POUR LA CATHÉDRALE DE RODEZ
Bois, attribué à Nicholas Bachelier
Collection de M. Boy
Nicholas Bachelier est la grande figure de l’École de Toulouse au xvi® siècle, qui produisit tant d'artistes remarquables dans l’art de travailler le bois. Sculpteur et architecte, il était allé à Rome travailler dans batelier de Michel-Ange. En dehors de ses travaux d’architecture au château d’Assier et au château de Montai, il avait été chargé de grands travaux décoratifs dans la cathédrale de Rodez. L’évêque François d’Estaing lui avait commandé la porte d’entrée du chœur, qui est un spécimen de la plus pure Renaissance du Midi.
L’influence que Bachelier semble avoir exercée à Toulouse sur l’art décoratif pendant le xvi" siècle est comparable à celle que Hugues Sambin avait exercée à Dijon.
Le monument prêté par M. Boy est la maquette en bois d’une cloison ajourée, en pierre, qui décore la chapelle du Saint Sépulcre de la cathédrale de Rodez, et où l’artiste a mêlé aux personnages de l’Ancien Testament des figures de sibylles disposées sous des dais supportés par des colonnettes légères et des arcs disposés en festons.
XVe SIÈCLE
Musée de Moulins
Le devant du coffre est divisé en cinq arcatures de style gothique, abritant cinq personnages sculptés. Au centre, le Christ bénissant à la latine de la main droite et tenant, de la main gauche, le globe surmonté d’une croix, entre la Vierge les bras croisés sur la poitrine et l’ange déroulant un phylactère sur lequel se trouve écrite la formule de salutation : Ave Maria. De chaque côté, aux extrémités, deux figures amplement drapées, l'une couronnée, la main droite tenant un glaive sur lequel elle s'appuie, la main gauche tenant ouvert un livre sur les feuillets duquel est écrit : Biblia sacra ; l’autre, 1a tête ceinte d’un turban, tient un vase dont elle soulève le couvercle. Ces deux ligures représentent peut-être l’Église et la Synagogue.
Les corps sont trapus et ramassés, les ligures rondes ; la sculpture est d’une exécution large et le drapé d’un beau mouvement. C’est une oeuvre de huchier de belle allure, et qui rappelle encore les beaux travaux de sculpture en bois du xivc siècle.
CHAYÈRE A COFFRE
Bois
FIN DU XVe SIÈCLE
Collection de M. Boy
Le dossier plein est décoré d’arcatures ogivales ; la partie antérieure du coffre est décorée de deux écussons.
Excellent spécimen de ce qu’ont pu être les sièges de la seconde moitié du xve siècle, où les huchiers s’inspiraient encore des dispositions de l’architecture de la dernière époque gothique, avant que la Renaissance italienne ne vînt modifier complètement le style de la décoration.
La chayère est placée devant une tapisserie à sujet pastoral du xve siècle., de la collection de M. Albert Bossy, où se manifeste ce goût bien français pour le champ parsemé de hautes herbes et de fleurettes.
CHAYÈRE A COFFRE
Bois
PREMIÈRE MOITIÉ DU XVIe SIÈCLE
Collection de M. Chabricres-Arlès
Siège formé d'un coffre muni de deux accoudoirs et d’un haut dossier terminé par un fronton demi-circulaire.
Le coffre a sa partie antérieure formée de deux panneaux décorés d’un buste saillant en ronde bosse, au milieu d’un cercle, entre des trophées et feuillages ; séparés par un pilastre, ils sont limités par deux autres pilastres décorés de pentes de feuillages coupés de cartels qui se raccordent aux accoudoirs.
Le dossier est formé d’un panneau compris entre deux pilastres à grotesques et décoré d’un candélabre surmonté d’un enfant portant une corbeille de fruits, entre deux enfants agaçant des cygnes, et des volutes de feuillages.
Au-dessus un entablement à ressauts porte un fronton semi-circulaire, décoré au centre d'un buste d’homme saillant et se terminant de chaque côté en volutes.
Comme devant la plupart des sièges de cette époque, une marche ou estrier était destinée à recevoir un tapis ou un coussin pour poser les pieds.
Cette chayère en bois de noyer, de patine rougeâtre, est un des plus beaux meubles de ce genre que nous ait laissés le xvi® siècle.
Publié par M. J. -B. Giraud, Recueil de l'Exposition Rétrospective de Lyon (1877). Planche xiv.