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L'exposition de Saint-Étienne

L'Exposition universelle de 1889 a déterminé dans le monde entier un nouveau courant, point encore ralenti, de l'industrie et du commerce. Avec les visiteurs, de toutes races et de toutes nationalités qui se ruaient vers Paris, arrivaient les produits les plus parfaits de l'activité humaine sous toutes ses formes. Lorsque, après les six mois inoubliables de cette manifestation grandiose et pacifique, les hôtes de la France sont rentrés dans leurs foyers, ils ont emporté avec eux, de cette vision merveilleuse, le souvenir inaltérable de la puissance industrielle et commerciale de la nation française, et, à leur tour, ils ont essayé de réaliser chez eux des expositions de même nature, sinon de même importance.

Berlin, sans grand succès, a donné l'exemple. Moscou, aujourd'hui même, au centre de ce vaste empire russe qui naît à peine à la vie moderne, appelle autour du Kremlin les peuples les plus divers, fraternellement réunis par les intérêts communs à toutes les grandes nations.

Demain, Chicago s'efforcera d'atténuer les heureux effets de l'Exposition universelle et conviera, dans son cadre merveilleux de grande cité américaine, infatigable et puissante, les produits du monde entier.

Les grandes villes de France ne sont pas restées en dehors de ce rayonnement général. Lyon prépare pour 1894 une Exposition internationale. Toulouse, Rofuen, Avignon, ont eu leur exposition. En ce moment même Dunkerque, Bourg, Douai, Charleville, Langres, Montauban, et bien d'autres cités françaises ouvrent leurs palais aux manifestations les plus diverses de l'intelligence et du labeur humains.

Saint-Etienne, par sa situation unique au centre d'une région exceptionnellement riche et travailleuse, devait à son renom industriel et commercial de ne pas rester en arrière. Une grande cité comme la nôtre, qui compte à son actif les trois premières industries françaises, mines, métallurgie et soieries, chef-lieu d'un département immense où les villages sont des villes, était tout indiquée pour servir d'emplacement à une exposition où se produiraient tous les progrès réalisés depuis deux ans. C'est ce qu'ont pensé et les représentants de l'Administration municipale

et les sommités de l'industrie et du commerce stéphanois. Après avoir tenu à l'Exposition de 1889 une place considérable, ils ont voulu, dans leur sphère de production elle-même, montrer à leurs compatriotes de quelles merveilles nouvelles était capable leur activité incessante, infatigable à la recherche du mieux toujours fuyant.

Dès lors, l'Exposition de Saint-Etienne était faite. Avec une bonne volonté jamais en défaut, chacun se mit à l'œuvre commune. Le -temps pressait.

Suivant un mot qui a été prononcé « il fallait réaliser un véritable tour de force ». On l'a réalisé.

JLes pOMMissiONS

Dès le mois de février, une Commission extra-municipale était créée par la municipalité de Saint-Etienne, avec mission d'organiser l'Exposition et de mener à bien cette œuvre si intéressante. A côté des représentants de l'administration municipale vinrent se grouper toutes les notabilités de la région qui, chacune dans leur art divers, ont porté si haut le renom de l'activité stéphanoise : artistes, industriels, commerçants, agriculteurs.

Nous reproduisons plus loin la liste des membres de cette Commission qui, s'il en était besoin, seraità elle seule la meilleure preuve des efforts aujourd'hui réalisés.

Pendant six mois, sans cesse, sans aucun souci étranger à la réussite de l'entreprise, chacun a apporté courageusement son contingent de labeur et d'expérience.

Les résultats sont aujourd'hui tangibles. Une immense surface déserte a été recouverte de bâtiments nombreux et superbement décorés. Dix mille mètres carrés de terrain ont été mis à la disposition des exposants. Dans chaque détail se révèlent le souci de l'art décoratif et la préoccupation du beau. A côté d'un aménagement supérieurement installé au point de vue de l'utilité et de la commodité des services, rien n'a été négligé de tout ce qui doit contribuer à la satisfaction de l'œil.

En quelques jours, une véritable ville, grandiose et luxueuse, s'est élevée comme par enchantement, avec ses palais flamboyants entourés de pelouses verdoyantes.

pOMMISSlON pÉNÉRALE DES j^ÊTES

i" COMMISSION Organisation générale.

MM. Girodet, président; Dumas Philippe, vice-président ; Delainaud Louis, secrétaire; -Hutter Louis, rapporteur; Andrieu, Aubonnet, Bertolus Joseph, Boitel, Brugniaut, Granjon, Grillet, Pégout.

2' COMMISSION Exposition des Beaux-Arts.

MM. Baudron, président; Berthon, secrétaire; Bouché, rapporteur; Chéri-Rousseau O A, Ducaruge, Favre François, Gauthier Antoine^' Gillet, Lamaizière, commissaire général des fêtes; Logé, Benoît Oriol O ^, Passepont, Poinat, Rebour Charles O ^, Staron, Thiollier

Félix.

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