‹ L'exposition rétrospective de l'art décoratif françaisChapitre 35 sur 51 · PAR DROUAIS, I727-I · texte numérisé non relu

PAR DROUAIS, I727-I

Collection de M. le baron Henri de Rothschild

Avec leurs visages ronds et leurs grands yeux vifs, les deux enfants qui nous sont présentés ne peuvent renier leur étroite parenté; ici s’aflirme une fois de plus le goût du xvme siècle pour les portraits en travesti, pour les costumes qui déclassent les personnages. Coiffés de grands feutres relevés, vêtus de longs habits de drap, chaussés de lourds souliers, ces enfants nous apparaissent en petits Savoyards, vielleurs et montreurs de boîte d’optique, assis au bord du chemin, avant de reprendre leur marche. Mais l’expression des visages, l’aspect de race, suffisent à démentir le négligé de la tenue.

La peinture est vive et spirituelle, et Drouais pouvait la signer. Ces portraits étaient désignés comme étant ceux des entants de Choiseul, et provenaient, dit-on, du château de Chanteloup avant d’entrer dans la collection de Madame la baronne Nathaniel de Rothschild. Mais le duc de Choiseul, qui posséda Amboise et Chanteloup, n’eut pas d’enfants mâles. Le Cabinet des Estampes possède deux gravures d’après des tableaux de Drouais offrant des sujets analogues : l’une, de Beauvarlet, représente les enfants du comte de Béthune; l’autre, de Melini, graveur de Sa Majesté le Roi de Sardaigne, représente les enfants de Godefroy-Charles-Henri de la Tour, dit prince de Turenne, et sur cette dernière l’un des deux enfants ressemble de très près à l’un des enfants qui nous occupent.

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