CHAPITRE PREMIER
DE L'OBJECTIVITÉ DES EFFLUVES PERÇUS SOUS FORME DE LUMIÈRE DANS L'ÉTAT HYPINOTIQUE
De tout temps on a signalé l'existence d'effluves lumineux se dégageant de certaines personnes exceptionnellement douées ; Tabbé Ribet en rapporte un grand nombre de cas dans sa Mystique divine (t. II, ch. xxix), et l'imagerie religieuse en a consacré la tradition avec l'auréole des saints et les rayons qui s'échappent des doigts de la Vierge ou du front de Moïse.
Lors des premières observations relatives au magnétisme animal, on remarqua que la plupart des somnambules, doués d'une hyperesthésie sensorielle générale par rapport à leur magaétiseur(l), constataient chez lui un phénomène analogue, invisible pour les autres personnes.
La plupart des somnambules voient, dit Deleuze (2), un fluide lumineux et brillant environner leur magnéiiseur et
(1) Voir la noie B (Rapport de M. de Jiissieu sur le magnétisme animai)^
(2) Histoire du magnétisme animal^ 1813, p. 84.
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2 L'KXTÉaiol^itfiak ise la .sensibilité
sortir avec plH&.de iorce de «a fête et de ses mains ; ils reeonnaissenfque Woinnie peut le produire à volonté, le diriger, et cg^ipprégner diverses substances. Plusieurs le voient non ^ifntênl pendant qu'ils sont en somnambulisme, mais encore q$ê4ques minutes après qu'on les a réveillés ; il a pour eut *6n goût qui est très agréable, et il communique un goût particulier à Teau et aux aliments. Quelques personnes aperçoivent ce fluide lorsqu'on les magnétise, quoiqu'elles ne soient point en somnambulisme; j'en ai même rencontré qui le voient en magnétisant, mais ces cas sont extrêmement rares.
Vers le milieu de ce siècle, le D'' Despine à Aix-les-Bains et le D^ Gharpignon à Orléans confirment les observations précédentes et établissent en outre par de nombreuses expériences que certains somnambules pouvaient percevoir, comme un brouillard plus ou moins lumineux, non seulemerit les radiations, obscures pour nous, de Télectridté statique ou dynamique, mais encore les effluves qui s'échappaient de quelques corps et notamment des aimants, de Tor, de l'argent.
A peu près à la même époque, un savant chimiste autrichien, le baron de Reichenbach, découvrait que l'état somnambulique n'était pas nécessaire pour déterminer la perception des sensations lumineuses dont je viens de parler, et il reconnut que, pour certaines personnes, elles se produisaient après un séjour de plusieurs heures dans une profonde obscurité.
Doué d'un esprit scientifique remarquable et d'une ténacité rare, jouissant en outre d'une très belle fortune, il n'épargna ni le temps ni l'argent pour utiliser le nouveau procédé d'investigation dont il était l'inventeur ; il publia le résultat de ses recherches dans plusieurs livres, malheureusement trop peu connus en France, dont j'ai donné
OMBCTIVITÉ DES EFFLUVES 3
un aperçu sommaire dans une publication récente (1). Je me bornerai à citer ici quelques extraits de Tun
(1) Le Fluide des magnétiseurs; Précis des expériences du baron de Reicbenbacli sur ses propriétés physiques et physiologiques. Paris Carré, 1891.
On trouvera dans la note G le rapport fait en 1846 par Berzélius à TAcadèmie des Sciences de Stockhoioi, sur quelques-unes des expériences de Reichenbach.
Ùàction physiologique de l'aimant a été récemment constatée de nouveau à New- York par M. W. Hamond (Annales de psychiatrie et d*hypnologie ; novembre 1894). Voici une des expériences rapportées par cet observateur :
« Un monsieur âgé de trente ans et d'une nature nullement impressionnable, découvrit son bras droit, à ma requête, relevant la manche de sa chemise jusqu'à Tépaule, et rétendit de toute sa longueur sur une table. Je pris alors un mouchoir et lui bandai étroitement les yeux, lai exprimant le désir qu'il voulût bien me dire quelles sensations il éprouverait au cours de l'expérience. L'ayant ainsi induit k concentrer son attention sur cette partie de sa personne, je tins un fort aimant, en forme de fer à cheval, en contact presque immédiat audessus de sa nuque et à environ mi pouce d'intervalle avec la peau.
« Au bout de 32 secondes à ma montre, il dit : Je ne sens rien du tout au bras, mais j'éprouve une étrange sensation d'engourdissement derrière le cou. — Dix secondes après, il s'écriait: Il semble maintenant que vous me promenez un verre ardent derrière le cou. J'eidevai l'aimant et loi demandai s'il ne sentait rien au bras. — Non, répliqua-t-il, je ne crois pas.
