ALGER
Imprimerie typographique A. DeymE;.
Rue Constaritine, f).
A Monsieur k Générai Cfaunzy
Gouverneur gênerai civil de r Algérie, Commandant en chef des forces de terre et de mer.
MONSIKITR LE GOUVKRNEUK,
En organisant pour la première fois h Alger, ârec \ë sympathiqueconcoursd^ T Administrât ion supérienrè et des Assefnblées éleètives, une Expôsitian à tequelle ont pu prendre |)àrt tous les prôdnètéurs agricoles et' industriels du pays, ainsi que les fabricants de Iriadhines fligricoks de la France et de l'Etranger,, et en ouvrant ses gâteries aux travaux de nos Ecoles, la Société d'ag-ricultute a rendu à l'Algérie entière un service d:<Mkt Fimportance no saurait être contestée par personne.
La solennelle exhibition de nos richesses naturelles, manufacturières et intellectuelles, dont le Champ-deraanœuvre de Mustapha a été le théâtre pendant quinze jours, outre qu'elle aura permis de constater les progrès déjà accomplis, sera, en effet, le point de départ de nouveaux pas en avant.
A ces deux points de vue, il importait de consacrer le souvenir de cette Exposition par un monument plus durable que les constructions provisoires édifiées pour abriter nos produits, et dont la trace est elle-même à la veille de disparaître.
Ce livre atteindra-t-il le but que nous nous sommes proposé en récrivant : raconter fidèlement ce que nous avons vu, tout en signalant les lacunes inévitables qui se sont produites et en indiquant les moyens qui, suivant nous, permettront de les combler dans Tavenir?
Nous n'osons l'espérer.
Bien que ni les encouragements, ni les concours dévoués ne nous aient fait défaut, nous nous sommes trouvés, nous aussi, en présence de nombreuses diflSicultés que notre bonne volonté n'a peut-être pas toujours pu surmonter.
Quoi qu'il en soit, et quelque imparfaite que puisse être notre œuvre, souffrez, Monsieur le Gouverneur général, que nous la placions sous votre haut patronage.
c'est, à nos yeux, le moyen le plus sur d'obtenir l'indulgence du lecteur ; c'est aussi nous permettre de vous témoigner les sentiments de vive gratitude et de profonde reconnaissance que nous éprouvons, et que partage toute l'Algérie, pour le liant administrateur qui dirige d'une main si sûre et si ferme dans la voie du progrès le pays dont les destinées lui ont été confiées.
J'ai l'honneur d'être.
Monsieur le Gouverneur général, en mon nom et au nom de mes collaborateurs,
Votre tout dévoué et très humble serviteur,
Victor LOIZILLON.
Alger, le 15 juin 1876.
CBlflTRE r'
ORGAWSATtON. - INADCURATH»!.
S'inspirant d'une idée généreuse mais pefut-être prématurée, un, groupe de personnes appartecaiat aux . classes les plus élevées de la société d'Alger, s'était constitué à la fin de 1874, en vue de poréparer pour r Fautomne 1875 une .Exposition générale à laquelle l'Algérie auuait convié'toutes les nations. Noia» n'avons pas à rechereher ici les causes qui ont anveué Tajournement de cette «conception grandiose à une épt)que ultérieure ; i-idée mère semée dans une terre fertile porte en elle-même un germe qui assure son éclosiein dans un avenir que le succès de l'Exposition de 1816, dent nous entreprenons de retracer un tableau lidèle et complet, nous fait entrevoir comme prochain. .
Sans contester la part considérable prise par la^ Société d'agriculture à cette solennité qui fera époquedans les fastes'algériennes, il est donc juste de reconnaître que l'idée d'une Exposition restreinte a été
Inspirée en grande partie par le désir d'effacer daM la mesure du possible la mauvaise impression produite par Tavortement de la première combinaison*
Nous croyons devoir reproduire à titre de documents, les trois lettres suivantes qui, échangées entre M. le Préfet d'Alger, la Société d'Agriculture et M. le Gouverneur général, indiquent d'une façon très précise ^origine du projet et la piirt d'initiative revenant h chacun.
Alger, 15 mai 1875.
A Mansieur le Président de la Société d'agriculture.
Un fabricant d'instruments Agricoles à Nîmes, m'a écrit 4e 10 de ce mois, pour me demander à quelle époque il y aurait une Exposition à Alger.
