RAPPORT DE M. MARES
En 1862^ à Toccasion d'une Exposition générale des produits de l'agricultuare, le Gouvernement général de FÂlgérie organisa pour la première foi^ iiin concours à la prime d'honneur.
Mais le Jury ne crut pas décerner cette haute récompense, tout en accordant des prix juatem^ntr méritée à plusieurs concurrents. )
Depuis lorS) diverses circongtaiicea empëphèrent le renouvellemexit de ces fêtes qui excitent dans les esprits une noble émulation et entraînent vers le progrès.
Espérons que désorm^ leur retour périodique et régulier ne sera plus interrompu.
Cette année, quatre candidats se sont mis sur les^ rangs :
MM. Dk Malglaive, propriétaire à Marengo ; Gras, fermier à Beni-Méred ; Gros, propriétaire à Rhilen; De Bichemont, propriétaire à Baba- Ali.
Trois autres coloijs, dont les propriétés sont moindres de 50 hectares, norib oi^t ^ija^ndé cte visiter et d'apprécier leurs travaux.
Chez tous, nous avons trouvé, sous des formes différentes et nullement comparables entre elles, leâ résultats intéressants de .grii^ds effort^ produits par des ressources et- dès besoins * les jÀué- divers, mais indiquant un fond commun d'énergie et de persévérance remarquables, . > ;.
* L'intérêt que nous a inspiré Tétude de tant de difficultés vaincues nous a fait vivement regretter que d'autres colons méritants ne se soient pas présentés aussi, car on ne saunittvôp.iaalti^ en lumière l'activité et le courage déployés dans ce pays, qui date d'hier, et qui nous présente déjà des spécimens des meilleures cultures.
Est^ée à dire que nous n'avons que . des éloges à donner et pas de défauts à signaler? < .
Non, certes, il ne pourrait en être ainsi ; dans un pays qui se crée au milieu des difficultés de tous genres de riristallatioii première, oh doit s'attendre à trouver de nombreuses imperfections. .Nous les signalerons aa' cours de ce rapport.
Comme au grand concours de 1862 et au Comice de Blida en 1865, on peut dire que sur bien des points « il y a trop de céréales- 'relativement à l'é- (f tendue dès terres, et pas a8«»z de ptentes -fourra-* v( gères; que le nombre des bestiausr est ini^uffisant « pour maintenir le ôol en hem état de fertili^té, ^jue « les rotations suiviod sô^t t^op épuisantos » ; toute*^ fois^ l'en^mble B^e^ bien* amélioré, 'et iqoailt rà >la côiÊiptabiiîté nous Tavons ':8onBt«itée bien temie dans les grandes fermes qu^ nous, avons .examinées.
La Comiuisfeîbn â cx)mtoeûcé sa tournée lô 7 mars, en partant dé botme heui^e de Blida poan Maretigo, ôii Fattendâit M, De Mà;Iglaite; i ^' ' / •
Le beau temps a constamtnetA; TOVOrisé toutes nos courses : il nous a permis de voir Tensemble de la contrée que nous paroourionis et de recueillir de nombreux et intéressants détails relatifs au développement de là colonisation sur les* divers poktfts' «qui passaient tour à tour sous nos yeux. ;,: • r ; ;
Après avoir dépa,ssé les abor.ds si verdoyants de? Blida et franchi le b^u; pont de la;ChiÇ^, nous avons été frappés de , Içtjvie e)t de . Intimé ,qui se développent, au-delà, sur toute la liguer des villages fondés au pied de TÂtlas^ et longés. ai\jourd'J:iui par le chemin de fer d'Alger jÈ^Oran, .:,-[[.,
La Chiffa, Mouzaïa, Bau*Roumi,:ElnAfl&roun, tous ces villages si cruellement éjwrcMiyés p{ir:le tremble-r m«nt déterre de 1867, n^ portent plu* tr»ice de cette catastrophe. . - ' . • . • ; ; ,, i^. * •
Les maisons sont recQnstfuite9;djaRS die 0ieilleur<es conditions et présentefit un aspect > de bi^n^être qui cbntijaste heureusement avec ce qu'elles étaient il y a neuf ans. - i : ♦. ! ,.•
La campagne est bien cultivée, quelques parties encore incultes disparaissent r^piclement,j et sur certains points de belles plazitatîdns de vignes, de grandes constructions qui àccompagrieiit . ikéçessairement l'industrie . viuicole, nou5;,montrent'(juç.dè puissants capitaux ^e craignent plus de se^xerr^ùirun sol dont Tàdmirable fertilité est protégée .a|flourd^hd par une entière sécurité.
A El-Affroun, la vdîe ferrée tourne vers lit montagne, abandonnant brusquement la plitirie' où. l^^bsence de cette paissante artère se "fait' sieutîr. A mesute/qu'è nous èivançons vers Bourkika et Marêngo', sfe déploie devant' nous cette irhtnense étéidue de champs et de prairies qui termînênt^la Mititljà Vers .l'Ouest.
