SCENE III
Les MÊMES, LE COLFE DE FIORMEGG, entrant par une porte latérale à droite; puis SOPHIE.
MULLER, aux Chasseurs. Chut! voici le seigneur étranger qui est arrivé ce matin.
Il pose son verre sur la table.
LE COMTE *, ù Millier. Vous n'avez pas vu Krautz, mou douieslique?
MULLER. .Je l'ai laissé tout à l'heure avec la gouvernante de mademoiselle.
SOPHIE, qtii est entrée par le fond, pendant celte phrase. Monsieur le comte, Fraiitz est occupé à payer les muletiers qui nousont.amenés. J'ai été chercher ce portefeuille qu'on avait oublié parmi les bagages.
LE COMTE, à Sophie. C'est bien, remontez. {Sophie entre à droite. A Mullcr.) Ayez soin de Frantz , monsieur; c'est un vieux et lidèle serviteur qui a souffert des fatigues de la route ei ((ui mérite des égards.
MULLER. Il ne manquera de rien : son dîner est prêt, et le meilleur vin de nw cave sera poiu" lui.
LE COMTE, emmenant Mnller à gauche.
Aucun voyageur nouveau n'est entré chez vous ?
' Muller, le Comte
MULLER. Aucun.
LE COMTE. Si le hasard amenait ici la personne dont je vous ai ]>arlé, n'oubliez pas de me prévenir. Vous la reconnaîtrez au signalement que je vous ai donné?
MULLER. Aus.si bien que si je l'avais déjà vue plusieurs fois : un jeune homme de vingttrois à vingt-quatre ans, voyageant seul, et à pied; de taille moyenne, |)àle, les cheveux elles )eux noirs; vêtu d'un habit brun, et portant un manteau bleu foncé.
LE COMTE. C'est cela.
MULLER. S'il arrive en effet, ainsi que votre seigneurie paraît le croire , faudra-t-il le prévenir que quelqu'un l'attend ?
LE COMTE. Non : ne lui dites rien avant que je lui aie parlé ; je remonte chez moi , et vous recommande d'être exact à m'avertir.
11 entre à droite.
MULLER, aux Chasseurs. Eh bien, je ne peux pas partir encore !