‹ L'extaseChapitre 36 sur 64 · LA PRINCESSE, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE, HÉLÈNE

HÉLÈNE. Ah ! ma tante ! si vous voyiez le délicieux costume que viens de m'envoycr mon cousin? Entre nous, je crois qu'il m'ira parfaitement.., You^ savez que mon cousin m'avait promis quejescraisjolie... Mais qu'avez-vous, ma tante? vous paraissez contr.-.riée? Est-ce que mon père ne me permet pas d'aller au bal?

LA PRINCESSE. Votre père est un cntôlé avec lequel je devrais rompre pour toujours. HÉLÈNE. Ah ! mon Dieu î LA PRINCESSE, Si je ïïc le fais pas, c'est que j'espère encore que la raison le ramènera, Ali ça. qu'est-ce que j'entends dire ici ? qu'n y a quelqu'un qui s'est empare de son esprit, de sa confiance? quelqu'un que l'on consulte sur tout? qui est le maître céans?

HÉLÈNE. Ma tante !

LA PRINCESSE. Répondez : je veux que l'on m'explique tout cela. D'autant plus, je commence à le croire, que l'influence dont on parle n'est pas étrangère au changement survenu dans les dispositions de voire père. Il n'est plus le même.

HÉLÈNE , vivement. Ah ! je n'avais pas tort quand je vous disais que mes chagrins avaient une cause.

LA PRINCESSE. Est-ce qu'elle est sérieuse? Je n'ai pas attaché, je l'avoue, une grande importance aux paroles que lu m'as dites quand je suis arrivée.,. Est-ce que ton père est changé avec toi aussi ?

HÉLÈNE. Non: je n'oserais le dire, encore,. . je ne sais, voyez-vous... il faut si peu de chose pour que mon cœur s'alarme, que ma pauvre tête s'exnltc! mon esprit est faible... facile à imjV essionner, et ceux qui m'entourent en proiiient pour nî'aigrir encore... Mais ce n'est pas de ce qu'on médit que je souffre, c'est de ce que j'éprouve.

LA PRINCESSE. Comment?

HÉLÈNE. Oui... nia tante, je ne me co;ifierais à personne... mais à vous!... Oui, il y a ici un étranger qui s'est placé entre mon père et moi, un étranger à qui il a donné toute sa confiance, qu'il aime comme un fils... et je suis jalouse.

LA PRINCESSE. Toi ? pauvre petite !... ah! mon Dieu!,., que m'apprends-tu la?

UÉLÈNE.

Ainwcureau de M. Doche.

Je V0U5 le dis, à vous, en confidence, J'ai bien souffert et je n'ai point parle ;

Mon cœur se brise à cette indiiïérpnce ,

Et sans témoins mes larmes ont coulé.

Ce changemi'nt qui m'afllig<^ et me blesse,

Cause l'ennui qui me tue en secret.

Non père, liclas ! pour perdre ta tendresse,

(Ju'ai-je donc fait > réponds, qu'ai-je donc fait?

A mes côté'! il reste sans rien dire , Sombre et rêveur, il me ferme ses bras. On peut souvent refusnr un sourire A des enfants qui se montrent ingrate ; Mai-; en ce jour, c'est lui qui nu- déloisse, Lui qui déchire un creur qu'il méconnaît. Mon père, hélas ! pour perdre ta tendresse, Qu'ai-je donc fait? réponds, qu'ai-je donc fait?

LA PRINCESSE. On te monte la tète... et c'est très-mal.... n'importe, tu n'en es pas moins tourmentée, malheureuse... mais que l'on se débarrasse de cet homme , qu'on le chasse !

HÉLÈNE. O ma tante !

LA PRINCESSE. Est-cc donc si diiïicile ? et ton père hésiterait-il si tu le lui demandais?

HÉLÈNE. Moi?

LA PRINCESSE. II faut qu'il parte, et le plus tôt possible. Je ne veux pas faire comme

les gens qui t'entourent, certainement

mais linfluence funeste qu'on lui prête est

réelle plus grande encore que tu ne le

penses.

HÉLÈNE. Que dites-vous?

LA PRINCESSE. J'en ai la preuve et

quand tu la redoutes, tu as raison.

HÉLÈNE. Ah! vous voyez ! vous-même...

LA PRINCESSE. 31oi ?,, . je suis indignée... pauvre enfant! qui se plaint à peine encore !...

HÉLÈNE. Et le puis-je? l'aurais-je osé?

non, je me tais, je souffre et je pleure.

LA PRINCESSE. Mais cette position n'est pas lolérahle... il faut qu'elle cesse.

HÉLÈNE. Je pleure,,, oui.., et je n'ai que vous,,. [Apercevant le Comte.) Mon père!., silence! silence!

LA PRINCESSE, Nou , j'étoulTe, vois-tu?

ça me suffoque!

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