Les Romains en avaient fait un lieu dé prédilection : partout le soc heurte d^titique» 'débris' qui rappellent cette graââe dviliséifâoti passée. Mais, depuis, cek
— se —
riches teftes OBt été livrées^ 4. la plus eoai]^ète barbarie,:0t l0d wlmieirfl' Buins ont.entiërQmdnt couvert tout ce que niva^^t pas « en vaJsi^' de nouveau .,leâ eaux fîévreuBes^du la^.l^a^oulfi.
Nous avons repris les ttraviaux des Romains : comme eux^ ndbs avons anssi desséché le lac Hallôulaet dépôts seize ans, cette grande superficie livrée de nonreau à F^iic^tare produit iès plus riches récoltes^
Aujourd'hui des fennes, dont le nombre aug-menté de lotir en jour, s'élèvent de tous côtés; les n6ms de ïeu^s propriétaires indiquent^ ui double courant favoriçiWe t, notr^.avçnîr : d\ïn'côté ce sont des personnes étrangères à r^^lgêrie, qui apportent Targent et le peuplement du dehors ; d'un autre côté, ce sont des noms qui nous sont familiers, appartenant à des Eui'opééns connus depuis longtemps dans le pays et uî viennent fixer défltiStivement, 6ur le sol algérien, es capitaux gagnés ici mpme, soit dans le commerce, Tindustrie ou dans Texercice de professions libérales, fiott enfin dans mille transactions amenées par les incidents de la conquête et qui n'ont de durée que celle des événements qui les ont engendrés oh le génie individuel de ceux qui les avaient créés.
Là confiance qu'inspire la situation actuelle de TAlg-érie, non-seulement aux étrangers, mais aux premiers côlons • le bien-être qu'ils y trouvent, est lin fait considéraole, un signe de prospérité que nous deviops signaler, car la ]É>ropriété foncière, ne l'oublions paô, à été de tout temps là base de la richesse et dé la possession réelle d^un pays.
3ur ces .grandes étendues, les bestiaux paraissent encore peu nonibreux : celâ.s'ejxpliaue. sur. un.aol neuf, Q|i le besoin des engrais ne &o lait pas . encare sentir i . ojx toutesi les . ressouirces . soQt d!i^bocd consacrées aux défrichements et k la création des bâtimeiîts d'exploitation, base- indispensable de tput éta|4isser menjiagricoje civilisé., ,, ... . , .
De bons abris, assurent ; la stabilité de^t forces pro^ ductricesi^ elles Ksarac^iaent. une des. grandes sapé-
riorités de la conquête européenne suf Tocoupation barbare.
Nous arrivons à Marengo^ beau centre, l^ien ^tué, formé en 1848 avec des ouvriers français imsai^anta. M. de Malglaiye le père, officier du génie^ fut j^argé de créer ce village : homme instruit, actif et pmti^e, il se mit à Toeuvre avec ardeur. Il construisît les habitations, initia les nouveaux colons et créa dans les montagnes voisines un magnifique barrage^servoir qui dmine pendant tout l'été, au village, les eaûi nécessaires à ses irrigations.
Il projetait le dessèchement du lac Halloula quand les exigences de son service, le rappelèrent à d'autres devoirs. Il reçut du gouvernement une concession de 99 hectares et resta ainsi propriétaire dans le village même qu*il avait créé. Il agrandit peu à peu ses propriétés par voie d'achat, pour la plus graiidé partie aux indigènes; leur superficie est aujourd'hui de 1 . 100 hectares environ* '
Depuis 1858, M* De Malglaive fils en a pris la haute direction et en laisse la gérance à un ancien sous-officier du génie. .
Votre Commission a d'abord visité la concession de 99 hectares qui s'étend sur les terrains ondulés au sud du village. A l'époque où elle fttt concédée, cette propriété était couverte de brouâsaflles. fiaiis le prin* cipe, les défrichements ne pouvaient êtns poussés rapidement sur ce pcÂnt reculé de^ la plaine où la population, et avec elle les forces colonisatrices^ n'ont commencé à progresser avec activité que depuis Fou** verture du chemia de fejr d'Oran, malgré son éloignemwit reUtiif» i» - s
M. De Malglaive père fit bâtir/ i;(mt d'abord, un moulin qui marche à l'aide des elmx du bainrà^e. Cette c(mstrtitGtion, surtout à l'époque où elle fot édifiée, présenta une utilité -téelle ^ l'agriéultt^e en facilitant l'écoulement de ses produits et en fabricàiït sur ptl^e^^ h. boa, marché^ un aliment de. première nécessité. -.< v :-»/c- - . '■ ' ".' ..;
Sur rènscoEoble de 8eé^p]K)priété87 M. De- Malglaive
n fait défricher. près de 3D0 hectaiss de broussailles et de palmiers nains. A côté du moulin, dans des fourrés oxi dominent les thuyas, ^f k» chèaea-verts, il ^ essayé uu ejooucaéQagement forestier qui paraît devoir dpnner de bons résultats. .
