‹ L'exposition rétrospective de l'art décoratif françaisChapitre 48 sur 51 · PAR CLODION · texte numérisé non relu

PAR CLODION

Collection de M. le comte Moïse de Camondo

Ce groupe de bacchantes, d’un mouvement tournant si joli, d’une grâce alerte, d’un rythme harmonieux, de quelque côté qu'on l’examine, n’ofïre que lignes élégantes et capricieuses arabesques de bras et de jambes.

Quelle étrange chose que tant de gaieté, tant de joie à vivre, et aussi, semble-t-il, une si prestigieuse vivacité de modelé, émanent d’œuvres conçues et exécutées dans l’inquiétude et les tourments ! On ne trouve, en effet, quand on cherche à pénétrer la vie de Claude Michel, dit Clodion. qu’une longue suite de labeurs sans rémission et de luttes acharnées contre la pauvreté. Si bien que le sculpteur de la jeunesse, des charmants visages heureux, des enfants, des nymphes, de la gaieté et de la folie, vint mourir un jour de bataille, à l’heure où Paris ouvrait ses portes aux alliés, dans un triste logement de la Sorbonne que le gouvernement lui avait accordé comme dernier secours.

Ce groupe, en terre cuite, est important dans son œuvre, et peut être rapproché de deux très beaux groupes analogues qui font partie des collections de M. le baron Edmond de Rothschild.

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