Je sais qu'en ces derniers temps des hommes d'initiative ont fait de louables efforts en vue de l'organisation d'une vaste Exposition pour laquelle ils comptaient faire .appel aux exposants de tous pa^^s.Le silence gardé siïries résultats de cette tentative me donne à craindre qu'elle ne soit pas couronnée de succès.
Dans cette ^tuation, il me semble qu'il appartient à la Société d'agrjculture d'examiner si, en restreignant les limites du prpjet, il ne serait pas possible d'obtenir un résultat importabt.
Depuis longtemps., il n'y a eu dans ce département aucune Exposition d'agriculture. Il est cependant unanimement reconnu- qi*e ces exhibitions présentent des avantages considérables pour la propagation des bonnes méthodes et l'amélioratioH des produits de toute nature.
Je vous prie, Monsieur le Président, de me faire savoir si, partageait cette manière de voir, la Société d'agriculture serait disposée à préparer le programme d'une Exposition qui pourrait. avoir lieu au mois d'avril et dans laquelle on admettrait, oatre les animaux reproducteur* de toutes races, les produits agricoles et horticoles et les instruments d'agriculture .et d'horticulture.
Le Préfet,
Signé : Brunel.
Alger, le 19 mai 1875, A Monsieur le Préfet du département d'Alger,
Votre dépêche du 15 courant, N* 3616, timbrée 4* Bureau, est relative à l'utilité d'une Exposition agricole dans le département d'Alger,
La Société d'agriculture, dont les délégués ont pris une part active aux travaux du Comité d'organisation d'une . Exposition générale algérienne, s'associe volontiers au projet dont vous avez bien voulu l'entretenir. Dans la séance du 15 de ce mois, elle a chargé une Commission d'étudier la question au point de vue du programme et de la mettre à même de se prononcer dans la première réunion de juin.
J'aurai l'honneur, Monsieur le Préfet, de vous adresser, en temps utile, copie du rapport de la Commission^ comme aussi de la délibération qui en sera la suite^
Le Secrétaire principul, Bigné : i&UY.
Alger, le 7 août 1875, A Monsieur le Gouverneur général civil de l'Algérie,
11 y a quelques mois, des hommes d'initiative ont fait de louables efforts en vue de Torganisation d*une vaste Exlx)sition a Alî^er, pour laquelle ils comptaient faire appel aux exposants de tous les pays. Une certaine publicité avait été donnée à cette tentative, mais le silence qui a succédé ne pouvait plus permettre de croire qu'elle serait couronnée de succès..
C'est alors qu'il a •sem'blé à M. le Préfet Brunel qu'il appartenait à la Société d'agriculture d'examiner si, en restreignant les limites du projet, il ne serait pas possible d'obtenir néanmoins un résultat important.
Depuis longtemps, en effet, il n'y a eu dans ce dé- ])artement aucune Exposition d'agriculture, quoiqu''il soit unanimement reconnu que ces exhibitions, présentent des avantages considérables pour la propagation des bonnes méthodes et l'amélioration des produits de toute nature.
La Société d'Agriculture a entendu cet appel, et elle a préparé le programme d'une Exposition générale des produits de l'agriculture et des industries agricoles algérkennes avec admission des machines agricoles ôjq tous les
pays. J*ai rhonneur; Monsietit le Gouverneur général, de vous communiquer ce programme dont l'examen m'a amené- a reconnaître qu'il répond parfaitement au but proposé.
Il s^agit d*uiie exhibition analogue aux Coneonrs régionnaux de France , c'est-à-dire dont certaines parties du -progrùimè embrassent i'induâtrie agricole en général, et d'autres seulement I-agrieultare propre de la localité.
L'Exposition sefait organiser sur le Ghamp-de-Manœuvres de M\istapha, dont la vaste étendue et les facilités exceptionnelles d'accès pei'mettrmetit toutes installations, aussi bien pt)ur les produits agricoles que peur les ma* chines et les animaux; elle s'ouvrirait dans la première quinzaine d'avili' 1876, pouï être 'kftmée à la fin du mois de mai'smYant.