850 hectares restent actuellement sous sa direction ; son gérant y surveille d^ cultures variée*; 250 heotares ^ont soumis au métayage^ mais les métayers ont un bail leur assurant la durée de leur fermage avec dès. conditions qui indiquant combien le propriétaire attache de prix à une culture rationnelle. Une excellente pensée, dçnaine é^videmment ses préoccupations : il étv^dip les assolements, recherche de^ cultures bien appropriées au ^ol et judicL.euseiaent réparties. Il voudrait arriver à établir sur ses terres la meilleure rotation, Ijut finaj d-e tout bon établisseigent ^agricole. Cette théprie, bien, indiquée, œ nous a point paru suffisamment appliquée encore dans la pratique, car Tassolement actuel ne rend pas ce qu'il prend, il ne pourrait donc se soutenir s-'il était définitivement , adopté.
Les animaux, qui sont le pivot de Texcellent ordre d'idées suivi par M. De Malglaive, n!ont pas des emménagements suffisants; ils sont trop nombreu» eu égard aux réserves de fourrage et. de pâture qui leur sont faites. Mais il y a dans cette ligne de conduite i^n progrès réel, et la continuatioù des travaux et des amélioratioiis aécomplis jusqu'à ce* jour amèneront certainement ce propriétaire au but final qu'il se propose d'atteindre.
'■ La comptabilité est concentrée sur un registre qui . résume,, au moyen d*un simple pointage, le joarnal e$ les comptes paHiouli^s d'U9 grândrhvre. : . .
C^tte tenue, des compte^ a paru peutr4tre un. peu Qompliquée. Néani^fioins, et c'est là^ie point importmit.^ Qlle. est appliquée «t suivie avec beaucoup, de soin p€^ le gérant. . . . ; •
Notre ^ itinéraire ^ noas> ramène = vera Coléapar la route du pied du Sahel. Cette belle voie de com-* çmnication^ ouverte eu, X86Û aa nulieur d'épiûssea
bmussailles, traverse aujotfrS'lnii les villages de ^dï Kached, de Berbessa, d'Attatba. SI le premier de ces ceoitre^, à peine créé depui*six &ns,làHg'ait encore sous l'influence de causes diverses. qui disparaissent peu: à peu, les deux autres,! plus ancien», prospèrent à présent, et de grands défrichements «n pleine activité attestent de ce côté, surtewasie» points iotermédiaires, la vitalité de la eoloniaation. Noua remarquons surtout la grstide propriété de Kandoury, fondée par notre regretté représeiitànfc ie docteïir. Wamier. Elle appartient aujourd'hui à uxir riche colon qui en pousse rapidement la njise ^n ^^rôdueticm.Pius de dOO hec-^ tares de fourrés* iiopénélrablés ont été .convertis: en superbes terres productives, efr ce grand travail, aoti* veinebt eotttinué, r^and là lumaëre et la fécondité sur ce boii^ ou plulôt sur ce mâquiâ de Karëzaâsi coami comme refuge des pillards badjotifeâ^i pendant- les premièce^ililtteô déTbeéupitioti^
Lé 8 mars, après'àvoir visité dé petite^ exploîtations dont nous parlerons plus loin, Votre. Commission quittait Coléa dont lés ' vigïiobles s'accirôîssent tbû's les jouis; et ëe dirigesÉit ver» Bîida et Beni-Méred, traversant ainsi la^Mltidjâ danà toute -sa larg-eut*.
Àpi'ès avoir •franchTlef beau pont 'd(!î Ma^Fràn, quelque^ minutés après nôtre départ, nous entrions sous lès^ onibrages du ï)bis de Fergueu, dont les beaux frênes et îés hautes bifoussàilles couvrent des tèrra,mâ marécageux et'insal'Jtbrçs ëùcdre insuffisatamënt écoulés. Mais, an-^ëlà, ncm^ arrivions sur le terirïtàiré de rOued-elrAlle.ug .et nous pouvions saluer^ en passant, lav'béîle propriété Lescanne dont lés thàgmi'fiqùes prairies, si'vettlss eH été,, rappelleùt les plus beaux pâturageâ tfef Priancè. Kïles ont'^été créées au milieu d^ difilcultés.âansnonibre, surdes'fèrraiqs raVînéâ, couverts dô* ïfàntes toussàîites et "dé fandrîërés ihai^écagetfses. Lôàçàniie peut Ôti^'Consîdérécomniie le pionnier le plus énergique 'et le pîltis jJéM^fiaiît diùs la eréâtloin de- celfle eommutie^ aujô^rcrhui si belle et si produotKve. Son. 'noni' restera patbii nbui^ comme c'éiili d'un colon ardent et courageux^ prcrfbudémeut att&ôhé
h ce p^ys «t- mort à h ï^me au iiïamèat où il achèvent son œuvre. •
A côté, la propriété des Sources nous présente Ime phase agrico^le pïus avancée et des plus intéressantes poar Tavenir de PAlgôrie. Depuis (pielques années, iiious rimpulsioii active et intellig'ente dl^ son nouveau propriétaire, nous: voyons introdmre (ïft«8 cette inïpor*^ tante exploitation tonas le» moyens les plus perfection^ nés de la grande culture, de Téievage et du boisemetit. Nous.ne pod^^ions omettre de sigtialer eu passant cette vaste et bdfie rfenoe, où nos colons et les étrknj^ërs^ peuvent di^à commencer à étudier les résdiybs^pra^ tiques'^des meilleaces tbéoriesr agricoles ^rppfic|fi:^& à l'Algérie. ^ -. i .
