SEPTIÈME DIVISION
pRciuiTS DE l'industrie. — Prix etf médailles. ^ — 1® A., là collection la plus complète des produits de ÏWa; 2^ à la collection la plus complète des produits du palmier nain ; 3** à la collée ion la plus complète des produits du liège ; 4^ à la collection la plus complète des plantes officinales; 5** à la collection d'ouvrages d'ébénisterie, style indigène; en bois exclusivement du pays.,, tels q^ue. meubles, plafonds, parquets, portes, etc. : 6^ engrais chimiques (en indiquer la coiùposîtion, le dosage et le prix).
L^étûde des objets exposés compris dans chacune des sept divisions ci-dessus indiquées nous fournira Toccasion d'en faire ressortir Timportance ; mais, dès à présent, nous devons insister sur le double intérêt qui s'attachait à la. réussite des appels adressés aux fabricants français, et étrangers de machines agricoles. Comme Tindiquait, dès le début, ta Correspondance générale algérienne^ l'admission des exposants étrangers à 1 Algérie, dans cette catégorie, réunissait l'avantage d.e permettre aux colons d'apprécier mt place la valeur des dernières innovations dues à lai science, à ceM 4'ouvrir à Tiàdustrie des machines tin débouché d'autant- plus considérable que, chaque année, la statistique emr^iatre de nouveaux et nombreux progrès réaKsés par Tagricultare dans la France transméâtterranéernne, et cela tout eo «timulanli les efforts et les tentatives déjà remarquables de la produt5tion locale, -
Hâtons^ûofus, du reste, d'ajouter que les - grands
industriels ont largement répondu à Tappel qui leur était adressé^ et rAlgérie adresse un témoignage public de reconnaissance, que nous sommes heureux de leur offrir, aux Meugnot, aux Pilter, Louet, Burdick , Osbonne, Decker et Mot et autres qui, honorés des plus îautes récompenses dans toutes les Expositions universelles, n'ont pîas dédaigné de se déplacer, moins pour se disputer les modestes recompenses offertes par la Société d'agriculture, que pour initier la masse des cultivateurs algériens à leurs procédés perfectionnés.
D'autre part, une occasion naturelle s'offrait d'inaugurer en Algérie et d'y acclimater une institution qui s'était depuis quelque temps rapidement propagée en France, celle des Expositions scolaires. M. Boissière, Inspecteur d'Académie pour le département d'Alger, s'empressait de la saisir. Après avoir pris l'agrément de M. le Recteur de l'Académie d'Alger, M. De Salve, il se mettait en rapport avec le Président de la Société d'agriculture et pouvait, dans le2\numéro à\x Bulletin de l Instruction publique (ï®' décembre 1875), porter les instructions de l'Académie d'Alger à la connaissance des instituteurs et institutrices du départe-ment, pendant que ses collègues de Oonstantine et d'Oran agissaient de même vis-à-vis des maîtres et maîtresses de ces départements placés sous leur surveillance.
A son tour, Tidée de l'Exposition scolaire était lancée, et, pendant que dans les trois départements, maîtres et élèves rivalisaient deizèle, une Commission instituée par le Conseil départemental de Tinstruction publique, et composée de MM. Boissieee, Inspecteur d'Académie; Beunet, Inspecteur primaire; Demoly, Conseiller général; Desprez, professeur au Lycée, homme de lettres ; Docteur Feuillet, Conseiller municipal ; Fournieh, Conseiller de Préfecture ; Heubbrt, professeur au Lycée,. Docteur Mares, Viceprésident de la> Société d'agriculture ; Mongellas, Conseiller municipal,, Préaident de la Société des Beaux-Arts ; Binn, capitaine attaché aux Affaires indigènes ; Samaby, architecte en chef des trt^vaux
communaux de k ville d'Alger, préparait avec la plus louable sollicitude rorganièation matérielle de l'Exposition scolaire à laquelle la Municipalité d'Alger concourait paruoè allocation de 800 francs.
Les nombreux visiteurs qui ont parcouru les galerie^ de l'Exposition, ont pu se rendre un compte exact des résultats obtenus, d*une part par le zèle et le bon goût de la Commission, de 1 autre par les intelligents et courageux efforts des instituteurs et des institutrices de» trois départements algériens, auxquels, grâce à Tobligeance de M. le Consul général de France et de M. l'Inspecteur d* Académie Rocca, s'est adjoint la ' Régence de Tunis, par l'envoi des plana et documents relatifs au collège Sadiki, dont la fondation est due à l'illustre et sympathique premier ministre actuel du Bey, le général Kereddine.