D'après le programme ci-joittt, qni a été étudié dans des conditions économiques, les dépenses à faire pour prix a distribuer en ar;gent et acliat de médailles, s'élèveraient à 22.000 francs. Il n'est point fourni d'estimation pcwir la dépense de tenue et d'installation de l'Exposition. C'est un point qui sera ultérieurement réglé.
Pour le moment, ressentiel est >que la Société d^agriculture,qui prend l'initiative de l'entreprise, dont elle assurera d'ailleurs l'exécution, soit fixée sur le concours pécuniaire qu'elle peut attendre de l'Etat, des Conseils généraux, et, au besoin, des Municipalités.
Chaque fois qu'il y a eu des Expositions algériennes,, le budget de l'Etat a pris à sa charge une partie des dépenses. Je pense qu'il doit en être de même k l'occasion de l'exhibition générale projetée pour le mois d'avril prochain, laquelle affecte un véritable caractère d'intérêt public.
J'ai l'honneur. Monsieur le Gouverneur général, de vous prier de vouloir bien accorder votpe bienveillant appui à l'œuvre qui se prépare, en allouant, sur les fonds du budget de l'Algérie de l'exercice 1876, une subvention dont votre haute sollicitude déterminera l'importance.
La Société d'agriculture, forte des encouragements de 'Administration supérieure, s'adressera aux Conseils généraux des trois provia«eSy qui ouvriront leur 2*. session au mois d'octobre prochain, dans le bfut de les intéresser a l'entrepriçe projetée. Tout porte à croire que cet appd sera entendu, et que des subventions seiront allouées, dans une
mesuré sufiléante, pour couvrir les frais de FBicposition. Au besoin, eomme je Y ni indiqué plus haut, les Conseils muoieipaux dres, principales eommuBjes pourraient être soliiejtés d*aooorder leureoneours pécuniaire.
Bn attendant, Im Société' d'ai^rieultuFe, sans l'attache officielle de 1^ Administration, ferail publier le programme de l'BxpositioB et préparerait toutes les me%u]re& générales et de. détail inhérenites a une enÉreprise de rimportaaee deceiieà laquelle ellei désire eo&saerer sesrefSortfL
Permettea-^moi donc^ Monsieur le Gouyerneui général» d'insister auprès de veos poui" obtenir une réponse aussi pjrompte que possible, « rob|at de la présente eomxaunieatioB.
Peur le Préfet en congé :
Lé SecHtaire (général.
Signé ; GjOUvet.
Par décision du 12 août, M. le Gouverneur général accueillait la demande de M. Iç Pi:éfet d'Alger, et accordait un crédit de 10,000 francs.
Au début de la sesdoa d'octobre^ M^.Brunel initiait ofilciellement le Conseil général et le public au projet de la Société d'agriculture par la commuoication suivante ;
Dans votre derrière ses,siQn (séan^ee du H avril 1875)^ vQus avez émis le vc^a de voir rétablir les primes qui ^taieut antérieurement accordées a l'élève du cbeval. Je m'étais fait Tinterprète de ce vœu auprès de TA-dministration supérieure; mais, depuis lors, il a été élaboré un projet pourVorganisacioQ d'v^ne Exposition générale des pro« dults de. rAlgérie, avec admission des machines agricoles de touâ les pays. Cette combinaison est destinée à remplacer le projet d'Exposition universelle qu'un moment nous avons pu espérer voir réaliser, et que nous aurions été heureux de seconder de tous nos effortis. Si, eomme tout porte à le croire, la Société d'agriculture arrive à la réalisation, de son pro<^amme, les aoeioura^meiits à l'élève du ekeval ne feront pas défaut: le iraMidu Consail gé^ fierai sera, ainsi satisfait»
L'Exposition générale est pro(}etéd pouT le mois d'avril piMKhain. Les conditions de eeite oKhibitien deu forces
agricoles et mécaniques sont indiquées dans le projet cijoint, lequel n'est, h vrai dire, qu'un avant-projet, en ce sens qu'il est susceptible de toutes les jnodifications ou additions que peuvent proposer les hommes compétents, comme, par exemple, d'appeler au concours les produits horticoles; mats, en tous cas, il est le point de départ de ToBuvre è laquelle la Société d'agriculture est toute disposée à consacrer ses efforts. Il ne s'agit, d'ailleurs, que d'une entreprise particulière, mais qui sera secondée moralement et matériellement par l'Administration.
