D'après la carte qui figurait à l'Exposition
PAYS ÉTRANGERS. lOl
213. Causes de la richesse forestière du Japon. — La flore forestière y est tout à la fois riche en espèces et luxuriante de végétation, double circonstance heureuse qui s'explique par difiTérentes causes dont les principales sont les suivantes :
L'empire japonais s'étend du 24* au 51' degré de latitude Nord, et son axe est dirigé du N.-E. au S.-O. Il y a, conséquemment, une énorme différence entre les climats de ses deux extrémités. Comme, en outre, de hautes montagnes se dressent dans toutes les parties du territoire, on peut constater sous un môme parallèle des températures très diverses, selon Taltilude du lieu considéré. Aussi trouve- 1- on réunies au Japon, môme à de faibles distances, les essences caractéristiques de tous les climats, depuis ceux des pays froids jusqu'à ceux des régions tropicales. On peut compter en tout 199 grandes essences et 117 arbustes et arbrisseaux.
En second lieu, il existe au Japon une très grande variété de roches et de formations géologiques. Il en résulte que les arbres trouvent en abondance les principes minéraux nécessaires à leur végétation. '
Enfin, l'empire est une des contrées du globe les plus favorisées sous le rapport des pluies, et cela parce qu'il est entouré d'eau de toutes parts, qu'il présente de hautes montagnes et que le Courant japonais longe ses côtes. Dans de pareilles conditions, les peuplements forestiers doivent, on le conçoit, pousser à souhait.
Rien donc, au point de vue sylvicole, ne manque à cet heureux pays, pas môme une population sage et assez éclairée pour avoir su ménager les forêts spontanées et les maintenir en possession des terrains peu aptes à d'autres genres de cultures.
214. Division du Japon en cinq régions forestières. — On peut, pour la facilité de Tétudo, répartir ces forêts entre cinq grandes régions ayant chacune un climat particulier et par suite des essences spéciales. C'est d'ailleurs ce qu'a fait le service forestier, pour dresser une carte dont nous dirons quelques mots plus loin. Il a jugé avec raison que la manière la plus simple et la plus claire de caractériser le climat de chaque région était d'indiquer la quantité de neige qui y tombe annuellement ; de même, pour caractériser la flore d une
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ÉDIHBOUAQ.
de première gran
». — Dans lapren e est élevée, La ne ne de flocons très région du Ficus Wi venant de la zone un peu à celles des t, par des essences :
s, et des branches le ciel, en (ouïe m : Ficus Wiglitiana a Cycus reoolula.
Nous signalerons ns les provinces i n ébéuisterie.
i». — La deuxièrri' aée entre les 30' e irliedestlesdeKio grande Ile de NI lée, au moins dans irement plus d'un 1 partie de la régioi ^s où elle subsiste ■hres à feuilles pe:
leiiL dans les foréu queserenconlrent es d'ailleurs de lin I feuilles aciculaire inusdensiflora, k ne des principales rbres à feuilles la er), Zelkowa Keaki.
ment estimés pour es artiliciellemeiit, a produisent beat
bois d'œuvre de Cryptomeria japonica et de Thuya obtusa, afin de satisfaire à la demande des grandes villes, de Tokio et d'Osaka par exemple. La région renferme aussi en abondance de bons taillis dont on tire du bois de feu et du charbon. En fait, depuis longtemps, Texploilation des forôls est, dans cette région, plus avancée qu'ailleurs, parce que le climat y est tempéré et que les transports s'y font facilement par terre et par eau. Sur beaucoup de points, les massifs de Pinus Tliunbergii et de Pinus densiflora se régénèrent naturellement après la coupe^sans le secours de la plantation. Aussi la disette de bois d'œuvre ne s'y fait pas encore sentir, bien que les exploitations y aient déjà passé plusieurs fois sur le même point.
217. Région du « Fagus sylvatica » . — Dans la troisième région, ou région du Fagus sylvatica, la neige persiste pendant près de cinq mois chaque année. Cette région couvre une très grande surface dans la moitié nord de l'île principale (Nippon). Les forêts spontanées y sont généralement formées d'arbres à feuilles larges et caduques; mais il y en a aussi, dans certains districts, qui sont composées exclusivement d'essences à feuilles aciculaires. Les massifs de Thuya obtusa et de Thuya pisifera dans les montagnes de Kiso (province de Chinano); ceux de Cryptomeria japonica dans la province d'Ougo; ceux de Thuya dolobrata dans la province de Moutsou peuvent être considérés comme les plus importants de la région, aussi bien au point de vue de la beauté des arbres que des qualités de leurs produits ligneux. Les essences à feuilles larges produisent également de bon bois pour le service et l'industrie. Les forêts régénérées artificiellement sont moins nombreuses que dans la seconde région; elles sont d'ailleurs composées principalement de Cryptomeria japonica. Les populations puisent dans les forêts naturelles d'essences feuillues le bois de feu et le bois à charbon nécessaires à leurs besoins; aussi n'y a-t-il point ici de taillis comme dans la seconde région*.