Toutes les bases de TExposition étant ainsi posées, la Commission d'organisation, composée de MM. De BoNAND, Président de la Société d'agriculture ; Ville et Mares, Vices-présidents ; Guy, Secrétaire principal ; n'HouDETOT, Trésorier ; Bourgeot, Vice-président de la Commission; De Montillot, Secrétaire-trésorier de la Commission ; Certeux, Darru (Albert), Des Vallons, Ghezzi, Maillard, membres, devait se préoccuper de l'exécution de sa décision portant que TExposition aurait lieu du 15 avril au 1®' mai sur le Champ-de- Manœuvres de Mustapha, gracieusement mis à sa disposition par l'autorité militaire.
En conséquence, ie Commissariat était composé de MM. Des Vallons, Commissaire général; de Montillot, Secrétaire ; De Bellerochb, Bertrand, Certeux, Darru (Albert), d'Houdetot, Commissaires, et après un traité passé pour la construction en planches de la clôture et des galeries, avec M. Rivière, entrepreneur, les travaux d'installation commençaient * dans les premiers jours de mars.
Nous croyons être les interprètes de lopinion publique en adressant ici à M Des Vallons nos félicitations les plus -complètes pour l'activité et le dévouement dont il n'a cessé de faire preuve pendant tout le temps que
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— sauces travaux ont duré. Grâce à sa sorveiUance îneessanté, Forganisation matérielle conçno et exécutée avec un esprit d'économie, n'excluant cependant nii la recherche, ni Télégance dans rornementation générale, était prête et terminée au jour lixé poiù* Tadmistiion des produits.
Jetant, la veille du jour indiqué pour ï'ouvertul'e, un coup-d'œil d'ensemble sur les préparatifs de cette grande fête de r Algérie, la Corre^ondance algé-^ 7'ienne s'exprimait comme suit :
« L'entrée principale réservée an public fait face au débouché de la route d'Alger ; de la limite du Champde-Manœuvres à la porte donnant accé3 dans l'enceinte, une vaiste allée a été tracée; elle est figurée, par un double rang de mâts que surmontent des oriflammes et qu^ornent des faisceaux de drapeaux encadrant dés écussons portant chacun le nom d'une des nations avec lesquelles l'Algérie est enr relations commerciales.
» Derrière cette ligne de mâts pavoises, une rangée de baraques foraines, coupée à droite et à gauche par une autre grande voie transversale, que terminent d'un côté le cirque, de l'autre un manège de chevaux de, bois ; l'activité la plus grande règne dans cette petite ville de bois et de toile.
» Le^ quatre galeries couvertes fortnent une croix de St- André dont le centre est dans l'axe de la porte. L'espace réservé entre ces galeries a été recouvert d'une construction légère constituant un élégant pavillon au milieu duquel s'élancent les gerbes multi- ])les d'un jet d'eau retombant en pluie impaflpable sur les richesses horticoles qui l'entourent. Pour y arriver, on* suit «ne vaste allée plantée de palmiers et ornée de massifs de verveines en fleurs et de colonnes en marbre ; des deux côtés ont été disposés les produits décoratifs de la poterie algérienne; à droite, on remarque la façade d'une construction exécutée avec les matériaux en ciment comprimé de Tusine d'Hussein- Dey. De la porte d'entrée, la perspective se termine, pour le spectateur, par une cascade, dont l'eau est mise en mouvement par un moulin à vent, nouveau système.
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Pour arriver direotemeBt au rond -point d^TËxposi-tion horticole, en passant autour de la cascade, ou néglige, adroite en entrant, le pavillon delà photographie édifié par M. Berthomier ; à gauche, le café-buffet et la buvettb tenus par M, Psaila, et la construction genre mauresque dans laquelle M. Hamoud a tout disposé pour fabricjuer sous les yeux môme du visiteur les liqueurs et liquides gazeux, qiii lui ont acquis la réputation dont il jouît. sur la place d'Alger. Cette exhibition, à laquelle concourent Tart du décorateur et une mise en scène des mieux entendues, semble destinée à obtenir le plus vif succès.