« Tandis qu'il parlait, j'amenai vivement l'aimant au-dessus de sa tête, et en même temps je lui frappai le bras avec un coupe-papier. — le sens, dit-il, que vous me frappez avec quelque chose, mais Tengourdissement que je sentais au cou a disparu et se trouve être maintenant juste au-dessus de ma tête.
« J'éloignai alors l'aimant et je le fis mouvoir au-dessus du bras, de l'épaule au bout des doigts, à la distance d'un pouce ou à peu près de la surface de la peau. Après deux ou trois passes de la sorte, il dit : Maintenant je sens quelque chose au bras ; j'éprouve une sensation telle que si vous me piquiez le bras avec des épingles, quoique cela ne me blesse nullement. Maintenant, il me semble que le verre ardent me brûle légèrement tout le long du bras.
« D'autres modifications de l'expérience furent faites, toujours avec un résultat semblable. Il était évident que l'aimant produisait des sensations irritantes sur les parties du corps où sa proximité n'était pas soupçonnée. »
Les observations relatives à l'action curative des aimants sur certaines personnes se comptent par milliers depuis deux siècles et ne laissent aucun doute sur la réalité des effluves qu'ils émettent*
d'eux (1) où il expose les phénomènes dont j*ai repris rétude sous une autre forme.
Conduisez un sensitif dans Tobscuritë , prenez avec vous un chat, un oiseau, un papillon, si vous pouvez vous en procurer un, et plusieurs pots de fleurs. Après quelques heures d'obscurité vous Tentendrez dire des choses curieuses : les fleurs sortiront de l'obscurité et deviendront perceptibles ; d'abord elles sortiront du noir de Tobscurité générale sous la forme d'un nuage gris isolé ; plus tard il se formera des points plus clairs ; à la fin chaque fleur deviendra distincte, et les formes apparaîtront de plus en plus nettement. Un jour je posai un de ces vases devant M. Endlicher, professeur distingué de botanique, qui était un sensitif moyen ; il s'écria avec un étonnement mêlé de frayeur : c C'est une fleur bleue, c*est une gloxinie. > C'était effectivement une Glocinia speciosa^ var. çœruleay qu'il avait vue dans l'obscurité absolue et qu'il avait reconnue par la forme et la couleur.
Mais sans la lumière, on ne peut rien voir dans l'obscurité ; il a fallu la présence de la lumière pour apercevoir la plante avec une telle évidence qu'on a non seulement pu reconnaître la forme, mais encore la couleur. D'où arrivait cette lumière ? Elle sortait de la plante elle-même qu'elle éclairait : germes, anthères, pistils, corolles, tiges, tout apparaissait finement illuminé ; on pouvait même apercevoir les feuilles, quoique plus sombres. Tout paraissait comme dans une douce incandescence : les parties génitales étaient les plus brillantes, puis la tige et enfin les feuilles.
Votre papillon, votre chat, votre oiseau, tous apparaîtront de même dans l'obscurité, certaines parties de ces animaux deviendront lumineuses. Bientôt le sensitif déclarera qu'il vous voit vous-même... Fixez son attention sur les mains; d'abord elles auront une faible ressemblance avec une fumée grise, ensuite elles ressembleront à une silhouette sur un fond faiblement éclairé, enfin les doigts paraîtront avec leur propre lumière; il verra à chaque doigt un prolongement luisant, qui
(1) Lettres odiques et magnétiques, Stuttgart, 1856.
pourra parfois paraître aussi long que le doigt lui-même. Lorsque le premier étonoement relatif à la faculté lumineuse de tous les hommes, restée inconnue jusqu'ici, sera passé et que vous voudrez diriger l'attention de votre sensitif sur le détail de ces lueurs, vous lui entendrez peut-être dire avec une nouvelle surprise que les couleurs dans les différentes parties du corps ne sont pas semblables ; que les mains droites luisent d*un feu bleuâtre, pendant que les mains gauches apparaissent jaune rouge et que par suite les premières semblent plus sombres que les secondes; que la même différence existe pour les deux pieds; que même tout le côté droit de votre figure et même du corps entier est bleuâtre et plus sombre que le gauche qui est jaune rougeâtre et parait sensiblement plus clair que l'autre. (Lettre 5.)
Je fis mon premier essai sur les aimants avec M"^ Nowstuy à Vienne en avril 1744, et je le répétai ensuite par centaines de fois avec d'autres sensitifs dans la chambre obscure. ^ De chaque bout du barreau aimanté se dégage une flamme lumineuse, ardente, fumante et jetant des étincelles, bleue au pôle nord, jaune rouge au pôle sud. — Si vous posez le barreau verticalement le pôle Sud en haut, le sensitif vous dira que la flamme grandit. Si Taimant est d'une force suffisante, la flamme s'élèvera jusqu'au plafond et y produira un cercle lumineux de 1, 2, jusqu'à 3 pieds de diamètre, si clair que le sujet, s'il est assez sensible, pourra vous décrire les détails du plafond. Mais, je vous en préviens, ne négligez aucune des précautions que je vous ai indiquées pour obtenir une obscurité absolue et préparez les yeux de votre sensitif pendant des heures entières ; sans cela il ne verrait rien, vous travailleriez inutilement^ et l'exactitude de mes affirmations courrait le risque d'une suspicion imméritée. {Lettre 4.)
