I-E TRIOMPHE DE LA BENAISSANCK, PAR M. JOSEPH BLANC
Partie de la grande frise de l'Hisuiirc de l'Art, en grès polyelirome, courant sur la tacadc de la\enne d'Anlin.
est difficile de s'y orienter.
On en prendra Thabitude et ces dispositions variées ménageront des surprises amusantes. L'éclairage, venant d'en haut, paraît très convenable. Les salles du premier étage doublent celles du rezde-chaussée, dont la lumière nécessairement latérale est moins bonne. Les deux étages réunis représentent un développement de murailles suffisant pour satisfaire aux exigences d'une peinture qui ne connaîtra plus de limites.
11 nous faut revenir dans la grande nef pour envisager son ossature de fer et constater qu'il s'en dégage une impression antiesthétique.
On connaissait deux méthodes d'architecture du fer : la puissance robuste comme dans la Galerie des Machines, ou la légèreté aérienne comme dans les palais du Champ de Mars; — dans les deux cas la simplicité. Ici, on a voulu cionner au métal un air de fête. Pour cela, il a été ajouré et contourné en volutes. L'effet est malheureux. Même pour le grand escalier de M. Louvet, malgré l'ampleur de son développement, le fer ainsi tourmenté prend des aspects de quincaillerie. Pour vouloir compliquer leurs effets, les contours s'alourdissent et le grand pendentif d'intersection des deux nefs, qui est certainement un tour de force, paraît plus pesant que ceux en pierre de la Renaissance dont il s'est inspiré.
Ces fers étaient d'ailleurs revêtus d'une couleur indécise qui aggravait leur tristesse, et les verres du dôme uniformément blancs, c'est-à-dire sales comme ils le dc\'iennent sous notre climat, achevaient de donner au vaisseau une physionomie ciésobligeante. Pourquoi une semblable surface vitrée distribuant une lumière trop crue? Pourquoi l'absence totale de vitraux colorés ou de parties pleines comme à la nouvelle gare d'Orléans? Pourquoi une pareille élévation cque les nécessités delà statique ne commandaient point? Pour affirmer, a-t-on ciit, la toute-puissance du fer.
C'est une antinomie avec la façade, avec le reste du Grand Palais, avec le Petit Palais; c'est une manifestation d'un goût douteux entre les Invalides et l'Arc de Triomphe; c'est un manquement à l'esprit et même aux conditions du programme. C'est bien plus encore : c'est un empiétement sur le ciel parisien.
LE GRAND PALAIS DES BEAUX-ARTS
Au milieu d'une pareille ville, dans un tel
endroit, un monument n'a pas le droit de
barrer l'horizon céleste. Aucune nécessité ne peut prévaloir contre le respect
d'un bien qui appartient à tous ; il n'y avait pas nécessité. Le Petit Palais, le
Grand Palais lui-même, dans sa partie de l'avenue d'Antin, ont des toitures qui
conviennent à un monument d'art.
Le mal est sans remède. Des quais, des Champs-Elysées, de partout aux alentours et de partout au loin, cette toiture interminable et morne, qui est peut-être une construction scientifiquement remarquable, mais qui est une chose incontestablement laide, arrête la vue et irrite vainement ceux qui aiment Paris.-
C'est une lourde responsabilité, pour ceux à qui elle incombe, d'avoir ainsi compromis un ensemble digne partout ailleurs d'une franche admiration.