PLEURANTS DU TOMBEAU DE PHILIPPE LE HARDI
Marbre
XVe SIÈCLE
Collection de M. le Baron A. Schickler
« Ces plourants, comme on les désignait an xva siècle, étaient destinés à représenter les divers ol liciers laïques ou ecclésiastiques de la cour du seigneur défunt, tels qu’ils étaient costumés le jour de l’enterrement, quand ils avaient mené le deuil. » Ce thème décoratif des tombeaux princiers avait été déjà adopté au XIIIe siècle, ainsi qu’on peut le voir dans la plaque de bronze émaillé de la tombe de Jean, fils de Saint Louis, à l’abbaye de Saint-Denis. Les artistes bourguignons devaient s’en emparer et en tirer des effets remarquables.
Philippe le Hardi avait édifié la Chartreuse de Champmol à Dijon pour y recevoir son tombeau et ceux de sa descendance. Les travaux furent d’abord confiés à Jean de Marville, puis à Claus Slutter, auquel Jean Sans Peur adjoignit Claus de Werve, après la mort de son père, le 27 avril 1404. Les comptes permettent d’établir que c’est bien à Claus de Werve que revient la gloire d’avoir exécuté presque toute la statuaire du tombeau, « le gisant, 40 pleurants et 54 angelots». Cette œuvre était terminée en 1412.
Le tombeau est aujourd’hui conservé au Musée de Dijon ; il a été privé à une date indéterminée des quatre statuettes de pleurants, d’expression si émouvante, entrées dans les collections de M. le baron Arthur Schickler.