La seconde propriété visitée par votrër CbmtnlssiofiL est celle de Bea Atli-^Bey ^ située près de Beni-Méred, aa centre de la Mitidja^
Elle a été louée k lai an de Ï86i9^k ]Ë; Gras pour neuf ans. La location s'étetHt sur 348 hectares qui, nous dit le fermier, étaient couvertay loi^qti'il y entra, de broussailles et 4e jujubier^. I^esb^timeAts de la ^rme étaient spacieux, maie las^eavii^ stagnantes en fendaient lés a^rds infects et lùs^lâains^
Le terrain fut draîné ;- pliTsiqurs centaines d'arbres., surtout des eucalyptus, furent plantés ; %>0O oliviers sauvages, greffés ; les terres progressivement appropriées devinrent partout accéssioles à la charrue.
ïout cela a été accompli en six ans, avec de faibles ressources, car en arrivant à Ben AlirBeyjj M. Gras m possédait ni troupeau ni inatériel., .. / / ...
Son inventaire du mois d'octobre, 1875 indique déjà un état relçttivempnt prospère luçquis da^sles six premières -anirées les plus, dîmcUes de.8on fermage.. ,
Un ordre . femi^rquable règne dans cette propriété i; les instruments,' ea nom1:^*e suffisaat, «ont ea trèa bcm état. d!v(sag'jÇ;; la.basse'^colu^est .J:>elle .etiK>pbrev^^ les animaux de tr^it;et le,troupeau bien çoign^s. ,
La c<i»nptabiUtè est bien tenue et au coiirant ; les défrichements^., lospiantations^ ont doaàé 'ume iplxm* value jréellelk.feette ferme; :
Mais, sur les 320 hecteçes labourables, oquô en avons trouvé 250 eu céréales. Cette culture est beaucoup trop épuisante. £^lle ne r^nd pas à \^ terre ce qu'elle lui prend malgré l'emploi de 1.000 mètres cubes environ de fumier soigneusement recueilli tous les. an».
En çwsidéiîaajk Vexeellejûte tenue de cette, propriété^ on ie^t obligé. 4e. reconmiîtfle <jue les graves aéfeuts pressentes 4an3 sia cuHure prQvienaent ddn.ineouvé-* nients iQbiéreats k son mode d# faijre valoir.
Il n'appartient pas à votm'OsiûimiBsion -de s'iimiïistr cer dans ks n^ilte considérations q[ui réffissent les propriétaires et lie^ ferqtienrs.dan» I^ur» rapports réei^ proques, mai^ ;^lle a qoQstatô'avéc une vive ^atialactian que le faire valoir direct est en voie de progrès;
En quittant M, Gras, nous passons dans le voisinage de propriétés ^[>nH^ée^ parie C^niïce de Blida en 1,865. Elîles n'ont çes^à, dewi^ lors, de reiçeyoir des ani0Uoralionsw Un des mfâfleurs fermiers, lauréat de cette époque, devenu plus tard propriétaire^ nous montre son superbe AaQwcAt sur lequel il a fait «m quelques années à peine des travaux considàrab^s. ih belles plantations d'eucalyptus changent déjà Faspçct du paysage; des viviers, de» bassins étendu», un puits artésien, deuK. grands corps 4ô ferme, des hangars spacieux et soignés, transforment aujourd'hui cette grande tepre encoare habitée par les Arabes il y a six ans àpeiï^e.
Ces placements de capitaux^ qui oosent les bases de notre ricliessq agricole , offrent des. exemple» d'autant plus précieux et^ utiles qu'ils nous sont donné» par des hommes intelligents et vieillis dms là pratique. ■
Noûs•al!rivon^ jk,Boufarik, que signale au loin son vaste dôme de verdure. Les environs de cette p^tit? ville sont aujourd'hui coimplétement en rapport ; ,408 améliorations de toutes sortes^.des cultures spignée^^ des habitaiion^.bi^û/tei^ues,; indiquent ).'aisance et la prospérité^. : ., • ', ., i. ' ; * "
Nous sommçsrloinde' Vannée 1838^ où^ par suite des travaux 4 'écQul^ment eosameneés> à: cette: époqiue au milieu des marais et des ronces qui eoi^ombraieat le
«ol, on tit lés qiieîqiiôâ maisons du village naissant, abandonnées pour la plupart, et 1360 militaires en* voyés à l'hôpital sur lès 1400 qui formaient la garnison !
Le bien-être que noîis constatons aujourd'hui danà cette contrée s'étend sur beaucoup d'autres points plus rapprochés d'Alger, ou 'plus anciennement peuplés.
