LA GALERIE DES PIANOS ET DES ORGUES
— Sapristi! je deviens enragé! je ne suis à Londres que depuis vingt-quatre heures, et j'ai déjà entendu l’hymne national huit cent soixante-quinze fois.
fr
— Il m’a marché sur les cors, cet Anglais!
— Pourquoi n’as-tu pas crié?
— Il n’aurait pas entendu, puisqu’il ne sait pas le français.
— Excusez! vous êtes sans gêne de faire ainsi jouer vos appareils hydrauliques sur le public!
— Yesl ça ne faisait rien en Angleterre; presque tous les englishmen avoir des makinstoshs imperméables.
— Oh! mon ami, le beau produit anglais! Laisse-moi en emporter un à Paris comme souvenir de notre voyage à Londres.
— Ali! mou Dieu! qu’est-ce que cel ouvrier anglais vient cliercher clans mon oreille?
— Mon ami, il cherche à te prendre ton coton, si tu en as; ils en ont le plus grand besoin dans ce moment-ci.
— Ne faites pas attention, c'est un exposant Irlandais. Ils sont très-susceptibles : vous avez passé devant son exposition sans regarder ses produits !
— Qu’est-ce qu’il a donc à m’examiner comme cela, lecolonel Armstrong?
— Mon ami, il serait peut-être désireux de savoir si un de ses boulets pourrait te traverser do part en part.
— Au secours! mon mari a marché sur le ressort de votre piège à éléphant! le voilà enfermé! ouvrez-lui! vite la ciel!
— La clef? oh yes ! moi l’avoir oubliée dans l'Inde!
Inconvénient de s’approcher trop près des produits du Brésil.
— Monsieur, ce sont les produits des manufactures de coton.
— Mais je ne vois rien !
— Oui, monsieur, ce sont les produits de cette année.
Mis sur le pavé par la découverte des vaisseaux cuirassés, les Anglais, officiers de la (lotte en bois, trouvent de 1 emploi comme surveillants à l’Exposition universelle de Londres.
— Les produits de la Chine, s'il vous plaît?
— Dans la poche de ce militaire.
— J'ai vingt francs à dépenser par jour à Londres. Je déduis vingt-cinq francs pour l’entrée à l'Exposition; reste cinq francs do déficit pour ma nourriture et mon logement.
— Monsieur, l’entrée à l’exhibition est de vingt-cinq francs.
— Oui, mais pour moi cela ne doit être que douze franc* cinquante : je n’ai qu’ui\œil.
tue de 1 Exposition de Londres à prix réduit. M. Eugène Delacroix trouvant son évêque de Liège exposé
au milieu des produits d’un fabricant de bouclions.
— Sapristi! fusils pour chasse à l’hippopotame! Otez-vous de là, mon oncle !
Le gouvernement anglais faisant établir un cordon sanitaire autour de la peinture de M. Courbet pour éviter la contagion dans l’école anglaise.
— Grand Dieu! mon mari qui vient de tomber dans voire
machine à fabriquer les saucissons.
— Très-bien, madame, le désirez-vous à l'ail?