1 . La démarcation entre la deuxième et la troisième région n'est pas très nette, à cause du grand développement et du manque de relief de leur zone de contact; puis aussi parce que les essences de la troisième région ont, à la
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218. Région de V « Abies Teitchii > . — La quairUme caracturiséc par l'Atiies Veilchii. Elle commence à la mo rieure des versants des liaules monlagneH, aussi la ncig t-elle neuf mois sur douze. Li'S forêts qu'elle renferme soi totalement peuplées d'essences rËsineusesj ce n'et^tquedar nord de Nippon, c'est-à-dire dans les provinces d'Ougo, Ri et Moulsou, que, malgr-é i'altitude, on trouve encore queU d'essences feuillues. Non seulement le bois d'œuvrc de b lité est rare dans celte région, -mais le transport en est ext diOicile. On n'y a pas encore exécuté de repeuplemenls ar
219. Région du « Pinus Cembra >. — La cinquième région du Pinus Cembra est formée par les cimes des hai lagnes. C'est la plus froide de l'empire ; sur presque tous la neige y est perpétuelle. Elle ne couvre d'ailleurs qu'i étendue de territoire. Nulle part les arbres n'y coostituenl proprement dites, et les sujets de Pinus Cembra qu'on y sont réduits ù l'état d'arbustes chétifs et rampant sur le sol
220- Genre de vie des populations montagnardes. esquisse rapide des régions forestières du Japon, le leciei bien nous permettre d'ajouter quelques détails sur le gei mené par une partie de la population.
Les habitants des montagnes se procurent généralemei sources nécessaires à leur existence eu effectuant les tr vers d'exploilalion (abatage et transport des bois) dans massifs situés à proximité de leur demeure.
221. Organisation du travail d'exploitation des 1 Il y a deux classes de bûcherons : ceux qui sont app' (mattres-bùcherons) et ceux qui portent le nom de hii/o i
suite d 'exploitai ion s abasives, disparu de beaucoup de localilés oli salent précédemment ; enlin, parce que, le climat étani devenu plui ces localités, des espaces nouvelles s'y sont naturalisées, tour ce: aDteurs de û carte t^restiére du Japon ont formé, avec la zone di Région intermédiaire, OÙ les arbres de la deuxième région (no Pinus Thvubeigii) tendent il disparaître, où ceux de la troisième gus st/lvaliea par exemplei ne se montrent pas encore, mais q Pinus denaijlora, Qaerctii serrata, Quemis denlala, Carplnm Carpinus jajmniea , etc.
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cherons). Les uns et les autres s'associent entre eux, sous la conduite (l'un chef (soma-gachira), homme expérimenté et influent, dont le rôle est de surveiller le travail de chacun et de rendre compte lous les jours des progrès de l'exploitation au propriétaire de la forêt.
Quand les bûcherons ont été embauchés, ils construisent, dans le voisinage de leurs chantiers, une hutte grossière où ils logent pendant la durée des travaux, car ils n'ont pas la permission de retourner à domicile entre temps. Quelque épaisse et escarpée que soit la forêt où ils opèrent, on constate qu'elle leur devient bientôt si familière qu'ils accomplissent leur lâche avec une rapidité et une hardiesse surprenantes.
Quand ils ne trouvent plus d'ouvrage en forêt, ils rentrent dans leurs villages et se livrent au travail des champs.
222. Salaire des bûcherons. — Le salaire journalier d'un maître-bûcheron (soma), quand il est employé à abattre les arbres, varie de 40 à 50 sen{\ fr. 80 c. à 2 fr. 20 c); mais en fabriquant des bardeaux, par exemple, il ne gagne plus que 30 à 40 sen{[ fr. 30 c. à 1 fr. 80 c). Habituellement il reçoit la moitié ou le tiers de sa paie à l'avance, et il laisse cette somme à la maison, pour assurer l'entretien de la famille pendant son absence. Le restant lui est délivré partie sous forme d'aliments ou autres objets qu'il touche en nature, pendant la durée de son engagement, partie sous forme dune somme d'argent qu'on lui remet au moment où il regagne ses foyers. Le salaire d^'un aide-bûcheron (higo) est toujours inférieur à celui du maître et ne dépasse pas 30 sen (1 fr. 30 c.) par jour. L'aide est généralement employé au transport des bois.
