PAR NATTIER
Collection de M. Groult
Portrait d’une inconnue, comme le xvm* siècle nous en a tant laissé, et où fut fixé un certain moment de grâce, de charme et de beauté, dont le souvenir persiste comme d’une minute rare et exquise dans l’histoire d’une société.
Certes, Jean-Marc Nattier ne fut pas un portraitiste incisif, ni profond ; son regard ne cherchait pas à pénétrer l’intime caractère de ses modèles, et d’aimables apparences, de gracieux visages suffisaient à son observation. Son talent est fait de facilité, de netteté et de tranquillité.
Toutes ces qualités se retrouvent dans ce délicat portrait ovale, dans ce joli visage féminin relevé d’une pointe de fard. Les qualités du peintre se retrouvent aussi dans ces tons éclatants et simples, dans cette touche souple et fondue, où les bleus délicats s’associent aux roses.
PORTRAIT
Femme inconnue
PAR CHARDIN, 1699-1779 Collection de M. Dollfus
Assise de trois quarts, la jupe largement étalée autour d’elle, tenant à la main un éventail replié, la tête couverte d’une coiffure de dentelle, elle se présente sans prétention et sans apprêt. Pas la moindre apparence de manière, aucune grâce inutile et qui serait d'ailleurs déplacée. La main, gantée de mitaines, montre plutôt un certain embarras à tenir l’éventail; la pose n’est pas exempte d’un peu de raideur.
Ce n’est pas l’œuvre attrayante et un peu superficielle, comme le xviii® siècle en a tant produit. Ici, tout est réfléchi, sérieux, et même un peu sévère. La tonalité sourde des roses de la robe, que rompt la légèreté des dentelles, établit un accord grave, qui prolonge l’impression de sincérité et de simplicité instantanément éprouvée.
L’œuvre a été attribuée jadis à Chardin par Philippe de Chennevières, qui s’y connaissait en œuvres du maître : nous n’avons qu’à admettre respectueusement cette opinion.
TABLEAU
L'Innocence enchaînée par les Amours et suivie du Repentir PAR J. -B. GREUZE, 1725-1805 Collection de M. le baron de Schlichting
L'Innocence, sous les traits d’une jeune tille drapée à l'antique, entraînée par Cupidon qui brandit une torche enflammée, entourée de petits Amours qui arrêtent ses pas, est retenue par une femme suppliante, qui descend derrière elle les degrés d'un temple antique précédé d’un haut portique.
Le sujet est présenté avec cette sensibilité maniérée et ce désir de vertu moralisatrice par où s’affirme toujours l’art de Greuze. Mais ici, du moins, la composition ne manque pas d’adresse ; elle rappelle, par l'opulence du décor et la richesse de la couleur, les grandes compositions mythologiques de Rubens.
Ce tableau avait été commandé à Greuze par l’Impératrice Catherine de Russie.
PORTRAIT
Femme jouant de la guitare