DANS LE VILLAGE SUISSE
lui-même. Il en est résulté , cette impression d'intérieurs achevés à la diable et dont le décor n'était que la maquette de ce qui aurait pu être fait. On n'y trouve pas une compensation dans les sommes qu'a pu encaisser le Trésor.
Malgré son éloignement du centre, le Village Suisse paraît avoir tenu le record du succès. Son ensemble très pittoresque, bien soigné dans toutes ses parties, ne présentait pas de trous. 11 a^-ait été aménagé par deux architectes de Genève, MM. Allemand et Henneberg. On y entrait en passant sous les tours de Berne, qui bordaient l'avenue de Suffren, ou sous la poterne du château féodal de Chilnaux, qui ouvrait sur celle de La Motte-Picquet.
Des constructions disposées avec un vif sentiment du pittoresque rappelaient les
habitations si variées de la Suisse : maisons confortables et peintes des villes ; chalets rustiques des campagnes; souvenirs historiques, comme l'auberge de Bourg-Saint- Pierre où Bonaparte déjeuna le 21 mai 1800, avant de descendre des Alpes sur
Marengo. Au milieu, l'église de Wurzbrùnnen, près Thoune, dont la voûte est de
bois tailladé au fer rouge, laissait tomber ses grands toits presque au ras du sol. Dans chaque maison, une industrie locale en activité: sculpteurs sur bois de
rOberland ; dentellières de Saint-Gall et brodeuses d'Appenzell ; tresseuses de paille
de l'Argovie; fileuses de soie .-' ^.^^
de Zurich. A travers les chemins, des femmes allaient traire
le lait des vaches du Valais,
des hommes rapportaient les
fromages de la Gruyère. Les
vaches elles-mêmes, on les
voyait dans l'étable.
Ces Suisses venaient bien
de la Suisse et il semblait que
leurs montagnes elles-mêmes
se fussent déplacées. On avait
élevé à de grandes hauteurs
des échafaudages portant des
caissons remplis de terre. Du