‹ L'extaseChapitre 40 sur 64 · RODOLPHE, L'A PRINCESSE · texte numérisé non relu

RODOLPHE, L'A PRINCESSE

LA PRINCESSE. C'est vous, je crois, monsieur, que j'ai failli saluer en arrivant? vous voici à propos. Je vous envoyais chercher. RODOLPHE. Moi , madame ?

LA PRINCESSE. Vous. Cela vous surprend, je le conçois, vous ne vous expliquez pas facilement comment je puis avoir allàire à vous... vous allez le savoir... notre entretien ne sera pas long. H paraît , monsieur, que vous avez pris dans cette maison un ascendant fort au-dessus de la condition que vous y occupez.

RODOLPHE. On se trompe quand on le dit.

LA PRINCESSE. On ajoute que mon frère vous consulte sur tout, qu'il ne voit que par vos yeux.

RODOLPHE. Monsieur le comte, madame, pour les affaires relatives à l'emploi que j'exerce auprès de lui, me témoigne quelque confiance , et voilà tout.

LA PRINCESSE. Cela ne m'étonne pas : il a toujours eu la manie de se coiffer ainsi du premier venu. Feu monsieur le prince était comme lui; mais j'y mettais bon ordre. Donc on assure , monsieur, que mon frère vous traite avec une bienvedlance marquée.

RODOLPHE. J'en conviens, madame.

LA PRINCESSE. Qu'il a pour vous des égards... j'allais presque dire de l'amitié.

RODOLPHE. Je le sais...

LA PRINCESSE. J'ignore si vous savez aussi bien, monsieur, que vous déplaisez à tout le monde ici.

RODOLPHE. Madame...

LA PRINCESSE. Sans exception, je ne parle pas de moi... j'arrive... et pourtant si vous étiez curieux d'apprendre mon opinion sur votre compte, je n'aurais pas grand peine à vous la donner.

RODOLPHE. C'est inutile, madame.

LA PRINCESSE. Vous la dcvinez?

RODOLPHE. J'aime mieux ne pas la connaître.

LA PRINCESSE. Eu effet, il est des choses qui ne sont pas agréables à entendre et que l'on fait aussi bien d'éviter.

RODOLPHE. Vous m'aviez fait espérer, ma-

dame, que cot entretien ne serait pas long.

LA PuiNCLSSE. J'a!)rége, et je vais tâcher d'être claire. Je ne sais qui vous êtes, d'où vous Venez. J'ignore quels sont vos projets ici ; je ne m'en occupe pas : mais vous avez peut-être quelque fierté dans le caractère , et après ce que je vous ai dit, vous devez savoir ce qui vous reste à faire. Quand on se sent de trop dans une famille, quand on porte le désordre dans une maison , on n'a qu'un

parti à prendre , monsieur c'est d'en

sortir.

RODOLPHE. J'y songeais, madame.

LA PRINCESSE. A. la bonne heure! etmet- Irez-vous bientôt ce projet à exécution ?

RODOLPHE. Dès qu'on me l'aura permis.

LA piuxcESSE. Si ce n'est qu'une permission qu'il vous faut, je vous la donne...

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