Si maintenant on se place au centre du rond-point en faisant fece à la porte d'entrée, on a, à gauche, la galerie spécialement destinée aux produits agricoles et industriels ;à droite, celle réservée àrexposition scolaire, dont rentrée principale, décorée d'un élégant portique, s'ouvre sur la grande allée, et, à dos, les galeries qu'occupent avec les machines délicates, qui ne sauraient trouver place en plein air, les expositions particulières qui exigent un certain emplacement et des dispositions spéciales.
Ouvertes à chacune de leurs extrémités, les quatre galeries donnent accès sur les espaces affectés aux grandes machines agricoles dans les trois angles restant vides de la croix de St-André formée par les galeries couvertes. A droite, le pavillon spécial de MM. Limozin et Cie ; à gauche, celui de MM. Billiard et Chabre.
Les stalles pour les animaux ont été établies le long de la clôture deTenceinte, pour les bêtes à cornes. Une écurie formant retour est destinée aux chevaux ; un abreuvoir, construit à portée, assure l'alimentation en eau qui, prise sur la conduite de la ville, est distribuée dans tous les locaux par de nombreux conduits établis suivant l'économique système Mestayer.
Sous le rapport de la décoration générale, la Société d'agriculture a fait tout ce qu'on pouvait attendre d'elle, étant donné le budget limité avec lequel elle doit faire face aux frais exigés par les travaux
d'édifiôatidti, la publicité, la gardé et la conservation des objets exposés et l'octroi des récompenses promises. La verdure et les fleurs y jouent un grand tôle ; outre Tallée principale, et de quel<iue côté qu'on se tourne, on n'aperçoit que massifs reposant agréablement la vu« et se mariant de la façon la plus gracieuse aux oriflammes, aux faisceaux de drapeaux, aux écussons sur lesquels sont inscrits les noms des villes et des principales communes de l'Algérie. Le cadre qui entoure ce tableau vivant de l'industrie et des progrès réalisés par la France transméditerranéenne, et que tous les Algériens connaissent pour lavoir cent fois admiré, est d'ailleurs si riche, qtfil suffirait à lui seul pour lui donner un cachet grandiose que nous envieraient toutes les capitales de l'Europe. D'un côté le ciel bleu sur lequel se découpent les montagnes azurées du Djurjura, de Tautre les collines verdoyantes semées de châteaux et de villas qui, de gradins en gradins, s'abaissant jusqu'à Mustapha-Inférieur, forment autour des bâtiments de l'Exposition, qui paraissent en être le centre, un amphithéâtre sans rival et que Ton dirait avoir été disposé tout exprès par le plus merveilleux des architectes.
L'inauguration aurait donc eu lieu à la date et au jour fixés, si des pluies torrentielles, survenues le 14, n'avaient forcé de reporter cette date au 20 avril.
A midi précis, M. le Gouverneur général Chanzj-, accompagné de M"® et de M^^® Çhanzy, descendait h îa porte de l'Exposition, où les attendaient les membres de la Société d'agriculture, l'épi d'or et d'argent, symbole de leurs- fonctions, à la boutonnière, les autorités civiles et militaires, les membres du Conseil général et du Conseil municipal d'Alger, et les représentants de la presse. Le cortège se forme, et M. le Gouverneur, parcoure lentement toutes les galeries, causant familièreiofint avec les exposants, demandant à chacun d'eux des4étails sur leurs industries, exprimant à M. de Boaand toute la satisfaction que lai fait éprouver une œuvre aussi bien réussie.
C'est âeiiileiuéntquâ;uââ(^ûne]xt (bus heuires, moment fixé poHf Touyerture des courses, que M. le géiabéral Chftûzy quitte avec rqgrret les galeries s'engsageant,promesse qu'il a t^iie <tepuifl largemeot, à leur consacrer de nouvelles visites.
Nous terminons là cdt exposé historique des pliase^ traversées par Porganisatiôn de TExpositiou, depuis le jour où l'idée ea a été jetée jusqu'à celui où les portes ont été ouvertes au public. C'est à sa suite que nous allons péûéitrer dans les galeries après avoir toutefois emprunté aux rapporta des Commissions lee détails relatifs aux deux premières divisions qui, par leur ^ï^ature, échappent i nos appréciations persounelleg.
CMiPITRE II