‹ L'extase (volume 2)Chapitre 13 sur 55 · MULLER, RODOLPHE · texte numérisé non relu

MULLER, RODOLPHE

MULLER. Ce vieux monsieur a un air bien respectable.

RODOLPHE. En effet.

MULLER. Et je ne le crois pas fier, quoiqu'il soit d'une illustre famille, si j'en juge par quelques mots que j'ai eniendu dire à ses domestiques.

RODOLPHE. Il m'a parlé avec une grande bonté.

MULLER. Ce n'est pas étonnant , d'après

l'intérêt qu'il porie à monsieur Si vous

saviez comme il a semblé ému lorsque je lui ai annoncé votre arrivée...

RODOLPHE. Mon arrivée?

MULLER. Sans doute. Je n'ai pas perdu de temps, comme il me l'avait recommandé.

RODOLPHE. Vous vous êtes trompé, je n'étais pas connu de ce monsieur.

MULLER. C'est impossible, puisqu'il vous attendait.

RODOLPHE. Il m'attendait?... moi?

MULLER. Certainement, depuis ce matin .

RODOLPHE. Moi?... que dites-vous?

MULLER. Je dis qu'il m'avait fait à cet égard toutes les recommandations possibles, qu'il s'est informé de vous dix fois dans la journée, qu'il est descendu aussitôt que je lui ai eu parlé.

RODOLPHE. Mon ami, je suis l'objet d'une méprise... il y a ici une erreur...

MULLER. Je ne pouvais pas me tromper après les détails qu'il m'avait donnés... vingttrois ans... Mais, au fait, il ne m'avait pas chargé de vous raconter tout cela, et vousmême vous avez peut-être des raisons pour ne pas dire que vous le connaissez.

RODOLPHE. Je n'en ai aucune, je vous le proteste. Je ne sais pas même son nom ; comment l'appelez-vous ?

MULLER. .le n'en sais rien non plus; mais voici son domestique qui pourra nous l'apprendre *. . . C'est quelqu'un que vous avez peine à reconnaître, ou que vous aurez perdu de vue.

* Muller, Rodolphe.

— Il) —

RODOLPHE, à lui-même. Je ne puis comprendre.

MULLER. Attendez : je vais tâcher de savoir son nom; ça vous remettra sur la voie.

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