Nous passons chez M. Ôroà, à Rhilen. Sa pré^iriété de Sainte-Marguerite est située dans la plaine, à 4 kilcMètres^S^E. de Boûfarik; * f i
Il y a dix ans à peine, le» 900 hectares qu'elle occupe aujourd'hui' appartenaient aux Arabes qui en -cultivaieint quelqut^s tatttbéàur mal défrichés et laissaient le foste en parcours k leiirs anîmànx. ' Dès 1864, M. Gros, distillateur à Chéragas, était tenu s'établir à Bôufarik^où il introduisit en grand la culture du géranium ; p^endant le temps nécessaire au développement de cette plante, il'àe créait des ressources en distillant sur une latge échelle la menthe jyouillot, petite platite très at^^matique qui croît spon-^ tanément et en abondance dans lé pays. Il put écouler avec fruit, maiô non sans quelques difficultés premières, cette essence etiteore peu usitée' daïrs le commerce, et deux ans après il tichetàit 50 hectares dans le quartier de Rhilen. * '
Lé placement de ses produits avait mis M. Gros en rapport avec une riche maison de Grasse qui l'associa en l866 à se^ affaires. Dès lors, il put sbnp'er à dëveloppei" une industrie dont l'avenir lui paraissait certain ; . mais craignant que sa distillerie fût alimentée d'une manière imparfaite par les coloris voisins, il dut penser à devenir son propre fournisseur» et à réunfr sur un mêma point ses cultures et son industrie. <
Aujourd'hui, la propriété de M. Gros est un établissement industriel et agricole d'une grande importance. Vingt-dènx appareils distillatoïres peuvent contenir à la fois plus de 2.000 kil. de plantes aromatiques; ils sont eïïtretenus dé vapeur par quatre générateurs dont le surface de chauffe peut développe* une force totale de àolxaûte chevaux ; ces chaudières font mar-
cher eamôme tepips une machine de dix chevaux qui. puise à douze mètres de profondeur les fortes quantités deau ..coirtinuellemeftt nécçssaires à la distillation. Deux presses à vis et deuîjt presses, hydraulique^ donn,ent, les unes 50.00Q, et. les autres 30Ô,000 kil. de pression,. y,
Autour de rétablissement, dei? Ii|:p€6i composées de plus de 20 000 cyprès ou eucalyptus, protégeât contre les vents de la .plaine les cuhurea de, géranium^ de violettes de .Parme, d'orangers, de cassis, de v^eine, qui couvrent une surface de 140 hectares.
L'exploitation agricole se compose de '630 hectares achetés il y^ a d«!ux ans ; en moins de éix-huit mois, 300 hectares ont été défrichés, 45' hectares de Vigne» sôîlt' plantés, 3 hectares' sont défoncés et seihés er^ luzerne Enfin deux grandes fermes ont été construites avec murs de clôture, maison d'habitatioti et hangarssurmontés de greniers. .^: ;..;,; '•
Le matériel répoijid largement aux besoins ' de.cette vaste propriété, qui ocj::iupe sur les deux, divisions, industrielles, et agricoles, un personnel de â^O ouvriers en moyenne,, parmi lesquels, 60 çoi;(lamnés militaires et 100 Kabyles abais.&ent sensiblement le prix, d^./la main-d'œuvre particulière;* 17 , erqployés artisans complètent cette population, pviis^amni^nt secondée par les forças de 9 chevaux, 13 mulets, S pouïiches, 134 bœufe de trai,vail, ujxe locômobile et une pjâ4liine fixe de 10 chevaux-vapeur chacune. Ce grand ensemble, dont nous ne'^pouyons vou^ indiquer rapidement que les parties saillantes, sç trouve, èousle rapport du rendement^ dans des conditions particulières. Tou^ ses produits les plus importants, lep essences, sçnt^ entièrement placjés chez les associés dia M, Gros ;^;il s'en suit que le rendement réel ne pourrait êtreî exactement apprécié sans entrer dans des détails ç.ôipïnercîaupc que M. Gros n'est pas libre de pous fournir'.; ,m^is il nous donije/la valeur de prQc(uçtion de^ .chaq.ujei pîantç industrielle par hectare et nous permet ^însi^de^nou^ rendre, compte de la. prospérité ;d^.spn,établissénxent'
dont la comptabilité est nécessairement à jour et tenue avec soin,
Enfin^ la, dernière grande propriété soumise à notre examen était celle de M. de nicnemont. Elle est située dans la plaine, près deChebli, et couvre 1500 hectares.
L'histoire de Bab-Ali est. une des plus émouvantes : celui ^ui était frappé pat les fièvres .de Bab-Âli était eondamné.'it mort.
Aujourd'hui^ la ferme St-Michel^ une des plus belles de la propriété, est située au centre même du point qu'occupait le marais dont les émanations peatilentiel- . les empêchaient toujb établissement sérieux.
Le chef de la famille de Bichemont, esprit élevé et' humanitaire, mit à la tête de cette immense propriété un homme qui alliait à une grande vigueur physi(]^ue une indomptable énergie : c'était M. Chrétien, ancien élève de Grignon.
Pendant plusieurs années, M. de Richemont vint en Algérie pour étudier les travaux à faire, tracer l'ensemble, indiquer les détails, et il confia l'exécution pratique k M. Chrétien, qui en poursuivit l'accomplissement avec un courage et une persévérance qne rien ne put rebuter. Il employa surtout à ce travail difficile cette population ouvrière nomade que les colons connaissent tous sous le nom Alarmée roulante, singulier ramassis d'êtres déclassés de tous les rangs de la société et dont les pertes passent inaperçues. Ils fuient les centres civilisés pour se porter sans cesse vers la périphérie.
Dès que les premiers travaux d'assainissement permirent de vivre à demeure sur Bab-AIi, son défrichement commença et fut poussé avec activité.
