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GRAND ESCALIER DE L EXPOSITION AUTRICHIENNE

A côté, mais dans un style indiquant nettement le changement de race, l'Espagne présentait de petits bijoux or sur noir, dont les arabesques gracieuses étaient copiées sur les monuments laissés par les Maures.

L'exposition de l'Autriche était intéressante au plus haut point par son importance et son bon goût.

Ce fameux art nouveau, dont les formules ne sont pas encore assez définies pour permettre de lui donner un nom propre, mais qui se rencontre partout aujourd'hui, semble avoir pris naissance en Autriche. Il paraît être exclusivement enseigné par l'École et le Musée d'Art décoratif de 'Vienne, et ses applications se faisaient sentir dans toutes les branches de l'exposition autrichienne. L'ensemble de la décoration de la section, l'escalier avec ses tentures et ses statuettes de femmes en cuivre rouge, le salon impérial où le buste de François-Joseph I" accueillait avec grâce les visiteurs, avaient été exécutés suivant les principes de l'école nouvelle.

L'ART DECORATIF ÉTRANGER

INTERIEUR NEERLANDAIS

On a comparé les lignes sinueuses de ce stvle à d'inoffensives nouilles rendues furieuses par une imagination affolée. Sans doute l'excès y est fréquent et la stabilité souvent absente; mais la grâce s'y rencontre aussi avec l'imprévu. Quand il se sera assagi, il aura laissé de féconds principes d'indépendance artistique.

Les meubles d'un intérieur viennois exposés par les ouvriers d'art industriel de la ville étaient tout à fait élégants et prouvaient le bon parti que l'on peut tirer d'un art qui ne s'est pas d'ailleurs généralisé à tout l'empire, chacune de ses nombreuses nationalités ayant conservé ses tendances propres.

Ainsi un intérieur polonais montrait ses meubles et panneaux aux dessins creusés dans l'épaisseur du bois, dorés et rougis sur les tranches. Richesse plus apparente que réelle, éclat assez superficiel et confortable relatif.

La Chambre de commerce et d'industrie de Prague avait réuni dans un espace de 40 mètres carrés tous les éléments constitutifs d'un intérieur tchèque, en y faisant même entrer une chapelle. La note générale était rendue claire et gaie par les substances employées et la fabrication très soignée.

L'art décoratif de la Hongrie semblait s'affirmer entre un néo-byzantinisme et un néo-gothique, tous les deux trop chargés. La simplicité en est bannie et le contraste était frappant entre les deu.x expositions hongroise et autrichienne, voisines mais toujours distinctes. Bois sculptés et dorés sur toutes leurs faces, étoffes de brocart, émaux, verres eux-mêmes aux rellets rutilants, tout tendait à constituer, comme

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