‹ L'Exposition du siècleChapitre 5 sur 217 · CM · texte numérisé non relu

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Ces classes comportent des subdivisions dans la brochure officielle de la classification, si bien que cette sorte de table des connaissances humaines n'indique pas moins de 1.500 chapitres. Chacun d'eux demanderait encore à être détaillé pour arriver aux spécialités dont une suffit aujourd'hui à remplir une vie de travail.

Malgré tout, les idées générales doivent dominer ces énumérations et ne pas abandonner le commandement de ces armées pacifiques. La classification de 1900 est, dans son ensemble, une œuvre de haute philosophie directrice.

Qiiant à la répartition, le principe qui inspira celle de i()0o fut différent de ceux précédemment appliqués. En 1867, M. Le Play avait imaginé un palais elliptique dont les galeries rayonnantes étaient attribuées chacune à un pays différent et les galeries concentriques affectées aux produits des mêmes groupes. Cette idée ingénieuse ne pouvait plus être appliquée avec le développement actuel des surfaces. En 1878, M. Krantz s'était inspiré du même principe, mais dans les galeries se croisant à angle droit d'un vaste parallélogramme. En 1880, M. Alphand, voulant faire vivant et amusant, abandonna les idées de groupements méthodiques, pour laissera chaque nation le pittoresque de son autonomie et réunir dans la célèbre galerie Dutert le peuple bruyant de toutes les machines.

Pour 1000, M. Alfred Picard a exprimé ainsi lui-même l'idée maîtresse de sa répartition : '< Comment imaginer une leçon de choses plus intéressante que celle qui consisterait à prendre la matière première, à la travailler sous les yeux du public, à la faire sortir sous forme d'objet fabriqué? »

La réalisation n'a pas pu répondre complètement à la conception.

Les machines fonctionnaient en nombre assez restreint, avec des lacunes

regrettables. A défaut de conférences impossibles, il eût fallu de larges écriteaux

indicateurs, numérotant et expliquant les opérations. Le public s'intéressait bien au

fonctionnement de quelques outils mécaniques, mais il ne pouvait être suffisamment

LE TROCAUERO ET LE CHAMP DE MARS, VUS DES TOURS DU TROCADeRO

renseigné sur les phases successives de la confection d'une pièce d'étoffe ou d'un livre, pour prendre des exemples.

Cette idée féconde produira plus tard ses résultats. C'est elle qui inspirera certainement les expositions futures, qui ne pourront plus être universelles, car l'espace et le temps manqueraient à la fois pour les installer et les étudier, mais qui répondent trop aux besoins modernes pour disparaître complètement.

Des groupes d'industries voisines suffiront amplement à des expositions successives, organisées sans luxe inutile et pouvant se répéter sans troubler la vie de Paris. C'est là que la fabrication pourra être suivie dans toutes ses étapes, depuis l'étude des matières premières jusqu'à l'achèvement des produits. On conçoit ce que seront l'attrait et l'enseignement permanent de ces spectacles-. Aussi serait-il déplorable de voir disparaître le Champ de Mars, comme on en aurait parlé.

Aucun emplacement ne lui est comparable. Plus le mouvement de Paris s'accentuera vers l'Ouest, plus cette magnifique esplanade deviendra précieuse. Assez de beaux monuments existent dans Paris pour qu'il ne soit point nécessaire de dégager davantage la façade de l'École Militaire, qui n'est point perdue et qui est d'ailleurs trop basse pour dominer une aussi vaste étendue. Assez de terrains restent à occuper, et en particulier du côté de l'avenue de Suffren, pour qu'il ne soit pas utile de lotir une partie du Champ de Mars. 11 eût été facile de construire une partie des bâtiments de l'Exposition de façon à former des ailes en retour à la Galerie des Machines, qui auraient survécu à igoo et qui auraient fourni la partie centrale d'un

Palais permanent d'expositions régulières réduites au Champ de Mars. La double intention de supprimer à la fois le souvenir et la possibilité d'expositions en cet endroit serait une ingratitude envers le passé et une usurpation de l'avenir.

Sans entrer dans les détails du règlement, on peut rappeler que les demandes des exposants étaient soumises à l'examen de comités cfadiiiiss/oii, fonctionnant par classes et nommés par le Ministre du Commerce. Un comité d'installation répartissait entre les exposants admis l'emplacement attribué à l'ensemble de la classe. Les exposants avaient à supporter les frais de leur installation.

Les jurys d'examen de chaque classe étaient également nommés par le Ministre, sans aucune part faite à l'élection directe, ce qui était pousser trop loin l'omnipotence administrative. Les jurés de l'étranger étaient présentés par leurs commissaires.

Les décisions des jurys de classe étaient soumises à des jurys de groupe ayant pour mission de maintenir un équilibre général dans la répartition des récompenses. Un jury supérieur décidait en dernier ressort.

Les récompenses, soulevant naturellement des réclamations, mais en général accordées après de consciencieux examens comparatifs, dans lesquels les facteurs d'appréciation sont multiples, ont fait une large part à l'étranger. La justice le voulait, sans parler de là courtoisie. Les collaborateurs des patrons, artistes et ingénieurs, employés et ouvriers, ont reçu de nombreux diplômes de mérite.

On a dit enfin que « dans la distribution des récompenses, le premier des prix a été incontestablement mérité et décerné par l'opinion à l'Exposition elle-même ».

Avant la première Exposition internationale de 1855, il y eut à Paris onze Expositions françaises, dont voici le tableau :

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