En 1866, M. de Eichemont fils vint s'établir en Algérie et prit la haute direction de Baba-Ali ; il imçrima une nouvelle impulsion au défrichement^ mais il songeait à diminuer les difficultés d'une direction aussi considérable et à régulariser les revenus de cette grande exploitation en établissant des locations à prix d^argent.
Aujourd hui, 1280 hectares sont défrichés sur les
1500 qiâ forment rensemblo de fin propriété. — ► Nou» y trouvai!» quatre belles fermes européenues avec bâtî-* ;ments d'erploitaftio]>, trois fermés arabes, un boulin h eau, une briquetterie ; enfin 350 hectares i^eMent âous la direction imiàédiate du peopriétââre qui imà à y créer une nouvelle ferme et à negfarder que 25 bectarés de vignes qu'il acbèvera bientôt de planter.
Un village^ destiné à loger les ouvriers dé là pror
priété esteûvoie deoréàtioû. La fontaine et Téglïse
. jsont édifiées ; une maison-type est aussi construite
^ans d e^pcellentes conditions d'espace et de salubrité.
M^ de Stictxemont appelle notre ftttentîon sur la comptabilité qui est tenue avec tin soin remarquable surto^at depuis douze ans : Cette terre pestilentielle et inhabitée îl y a vingt-troi^ ans, abrite aujourd'hui plus de 30 familles européennes, et donne un revenu sérieux et apsuré.
Il nous reste à parler deis exploitations au-dessous de 50 hectares. La première que votre Commission a vi^itiée est celle de IjJ. Bourdin ] elle est située au bord dé la mer à Test dç ^oukarmarine : sa contenance e^t de 27 nectares.
Il y a dix ans, cette propriété était complètement déserte et embroussaillée; aujourd'hui,, nous y trouvons une maison de quinze mètres de loçig avec cave ; une pe^te distillerie et un établi de j^^enujsier j 12 hectares sont complètemept défichés et ^en qiilturê ; une partie estpàantée de vignes, ^e figuiers, do caroubiers et d'arpres fruitiers ; le reste produit du maïs, quelques légumes et des céréales. : — Dans le haut de la propriété, trois tunnels d'un développement total de 70 mètres donnent une rigole qui remplit en moyenne un bassin de 40 mètres cvibes da^s 48 heures.
Les terres de cette propriété sont légères et manquent promptemerit d*ei;igraîs ; on |)ourrait peut-être s'en procurer par les algues (zostera) que la mer rejette en quantités inépuisables à quelques pas de là.
Auprès de ce brave colon, nous devons vous signaler sa courageuse compagne: fille d'un propriétaire voisin, elle travaillé à côté de son mari, solgoie un vrai
troupeau de beaux lapins, surveille sa couveuse artificielle, 41ève une belle basae-cqur et ^ rappelle ces parales de Jacques Bujault: <( La femme est le bon Dieu de la maison. »
Les habitations des beaux-frër^ de M. Bourdin sont voisines de sa ferme. Trop éloignés du village pourpouvoir envoyer facilement leurs enfants à récole, ils s^ ^qTA associés, . et, par un saorifice ^ooll$ctif , ils ont pu réunir la somme, nécessaire ai Tentretien d'une institutrice qui, pousleujps yeux, donne ^ leurs temilles. des leçons élémentaires, jCe fait prouve asse^ combien, lescplons algériens, au milieu des difficultés de leur vie laborieuse y apprennent à reconnaître les bienfaits de Tinstruction. .
Après cette intéressante visite, nous nons sommes rendus ctezM. Niiameyer à Qpjéa. Il a créé à côté de la ville, sur un terrain inculte et sablonneux, quatre j hectares de vignes plantées à la. barre à mine sur un défoncement de 40 centimètre^, — Dans une espace de 35 ares environ, sont jf)lantés 350 arbres fruitiers ; grenadiers, figuiejs, poïriers.qui prospèrent ; ils sont arrosés par une source provenant d'un tunnel de 30 mètres. La cave est taillée en plein tuff, sous la vigne. Le vin à de la couleur et du fond ; le. itourastel y domine. ' .'
En somme, il y a là un travail persévérant qui nous a paru Revoir être mentionné .
. Il nous reste.à voxis parler du vignoble de M. Dorgueilh, è|. Bouiba. .. .
Tout indique, chez ce, propriétaire, un i^aticien économe et entendu. Sur un sol uipi, peu graveleux, sous lequel Targile est à,i30 centimètres environ, il a planté simplement àlabarre-à-miue 6 hectares de vignes il y a di?^-huitâns, sans labour préjalable ; 'aujourd'hui il en a 12 ainsi préparés. Ce mçdede plantation ne revient, à la fip (Je la deuxième annaQ, qu'à 272 fr. Thectare.
Les ceps sont, vigoureux, taillé^ en éveniail. dans le ■sena ,4es ],ignes de manière^ à ;ne pas gèn^r ie passage de là charrue., j. r, •
M. Dorgufeilh se sert, pofur ses labours, d'une aaraire-
-gtisconne à laquslle il attèle deux mulets à l'aide de jougs légers et d'un emploi fecile.
