‹ L'exposition rétrospective de l'art décoratif françaisChapitre 46 sur 51 · MASQUE · texte numérisé non relu

MASQUE

PAR FALCONET, I716-I79I Collection de M. Donop de Monchy

« Un homme qui, clans quinze ou vingt siècles, prouverait avec quelques têtes ou quelques pieds de ses statues de quoi nous étions capables ; » ainsi s'exprime Diderot, au sujet de Maurice-Étienne Falconet, et le jugement pourrait nous paraître un peu excessif si nous nous rappelons la Nymphe descendant du bain, au Musée du Louvre, et toutes ces petites statuettes de marbre blanc, dont quelques jolis spécimens ont été vus au Petit Palais. On y sent un don singulier à traduire la grâce féminine, le mouvement onduleux d’un corps souple et le poli d’une chair line comme frissonnant d'être dévêtue. Falconet y apparaît surtout comme un exquis voluptueux.

Et cependant voici que la fameuse pendule des Trois Grâces, dont la Rétrospective n’a fait que consacrer la gloire, est quelque chose de plus, et que le Masque de terre cuite où Falconet a voulu nous laisser lui-même le souvenir de son visage, nous révèle un art aigu et volontaire à exprimer le caractère et la vie. Qu'a-t-il donc manqué à Falconet pour être un des grands sculpteurs de bustes de son temps ? L’occasion. Car, tous les dons nécessaires, il les avait : le sens de la vie, la pénétration, une souplesse surprenante de doigts pour modeler la terre, la pratique prestigieuse du marbre. Ce masque de terre cuite, où il se révèle à nous avec ce regard aigu,, ce front intelligent et ce nez voluptueux aux narines dilatées qui semblent respirer la vie, est là pour nous inspirer l’admiration et le regret.

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