Déjà, et je suis heureux deTaunoneer au Conseil général, l'Administration centrale a bien voulu promettre une subvention de 10,000 fr. sur les fonds du budget de l'Algérie.
Cet exemple sera certainement imité par les trois dépar* tements algériens, qui ont un intérêt direct et réel h faire apprécier la valeur de la production locale, non-seulement par les habitants du pays, mais encore et surtout par les nombreux étrangers qui viennent, ohaque année, visiter l'Algérie, principalement Alger.
J'ai compris, dans mes propositions budgétaires pour l'exercice 1876, une somme de 10,000 fr. pour la part contributive du département d'Alger à la dépense d'organisation de l'Exposition.
J'ai rhonneur de proposer au Conseil général de maintenir cette allocation, qui viendra s'accroître du montant de la subvention que les départements de Constantine et d'Oran n'hésiteront sans doute pas à voter. J'ai adressé, à cet effet, à mes deux collègues d'Oran et de Constantine, une demande dont vous trouverez la copie au dossier de cette affaire.
Approuvant sans réserves la proposition qui lui était faite, le Conseil général du département adoptait, dans sa séance du 12 du môme mois, les cooclùsions du rapport de M. Paul Blanc, un de ses membres, que nous reproduisons également.
Vous savez que l'Exposition générale projetée pour 1875, n'a pu avoir lieu. Mais, aujourd'hui, la Société d'agriculture d'Alger reprend, dans des proportions plus modestes, un projet d'Expoaition pour 1876.
Ce concours comprendrait tous les produits de TAi^
gériev et admettrait les machines agricoles de tous; les pays. Il aurait lieu au mois d'avril prochain, sur le Champde-ManoBuvres de Mustapha. .
L* Administration supérieure a promis une somme de 10,000 fr. k prendre sur les fonds du Gouvernement général de l'Algérie ;. ,M. le Préfet vous propose d'inscrire pareille somme au budget du départeniihit.
Le prograrmme provisoire' comporte dQ^prô^mes et médaillés pour les exploitations; agricolesylesf plantations^ les , animaux reproducteurs, les machines, instruinents et prodnits agricoles, les produits de Tindustri^, et enfin les produits de l'horticulture.
Votre 3' Commission, Messieurs, ne peut que vous proposer d'approuver rinsc,ription au budget de 1876 de la somme^ indiquée par M. Préfet.
Cette décision, et la subveutîon primitivement accordée par le Gouveeaemeiit g'éBéral, constituaient à la Société d'agriculture un premier fonda de 20.000 francs qifôsottt venues grossir depuis les subventions votées p«r les deux autres départements et par le*s communes.
C'est donc avec une somme relativement minime, si on tient compte de tous les frais qui lui incombaient : publicité, organisation, médailles et prix, paiement du personnel, etc., etc., que la Société d'agriculture s'est misfe à l'œuvre sans hésitation, mais peut-être avec un sentiment de modestie trop exagéré, qui lui a fait négliger par trop le puissant concours que la presse métropalitaine et algérienne eusseat été heureuses de lui prêter dans une plus large mesure.
Le programme primitivement arrêté, et qui, à la dernière heure, a reçu dfts extensions considérables, méritait en effet d'être porté à la connaissance de tous.
Il comprenait sept divisions embrassant à peu près tous les objets que l'Algérie est susceptible de produire et tous ceux qu'il est intéressant et utile d'y importer, en vue de favoriser le progrès et le développement de ia France transméditerranéenne.
Nous reproduisons ce document in-extenso^ saaf la nomenclature des prix et médailles affectés à chaque
division, dont la Société d'agrieuhare n'a pas hésité à augmentet, dans une proportion sensible, le nombre et valeur aussitôt qu*elle a vu les demandes d'admission dépasser ses prévisions.
PREMIÈRE MVlSlaîT
PftiMB tfHONWEtm, — 500 fr., médaille' d'or et objet d'a^, à Fèsploitatidn dô pltis de 50 hectares la mieux ténue,
PÈîHïfs AUX EXPLOITATION» AGRICOLES. — Médailles d'or et d'argent aux exploitations agricoles audessous de 50 hectares les mieux tenues.
Médailles d'argent et de bronze aux serviteurs européens et indigènes qui auront utilement servi dans la même ferme pendant plus de dix ans.