HÉLÈNE, ALBERT, LA PRINCESSE, LE COMTE
LA PRINCESSE, à Hélène.
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Ah ! te voilà,
petite! tant mieux :
Elle l'embrasse.
ALBERT , s' approchant d'Hélène. Êtcsvous fatiguée de votre promenade, ma cousine?
HÉLÈNE. Vous savez?...
ALBERT. Je vous ai vue rentrer.
HÉLÈNE. Mais c'est très-mal de m' épier ainsi !
ALBERT. Ah! ma cousine!
LA PRINCESSE. Je voudrais bien voir qu'Albert ne sût pas, heure par heure, ce que tu fais! ce serait d'une indifférence!... surtout au point où nous en sonnnes!... Tu sais, mon enfant, que tu te maries aujourd'hui?
HÉLÈNi:. Moi, ma tante?
LA PRINCESSE. Ou à peu près.
LE co?.iTE. Ma sœur, permettez...
LA PRINCESSE. Jl me semble .que vous m'aviez donné carte blanche. . . Aujourd'hui, dans une heure, nous célébrons les liançailles.
HÉLÈNE. Avec qui, ma tante ?
ALBERT. Vous ne devinez pas, ma cousine?
HÉLÈNE. Non.
LA PRINCESSE. Coquetterie de jeune fille ! tu auras le plaisir de la surprise... Est-ce que tu n'as pas reçu ce matin ce que je t'ai envoyé... mes cadeaux de noce, des bijoux, une toilette de fiancée?
HÉLÈNE. Je n'avais pas encore regardé ces nouveaux présents, ma tante... j'ignorais...
LA PRINCESSE. J'ai pourvu à tout, comme tu vois... j'ai tout arrangé, tout disposé... [Au Comte.) Votre notaire prétend qu'il n'a pas encore touché les cent mille florins que vous avez reçus et qui appartiennent à Hélène, du chef de sa mère... Au reste, il s'en expliquera avec vous, il va venir...
ALBERT. Pardon , ma mère. . . vous m'avez diargé de le prévenir. . . .^lais il fallait savoir auparavant si ma cousine consentait.
LA PRINCESSE. Monsieur mon fils , quand je dis une chose, c'est que j'ai raison de la dire. Le notaire va venir.
ALBERT. Il n'est pas averti.
LA PRINCESSE. Il l'est.
ALBERT. Je n'ai pas été chez lui.
LA PRINCESSE. Je m'en doutais... aussi je me suis rendue moi-même à l'étude de ce tabellion, un lieu fort sombre, fort malpropre, sentant le vieux papier moisi, et où une demi-douzaine de jeunes clercs me regardaient de la tête aux pieds : j'ai été obligée de leur adresser la parole pour les rappeler au respect qu'ils oubliaient.
ALBERT. Ma cousine, vous avez entendu ma mère; que répondez-vous?
HÉLÈNE. Adieu, mon cousin.
ALBERT. Où allez-vous?
HÉLÈNE. Essayer la toilette que ma tante m'a envoyée.
LA PRINCESSE. Tu cs charmante !.. . J'étais ainsi à ton âge.
ENSEMBLE
Musiqne nouvelle de M. Poche.