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PAVILLON DE LA GRECE

La Grèce pouvait choisir des monuments antiques pour rappeler l'époque de Périclès aux générations du xx* siècle et faire profiler sous le ciel parisien les corniches du Parthénon. 11 est à regretter qu'elle ne l'ait pas fait, cette note ayant manqué à l'Exposition. L'époque byzantine, qu'elle a choisie de préférence, s'est au contraire trouvée plusieurs fois représentée.

Ce regret n'enlève point le mérite de la construction de M. Lucien Magne inspirée des églises comme Saint-Georges et Saint-Théodose, dont cinq ou six subsistent encore à Athènes, des trois cents dont la ville était peuplée au ix" siècle. Une coupole basse surmontait l'intersection de la croix grecque du bâtiment, appuyé de chaque côté par deux gracieux portiques couverts. Des briques roses et bleu turquoise donnaient à la construction la gaieté et la solidité de bons matériaux franchement accusés.

Ce coquet pavillon, qui sera transporté à Athènes pour y abriter les expositions des beaux-arts, avait un autre mérite qu'il faut rappeler ici pour servir d'exemple futur. Ce fut le premier prêt et il le fut à l'heui^e dite.

Une exposition purement commerciale, épicerie et confection mêlées, qui aurait dû trouver sa place dans les sections du Champ de Mars, encombrait l'intérieur du pavillon et reléguait en médiocre posture une galerie de tableaux des peintres hellènes contemporains. Par quel malentendu la terre classique de l'Art a-t-elle cru devoir transformer en boutique son pavillon, qui aurait dû être un temple de beauté!

11 ne contenait même aucun souvenir des luttes héroïques, qui seraient restées complètement négligées, si une belle statue équestre de Colocotronis, par L. Sochos, n'avait rappelé sur le quai voisin les guerres de l'Indépendance.

Le plus bel emplacement de la rue des Nations était échu à la Serbie. Dégagé de tout voisinage, à l'angle du quai et du pont de l'Aima, son pavillon soutenait avec succès la curiosité de tous les regards. Dans le style serbo-byzantin, des assises de pierre et de brique offraient l'alternance heureuse du blanc et de la

lii L'EXPOSITION DU SIECLE

couleur. Des coupoles de bronze reluisaient au soleil. Ces effets n'étaient du plâtre, qui apparaissait bi la construction de l'architec était en cela logée à la même que la plupart des palais, ment n'en était pas moins tr et d'une note nouvelle pour nos yeux occidentaux.

On aurait voulu trouver à l'intérieur, comme en Hongrie et toutes proportions gardées, le rappel d'un passé qui eut ses époques de gloire. Au xiv siècle, le tsar Douchan de Serbie possédait tous les Balkans et fut sur le point de conquérir Constantinople. Les peintres serbes Ivanovitch et Murât ont relaté ses exploits dans les salles du Grand Palais. Ils semblaient oubliés ici pour faire place à une exposition purement agricole et industrielle, plus importante d'ailleurs qu'on n'aurait pu s'y attendre d'une nation encore à l'aurore du progrès économique.

Les arts décoratifs étaient représentés par des tapis en quantité mais ne rappelant que de loin les nuances fondues et les fins dessins de l'Orient, et par une belle collection de costumes nationaux, dont beaucoup sont encore en usage chez ce peuple amoureux des couleurs et de la parure.

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Nous avons suivi tous les palais en façade sur la Seine; il nous faut revenir sur nos pas pour reprendre les pa^•illons édifiés en seconde ligne.

Celui du Danemark se présentait le premier au pied, de la passerelle du pont des Invalides et à la hauteur du pavillon ottoman. Décidé à la dernière heure et ne figurant même pas sur beaucoup de plans, il n'en fut pas moins un des premiers prêts et des mieux réussis. Les frais en furent couverts par souscription nationale. Construit en Danemark, il fut démonté pour être réédifié à Paris, où il servit de rendez-vous à la société danoise.

Reproduisant un vieux logis du Jutland et ne dépassant pas les proportions dune habitation bourgeoise, il a fait naître bien des ambitions. Que de fois a-t-on bâti devant lui non pas des châteaux, mais des pavillons en Espagne !

Ses puissantes charpentes aux poutres saillantes sobrement, mais fortement

LA RUE DES NATIONS

sculptées, tranchant en brun sur le blanc des remplissages, ses étages surplombant en légers encorbellements, ses veiTières aux carreaux petits pour résister aux bourrasques, mais multipliées pour laisser pénétrer des tlots de lumière, sa disposition intérieure si originale avec le double balcon qui contournait un hall central et conduisait aux appartements indépendants, tout y créait une atmosphère de gaieté et de confortable. Il semblait que le bonheur dût être l'hôte constant d'une pareille demeure, et comme il est vrai que les habitations expriment l'état d'âme d'un peuple, on ne peut qu'envier les paisibles Danois.

A la suite, le Portugal s'était souvenu qu'il fut un peuple d'intrépides marins, pour donner au soubassement de son pavillon une ornementation empruntée aux cordages des vaisseaux. Dans le hall, des panneaux de M. Vaz reproduisaient des scènes de pêcheries dont les produits étaient exposés à côté. Des lièges surtout attestaient les importants reboisements entrepris depuis d'assez longues années. On peut exprimer le

regret de n'avoir pas trouvé dans le pavillon du Portugal des reproductions des beaux monuments et quelques-uns au moins des riches objets d'art du pays.

Comme celui de la Grèce, le pavillon du Pérou, construit en pierres factices armées d'une ossature de fer, est destiné à survivre à l'Exposition; il sera transporté à Lima. Son archi-

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