‹ L'exposition rétrospective de l'art décoratif françaisChapitre 22 sur 51 · PAR JOUBERT, ÉBÉNISTE · texte numérisé non relu

PAR JOUBERT, ÉBÉNISTE

Cabinet des Médailles, Bibliothèque Nationale

Ce médaillier, ainsi qu un autre qui lui fait pendant, était destiné à accompagner le grand médaillier en forme de commode que l'ébéniste Gaudreaux avait exécuté sur les dessins de Slodtz. Les trois meubles avaient été commandés pour décorer les Petits appartements de Louis XV à Versailles. Le grand médaillier-commode était destiné à renfermer la suite des pièces d or du règne de Louis XIV, tandis cpie les deux encoignures, postérieures de quelques années, devaient contenir la suite commémorative des médailles du règne de Louis XV.

I.es encoignures, comme la commode, sont à profil renflé, décorées au centre d’un médaillon à bas-relief, représentant trois petits Amours sur fond bleu, entouré de guirlandes de roses, d’où pendent des jetons du xviii8 siècle.

Elles sont 1 oeuvre de 1 ébéniste Joubert, qui les livra le 1 6 mai i y =s , ainsi qu’en témoigne le Joumal du Garde-Meuble de la Couronne. Ces deux pièces sont loin de valoir la commodemédaillier de Gaudreaux, aussi bien pour le dessin que pour les bronzes. Ce Toubert était pourtant un ébéniste en vogue, et l’un des principaux fournisseurs de la Cour au milieu du xviuc siècle. La Dauphine et la comtesse de Provence l'avaient souvent fait travailler pour elles.

Conf. M. Germain Bapst (Chronique des Arts , 1892).

M. Émile Molinjiir (Histoire des Arts Industriels , IIIe vol., pages 127 et 140).

COMMODE

Marqueterie et cuivres dorés PAR RIESENER, 1735-1806 Palais de Fontainebleau

Sur r avant-corps, au centre, un sujet en marqueterie, de forme échancrée, représente des vases, des fleurs, des fruits, des instruments de jardinage : de chaque côté les panneaux sont décorés d'un fond quadrillé à plusieurs teintes.

Les consoles et les pieds à feuillages, ainsi que la ceinture à oves et à guirlandes ajourées de cuivre ciselé, donnent à cette commode une grande richesse d'aspect.

Cette admirable commode marque un moment de l'évolution artistique de Riesener, quand il chercha définitivement à ramener les galbes de ses meubles aux lignes droites, après avoir, dans ses premières productions, adopté le style des modèles qu’il avait trouvés dans l'atelier de son prédécesseur et maître. Œben. Mais on y trouve encore la riche ornementation de bronzes ciselés, cette belle parure dont peu à peu ses meubles se dépouilleront, sous la contrainte de je ne sais quel idéal de simplicité qui dégénérera très vite en maigreur et en sécheresse.

Conf. M. ni: Champeaux Le Meuble , 2e vol., p. 2?o .

M. Émile Molinier (Histoire des Arts industriels, 3e vol., page 167

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