En 1863, notre Société avait chargé une Commission de faire un rapport sur la viticulture dans le département d'Alger. Après avoir cité le vignoble de M. Dorgueilh et la manière dont le propriétaire dit l'avoir planté^ le rapport ajoute :
(( Cette plantation nous a paru fort bien réussie ; reste à savoir si, malgré les conditions très favorables du sol, elle se maintiendra longtemps en bon état. »
Les vignes ont dix-huit ans aujourd'hui; leur rendement moyen est, nous assure-t-on, de trente bordelaises à l'hectare. Le vin rouge est bon et le vin blanc meilleur encore. L'épreuve est décisive pour ce mode de plantation, du moins en ce qui concerne la propriété de M. Dorgueilh.
Nous touchons à la fin de notre tâche ; il nous reste à vous en présenter la partie la plus délicate.
Nous venons.de vous tracer une esquisse rapide de notre tournée, permettez-nous maintenant de dégager de cet ensemble les faits qui ont essentiellement rapport à la mission dont vous nous avez chargés.
Quatre grands colons ayant plus de 50 hectares <;oncourent pour la prime d'honneur.
Trois petits colons ayant moins de 50 hectares nous ont demandé d'apprécier la valeur de leurs travaux.
Cette distinction entre grands et petits colons veut- . elle indiquer un degré d'infériorité dans le mérite ? Non, Messieurs, telle ne peut être la pensée de personne, car de chaque côté nous venons de voir de\ louables efforts de travail et d'intelligence. "*^
Cette distinction ne peut être que le résultat du point de vue économique auquel se sont placés les auteurs de notre programme.
Dans le principe, la spéculation s'était emparée de grandes surfaces et s'était montrée impuissante à le^ peupler et à rien créer : aussi demandait-on à grands cris le peuplement intensif. Mais pour coloniser fructueusement, pour que les familles s'établissent d'une manière définitive, s'implantent sur ce sol nouveau,
en constituent la population, Taccroissent et la déve-* loppent, une condition est indispensable, c'est que ces familles prospèrent. « Pour cela, — nous dit un écri- » vain autorisé, M. Moll, — il faut qu'elles produisent » des denrées échangeables. Or, l'agriculture exige, ))^ comme toute autre branche de commerce, le con- » cours des trois éléments suivants : travail, capi- » tauXj intelligence.
» Certes, les bras sont indispensables pour exploiter ?) le sol de l'Algérie^ mais de même que la machine à » vapeur la plus puissante cesse absolument de fonc- » tiontier lorsqu'elle manque de combustible et de- » vient, non pas seulement inutile, mais dangereuse, )) lorsque marchant, elle manque d'une direction intel- » ligente, de même les bras ne sont rien sans les capi- )) taux pour les nourrir, Tinteiligençe pour les guider: » ceci est l'a, 6, c de l'économie politique » (AIolL, colmi. et agricult. de VAlg. t. II p. 9).
Nous sommes loin du temps où furent écrites ces lignes remarquables, mais ce qui se passe aujourd'hui en rend la vérité d'autant p^us évidente. Nous voyons H présent de grands propriétaires diriger eux-mêmes leurs fermes, y ïépandr^ à pleines mains leurs capitaux, y appliquer toute leur activité et leur intelligence «t livrer de grandes surfaces à la production. A mesure (][ue le pays grandit, l'armée et FAdministration ne suffisent plus à aider les populations : il faut que les «capitaux particuliers leur viennent en aide par leur puissante masse, qu'ils nous permettent de défricher nos terres, de hâter leur mise en rapport, de grandir rapidement la puissance progressive du pays* Le travail difficile et coûteux une fois fait, ces grandes surfaces, désormais productives, se divisent bientôt par riiérédité, par les ventes et la multiplicité des bras qui s'en emparent alors, et font renaître et prospérer sous mille formes le premier capital enfoui ; ils en assurent la stabilité et la fécondité par la puissance du nombre.
En ce qui touche les trois propriétés qui ont moins de 50 hectares, votre Commission a pensé qu'elle devait récompenser des travaux soutenus ^vec d'â^ut^nt pjuis
de mérite qu'ils ont dû être presque entièrement tirés des ressources immédiatement produites par la terre ou par une assistance pécuniaire, toujours onéreuse et grevant d'autant plus la production utile.
"Nous vous demandons d'accorder à M. Bourdin une médaille d'argent et 300 fr. comme récompense des travaux intelligents qu'il a faits sur sa terre et pour l'encourager dans ses persévérants efforts.
A M. Dorgueilh, une médaille d'argent et 200 fr. pour l'économie avec laquelle il a su créer un vignoble bien conduit et rémunérateur. Son succès, confirmé par l'expérience, ne peut laisser aucun doute après la visite faite en 1863 par la Commission de viticulture de notre Société.
A M. Niemeyerune mention honorable pour les travaux patients et productifs auxquels il s est livré sans relâche.
