Bianchi et Léri étudient les variations de volume de la rate pendant la grossesse et après l'accouchement.

Le seul énoncé de ces diverses communications montre quelle valeur on attachait à la phonendoscopie.

Cependant, dès cette époque, quelques auteurs dénient à cette méthode toute valeur séméiologique.

En Italie, en 1885, dès les premières publications de Bianchi, Feletti fait la critique de la phonendoscopie.

En France cette critique est faite par trois auteurs : Four en 1889 dans la thèse qu'il passe à Bordeaux ; Bouveret dans un article paru dans le numéro du 3 mai 1896 du Lyon médical; Oriou dans un article des Archives de médecine et de pharmacie militaires de 1897. Puis avec les premières années du xx° siècle la phonendoscopie de Bianchi est allée rejoindre dans l’oubli la méthode de Cammann et Clark qu’elle avait tenté de rajeunir.

Elle vient de faire une réapparition timide ces dernières années.

Trois communicalions lui sont consacrées à Ia Société médicale des Hôpitaux &e Paris en 1920 deux de Crouzon et Béhague, une de May.

La communication de May sur les variations d’étendue de la phoneéndoscopie pulmonaire se trouve développée dans la thèse de Rouquet (Paris 1921) et dans un article de May et Rouquet publié dans les Annales de médecine de 1921. Ces auteurs établissent que la phonendoscopie ne mérite pas l’oubli où elle est relé-

EHESS

guée mais qu’elle peut jouer, à titre de méthode accessoire, un rôle utile pour le diagnostic des pneumopathies chroniques. k . C'était là une réhabilitation timide. Une -réhabilitation plus importante a été faite depuis par SÉDILLOT dans une série de publications, spécialement dans le numéro d’avril 1928 du journal La Clinique et en 1931 dans son livre « L’Arthritisme ».

Il fait jouer à la phonendoscopie le rôle, qui semble raisonnable, d’une percussion plus fine et plus facile que la percussion classique. Il écrit, en effet, page 36 :

« Cet appareil ne peut permettre de mesurer, de délimiter exactement que la partie des organes pleins (foie, rate, cœur) qui se trouve au contact direct de la paroi et à la condition que ces organes pleins de forte densité se trouvent immédiatement entourés d'organes creux ou de faible densité mauvais conducteurs du son (foie entre poumon droit et intestin.…

Après cet exposé, que nous avons volontairement limité à l'essentiel, nous avons le droit de répéter ce que nous disions à la fin de notre premier chapitre que les auteurs n'ont jamais pu se mettre d'accord sur la valeur de la phonendescopie. -

Nous avons vu que Roger n’était pas d'accord avec Cammann et Clark, que Feletti critiquait la méthode de Bianchi, que Four, Bouveret et Oriou déniaient toute valeur à la phonendoscopie alors que la plupart des auteurs la prônaient avec enthousiasme.

IL est évident que les prétentions initiales de la phoneudoscopie de délimiter tous les organes, de dessiner Îles scissures interlobaires, les cavités cardiaques,

etc., ont par leur exagération même discrédité la méthode.

Mais les prétentions plus modestes et d'apparence raisonnable que Sédillot reconnaît à la phonendoscopie, de délimiter la partie des organes pleins se trouvant au contact direct de la paroi entre deux organes mauvais conducteurs de son, que valent-elles ?

Ce problème ne paraît pas résolu ; du moins si quelques-uns des auteurs que nous avons cilés l'ont résolu, la solution n’a pas eu un retentissement suffisant pour faire l’accord unanime. Il n’est donc pas inutile de reprendre cette étude.

Nous allons voir successivement les observations que nous avons faites puis les observations que nous avons recueillies dans les travaux consacrés à la phonendoscopie.

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