Les femmes et les enfants, qui sont quelquefois employés à de menus travaux, tels que l'extraction des morts-bois, ne reçoivent que 5 sen (0 fr. 20 c.) par jour, en sus de la nourriture.
223. Examen des objets envoyés. — Les renseignements stalistiques qui précèdent vont nous permettre d'abréger beaucoup, pour l'exposition japonaise, les paragraphes que nous allons consacrer aux trois premiers groupes d'objets que nous avons l'habitude de distinguer.
Le quatrième groupe, celui qui est constitué par les livres, les
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cartes et les documenls scieDliHques exigera seu. loppcments.
224. Produits bruts et fabriqués. — Les écl ëlaienl remarquables par leurs grandes dimcusio. ingûnieuse dont ils élaieul débités, en vue de pe leurs d'en examiner les tissus suivant des sectîo obliques. Toutes les principales espèces du pays tces. Accordons une mealion spéciale à une magni Cryptomeria japonica de 1°,20 de diamètre (avec de 0", 10 d'épaisseur). Ce résineux a une importi au Japon. On s'en sert pour tous les usages, constr et navales, menuiserie, ébénisterie, carrosserie, essences feuillues, une des plus précieuses est 1 qui appartient à la famille des ulmacées et préseï nalogie avec notre orme champêtre.
Parmi les charbons de bois exposés, il y en av: lourds, notamment celui du Quercus phillyreoîde.
Les bambous croissent dans les parties cbaudes qu'en témoignaient plusieurs écliantillons, certaine jusqu'à 10 et mCme 15 centimètres de diamètre.
Les écorces ù (an et celles destinées à d'autres i
De nombreux produits accessoires, gommes, réi ces, fruits, etc., ligoraient sur les étagères.
En ce qui concerne les objets fabriqués, Iraver fer, bois fendus, tournés ou sculptés, articles de serait oiseux de les décrire. Nous dirons seulemen appartenaient à 5 essences : Thuya oblusa et Th. Leplolepû, Fraxinus mandchurica et Caslaiiea vt
225. Outils, appareils, iustruments. — L'I mait des spécimens de tous les outils employés au tre le bois, le peler, le flotter, le travailler.
On y trouvait aussi divers types de chaussures, gibecières utilisées par les bûcherons, et confec plupart, en vue des travaux exécutés par la neige.
Dans un coin étaient réunis des instruments de lumment des boussoles, des éclimètres, des clii
Les boussoles en usage parmi les géomètres japonais sont assez rustiques, mais Talidade y tourne dans le plan de la ligne nordsud, de façon à supprimer l'erreur due à l'excentricité de la visière.
226. Modèles réduits et dessins d'installations diverses. — Ce qu'il y avait de plus intéressant dans ce groupe, c'étaient les modèles en miniature et les dessins représentant des appareils et des installations de natures diverses, tels que : vannes et barrages pour le flottage à bûches perdues; glissoires destinées à amener les pièces jusqu'aux cours d'eau; huttes de bûcherons; fours à charbon* construits sur le parterre des coupes ; enfin bassins d'immersion où les négociants du littoral conservent leurs provisions de bois de service. Cette dernière installation, dont on pouvait prendre une idée très nette grâce aux réductions en relief, aux photographies et à la longue notice qui s'y rapportaient, cette installation, disons-nous, mérite une description détaillée que son étendue nous force à renvoyer aux annexes*.
227. Collections scientifiques. — Des herbiers et des spécimens naturalisés de champignons parasites, d'insectes et d'animaux vertébrés, permettaient de prendre un aperçu de la flore et de la faune du pays. Mais nous avons surtout remarqué de petites cassettes dans lesquelles étaient rangés méthodiquement des échantillons des principales espèces de bois du Japon, sous la forme de lamelles grandes comme des caries à ouer et d'un demi-centimètre d'épaisseur. Des cassettes pareilles sont mises entre les mains des élèves de l'École forestière de Tokio, afin de les familiariser par des moyens analogues à ceux qu'on emploie chez nous, avec un ordre de connaissances pratiques que doit posséder toute personne qui s'occupe de forêts.
228. Livres et cartes, en général. — Nous ne parlerons pas des livres imprimés en langue et en caractères japonais : ils étaient
1. Ces fourneaux sont en terre ou en pierres cimentées avec de Targile. Ils ont, en plan, une forme elliptique et mesurent 4 pieds de large, G de long et 5 de haut. Leur rendement en poids est de 30 p. 100 environ.