‹ L'extase comedie en trois actes, melee de chantChapitre 28 sur 47 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

ROÜOI.riIE, LA PRINCESSE.

LA PRINCESSE. C’est VOUS, je crois, mon-„ sieur, que j’ai failli saluer en an ivant? vous voici à pro|M)s. .le vous l’iivovais chercher. RODOl.PHE. .Moi , madame ?

LA PRINCESSE. Vous. Cela vous surprend, je le conçois, vous ne vous expliquez pas facilement comment je puis avoir affaire à vous... vous allez le savoir... notre entretien ne sera pas long. H parait , monsieur, ((ue vous avez pris dans cette maison un ascendant fort au-dessus de la condition que vous y occupez.

RODOLPHE. On se trompe quand on le dit.

LA PRINCESSE. On ajoute que mon frère vous consulte sur tout, qu’il ne voit que par vos yeux.

RODOLPHE. Monsieur le comte, madame, pour les affaires relatives à l’emploi que j’exerce auprès de lui, me témoigne quelque confiance , et voilà toiiL

LA PRINCESSE. 'Cela ne m’étonne pas : il a toujours eu la manie de se coiffer ainsi du premier venu. Feu monsieur le prince était comme lui; mais j'y mettais bon ordre. Üonc on assure , monsieur, que mon frère vous traite avec une bienveillance marquée.

RODOLPHE. J’en conviens , madame.

LA PRINCESSE. Qu’il a pour vous des égards... j'allais presque dire de l’amitié.

RODOLPHE. Je le sais...

LA PRINCESSE. J’ignore si vous savez aussi bien, monsieur, que vous déplaisez à tout le monde ici.

RODOLPHE. Madame...

LA PRINCESSE. Sans exception, je ne parle pas de moi... j'arrive... et pourtant si vous kiez curieux d'apprendre mon opinion sur votre compte, je n’aurais pas grand peine à vous la donner.

RODOLPHE. C’est inutile, madame.

LA PRINCESSE. Vous la devinez?

RODOLPHE. J 'aime mieux ne pas la connaître.

LA PRINCESSE. En effet, il est des choses qui ne sont pas agréables à entendre et que l’on fait aussi bien d’éviter.

RODOLPHE. Vous m’aviez fait espérer, ma-

L’EXTASE

Sf

dame, que cet rntrelien ne serait pas long.

l.\ PiiiNTESSE. J’alirége, et je v.iis tâcher d'èlrc claire, .le ne sais qui vous fies, d’oii vous veiie/:. .l'ignore quels sont vos projets ici ; je ne m’eu ocru|H' pas : niais vous avez pem-f Ire quelque fierlf dans le caractère , et après ce que je vous ai dit, vous devez savoir ce qui vous reste à faire. Quand on .se sent de trop dans une famille , quand on porte le désordre dans une mai.son , on n’a qu’un

parti à prendre , monsieur c’est d'en

sortir.

BODOI.PHF.. J’y songeais, madame.

LA PHINCES,SE. A la bonne heure! cl mettrez-vous bientôt ce projet à exécution ?

ROnoi.PUE. Dès qu’on me l’aura permis.

I.A PiiIATESSE. Si ce n’est qu’une permission qu’il vous faut, je vous la donne...

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