En ce qui concerne les grandes propriétés, si nous avons été unanimes dans notre désir de- récompenser tant A' efforts et de sacrifices, nous uq l'avons pas été sur la question de savoir s*il y avait lieu d'établir un classement et de délivrer la prime d'honneur. Nous n'étions pas divisés sur le fond mais bien sur la forme : avions-nous réellement trouvé une propriété modèle? Non! mais pouvions-nous nous y attendre dans un pays si nouveau, que le maréchal Bugeaud ne .voyait pas encore, en 1847, la création d'un village comme possible sans un détachement de troupes pour l'aider «t le protéger!
Outre les difficultés de main d'œuvre, ne sommesnous pas dans un pays sans traditions agricoles, dont les influences climatologiques sont peu connues, en un mot, dans un pays neuf pour l'Européen?
Cependant nous marchons, et nos progrès ont été si rapides depuis quatorze ans, que les plus anciens, les plus expérimentés parmi nous, ceux qui ont suivi le concours de 1862 et fait partie du Jury de cette époque, ont été les plus ardents à réclamer que la prime d'honneur fut décernée. Attendre la perfection serait demander plus qu'aux concurrents même de la mère-
patrie et tendrait à décourager les plus nobles Qfforta.
Cette première question résolue, il restait à établir les degrés dans le mérite. — Nous avions à cœur de récompenser dignement le travail de chacun dans cette grande lutte contre la barbarie, car chaque coup de pioche infiltre Télément civilisateur. Cependant la discussion, en nous éclairant peu à peu, nous avait amenés à laisser deux concurrents distancés: MM, Gros et de Richement restaient seuls en ligne.
M. de Richemont arrive, à l'aide d'un fort capital et de vingt-trois ans de travaux considérables, difficiles et persistants, à cette période de rendement qui permet de reprendre haleine et de parfaire son œuvre à loisir.
M. Gros, à l'aide d'énormes travaux bien dirigés et vigoureusement secondes par un puissant capital, est arrivé en dix ans à mettre lui-même en valeur une grande exploitation et une riche industrie.
La prime d'honneur ne pouvant être scindée, c'est à ce dernier propriétaire que votre Commission a décidément cru devoir accorder cette haute récompense, mais c'est avec regret que nous nous voyons forcés de laisser en deuxième ligne une œuvre dont les mérites ont aussi à nos yeux une grande valeur.
M. le Gouverneur général ayant eu connaissance des nombreux et intéressants résultats que nous avions constatés dans notre tournée a bien voulu donner à . l'agriculture algérienne un haut témoignage de l'intérêt qu'il lui porte et nous offrir la prime d'honneur. Aucun don ne pouvait nous être plus précieux, car il prouve toute la faveur dont jouit auprès de la plus puissante autorité du pays, la source la plus féconde et la plusBûre de la richesse algérienne.
A la suite de cette communication que notre honorable Président était heureux de nous apporter, la Commission a décidé à l'unanimité, que la Société, heureuse de céder à M. le Gouverneur général le don de la prime d'honneur, ne croit pas cependant devoir retirer la récompense qu'elle se proposait de décerner ; en conséquence elle attribue à M. Gros, de Rhilen, la prime d'honneur, pour Ja création, près de Boufarlk,
d'une riche industrie et d'une vaste exploitation agricole.
A M. de Richemont, elle retoet la priînede la Société comme le digne couronnement d'une œuvre dont le souvenir est acquiâ à l'histoire du premier temps de la Colonie.
Enfin, Messieurs, votre Commission, examinant les mérites des deux autres concurrents, a pensé qu'il ne pouvait être établi aucune comparaison entre eux, car ils agissent chacun dans une sphère complètement diflFérente, mais qu'il serait juste de récompenser leurs efforts. En conséquence, nous avons accordé à chttcun d'eux une médaille d'or de P® classe.
Messieurs, des travaux comme ceux que nous avons essayé d'esqiiisser de vaut vous expliquent la progression extraordinaire de nos forces productives. Le trafic commercial algérien qui était, en 1830, de 5 millions s'est élevé en 1850 à 92 millions, en 1860 à 157 millions et en 1874 à 346 millions.
On ne saurait trop honorer ceux qui consacrent leur intelligence, leur vie et leurs forces, à cette grande lutte pacifique, et la Société d'agriculture d'Alger, pénétrée de ces sentiments élevés, est heureuse d'avoir pu attribuer à quelques-uns d'entre eux de belles récompenses et d'honorables encouragements, mais, dans nos coeurs, nous leur associons tous ces vaillants et tenaces pionniers, ces modestes colons qui peuplent, défrichent et fertilisent peu à peu cette, belle'contrj^e naguère inculte et délaissée.
Le lecteur trouvera à la fin de l'ouvrage la liste complète des ^récompenses décernées aux serviteurs européens et indigènes^ avec indication des niotifs qui ont déterminé les décisions de la Commission. Il nous iiuffit de constatera cette place que si, en Algérie, et du reste il en est de même en France, on éprouve de
sérieuses diflSlcultés à se procurer dans les villes de» domestiques dévoués, les campagnes sont mieux partagées sous ce rapport, et que, parmi les européens comme parmi les indigènes, les bons maîtres peuvent trouver des serviteurs consacrant volontiers leur intelligence et leur activité à l'amélioration des propriétés dans lesquelles ils sont occupés. C'est là un fait dont il est bon de prendre acte, car il témoigne de la moralité des populations agricoles de l'Algérie .
àlflTRE III