EXPOSITION DE LA JIANUFACTURE ROYALE DE PORCELAINE DE BERLIN
années de travail et coûté plusieurs millions. C'est peut-être, avec les grilles de Nanc}', le plus bel ensemble de ferronnerie d'art qui aura été exécuté.
L'avenir de l'art décoratif en Russie semble garanti par deux établissements, l'École Stréglitz, à Saint-Pétersbourg, et l'École Stroganoff, à Moscou, qui exposaient un ensemble très remarquable de travaux d'élèves. Ces beaux dessins, d'aspect solide et d'allure libre malgré la finesse de l'exécution, indiquaient une compréhension parfaite de l'esthétique décorative.
L'Exposition de l'Allemagne, fruit d'une entente parfaite du Gouvernement avec les exposants et des exposants entre eux, s'imposait aux esprits les plus prévenus, par l'ordonnance majestueuse de l'ensemble et par l'intérêt des détails.
Son accès principal était une sorte de cour d'honneur entourée de statues de bronze plus grandes que nature, alternant avec des lauriers en arbre. Au centre, une superbe pièce de fer forgé montrait un aigle terrassant un dragon. Cet appareil d'art sévère semblait paraphraser la devise 5/ 0/5 ^(7 <:("OT,^^A"a belliim, avec une force d'ailleurs courtoise. Protégée encore par deux cavaliers, une galerie s'ouvrait à la suite. Avec ses parois de marbre et de bronze, ses mosaïques de pierre et de verre, ses voûtes surbaissées, elle était le vestibule d'un temple
L'ART DECORATIF ETRANGER
de l'Art, majestueux et recueilli.
Au sortir de cette pénombre, l'œil était saisi par la clarté de la salle aux porcelaines.
Au centre des saxes délicats de Meissen, la Manufacture royale de Berlin exposait un panneau d'une rare beauté, aux colorations fondues et chaudes, d'une unité de tons étonnante.
Cette pièce, de dimensions inusitées, reposait ubasseraent de tonalité dis- 'enlevant sur un fond en de grille éclatant au conmme des émaux cloisonnés, emarquable escalier en bois dû au professeur Riegelonduisait au premier étage, ait à travers des lambris et s d'une facture inédite, cuariage du gothique et du . Des vitraux épais laissaient ne lumière chaude à travers lorations combinées pour gasiner.
On arrivait à une grande salle destinée au Musée des Arts décoratifs de Cologne. lÉdiliée là avant sa pose définitive, malgré les frais d'une pareille installation provisoire, elle donnait bien la note du style actuel allemand, assez difficile à définir, bien original malgré ses réminiscences byzantines. La recherche de la force en est la caractéristique. Ce n'est pas un enlèvement d'apothéose comme le style gothique, mais un piédestal puissant, sur lec^uel veut s'appuver le génie d'une nation.
Les résultats de l'enseignement artistique et des publications d'art éditées à profusion se faisaient sentir dans toutes les branches de l'industrie décorative.
iiG
Intérieurs pittoresques avec les audaces de style moderne; — marqueteries de bois, claires pour les appartements et plus sombres pour les monuments publics, couvrant les murs de véritables tableaux; — cheminées de faïence encastrées dans des revêtements d'acajou; ^cristaux et métaux unis pour former des meubles précieux; — tapis aux couleurs naïves ou aux teintes savamment fondues; — grès ilambés et faïences aux carreaux pittoresques; — cuirs repoussés et frappés; — délicate poterie d'étain; — pièces d'orfèvrerie où la tradition des vieux maîtres refleurissait enformes superbes; — poupéesde Sonnenberg et jouets de Nuremberg se faisant valoiV par la savante unité de leur exposition collective : tout retenait l'attention par le solide éclat d'un effort artistique visiblement payé de prospérité. Dans les quinconces, une annexe consacrée à diverses industries, surtout aux jolies horloges à gaine de bois de la Forêt-Noire, témoignait qu'une exposition
purement commerciale pouvait aussi être présentée avec un parfait ensemble de goût et de dignité.
Les États-Unis abritaient dans une décoration nationale « genre Washington » — feuilles de chêne d'or serpentant autour de blanches colonnades grecques — des exhibitions qui avaient besoin de cette enveloppe pour cacher leur médiocrité. L'orfèvrerie même, qui avait brillé en 1S89, montrait des formes devenues lourdes par la rigidité des lignes, ou trop fuyantes par leur indécision.
Le « Adams Gold vase »
exposé par la maison Tiffany était bien significatif. Afin de commémorer une combinaison où « le coton et la finance, la modestie et le génie », pour parler comme la notice explicative, avaient produit sans doute
CHE.MINÉE EN FAÏENCE AVEC ENCADREMENT d'aCAJOU
(Fr.-A. .Mehlem, à Bonn).
L'ART DECORATIF