Les expériences de Reichenbach furent répétées, à l'aide des mêmes procédés, par un magnétiseur de profession, M. Durville, qui les précisa par des observations nouvelles dont il a donné le résultat dans un ouvrage de propagande intitulé : Traité expérimental et thérapeutique du magné-'
lisme (pp. 99 à 115 ; Paris, 1886) ; il enseigne, comme le sayant. autrichien, que le côté droit du corps humain est bleu dans son ensemble et le côté gauche jaune, avec des effluves de couleurs correspondantes lancés par les organes des sens (yeux, oreilles, narines, elc).
Quelque temps après, je fus amené par mes études sur les états profonds de l'hypnose à reconnaître que :
i° La faculté de vision attribuée par les premiers magnétiseurs aux somnambules n'apparaissait en général que dans l'état que j'ai appelé l'état de rapport et disparaissait quand le sommeil s'approfondissait ;
2** Chez des sujets très sensibles, on peut détenniner Tétat de rapport d'un membre quelconque, et en particulier des yeux, en agissant magnétiquement sur les organes , pendant que le reste du corps reste à l'état naturel ;
3° Dans ces condilions, certains sujets acquièrent une hyperexcitabiHté momentanée de la vue qui leur permet de voir en pleine lumière les effluves, objet de celte étude.
Je rencontrai dans le service du D' Luys, à la Charité, un sujet nommé Albert L., qui jouissait à un haut degré de cette dernière faculté et qui de plus était dessinateur de profession, de sorte que, grâce à l'obligeance du D' Luys à qui je révélai cette singulière propriété, nous fûmes l'un et l'autre en possession d'un instrument de travail de beaucoup supérieur à celui dont se servaient nos prédécesseurs, puisque, au lieu d'être obligés de nous en rapporter comme eux à des descriptions plus ou moins vagues, nous pouvions obtenir des dessins et même des peintures auxquels le sujet avait la facilité d'apporter toute la précision désirable, moyennant la simple précaution de remettre de temps en temps ses yeux à l'état convenable, état dans lequel - M. Luys a fait constater, au moyen de l'ophlalmoscope, que
OBJECTIVITÉ 0BS EFFLUVES 7
lefond de l'ceil présente tm phénomène* d'érélhisme vasculaire extraphysiologique {i) et que les vaisseaux san»guinsiy ont presque triplé dc^ volume.
Les quatre plancbes- coioniéQS qu^oit trouvera à la fiujde oe chapitre ceproduisenH quelques^oinar de ces dessins^; nous les avons donnés, austt^ exactement que possible pour leur conserver leur- caractère documentaire dans des études où tout est encore loin: d'être expliqué.
D'après les observations de M. Luys ftiîtes à Taide d'Albert L., le côté droit du corps humaiii présente, en général (2), une coloration« bleue.. Les yeux, les oreilles, les narines^ les lèvres dégagent des irradiations de même couleur, et ces irradiations sont d'autant plus intenses que le sujet est plus vigoureux. Le côté gauche dégage des effluves rouges par les organes des sens, et leur intensité varie pareillement avec l'état du sujet
Poussant ses expériences dans la voie de ses occupations professionnelles, le D*^ Luys observa que, chez les sujels hystériques.masculins et féminins, la coloration des effluves du côté droit devient violette et que, dans les cas où il y a paralysie par disparition de l'activité nerveuse, les colo-
(1) Comptes rendus de la Société de biologie;. séance du 17 juin 1893.
(2) On verra, par la suite de cette étude, que les sujets inversent souvent les colorations qu'ils attribuent aux effluves ; mais alors ils les inversent tontes de Uimème manière, qjiella que soit leui origine.
C*èst ainsi que, dans la figure 1 de la planche II, le côté droit est indiqué rouge et le côté gauche bleu.; mais alors le sujet inverse également les couleurs qu'il attr ibue aux pôles d'un aimant ; il voit rouge le pôle nord et bleu le pôle sud.
De là viennent les contcadictiiOns et les discordances qu'on a rele • vées dans les alBrmations des différents auteurs et même dans celles du même observateur. M. Luys, par exemple, attribue* aux effluves du pôle- nord, tantôt la coloration bleue (Annales de psychiatrie, juillet 1892), tantôt la coloration rouge (mêmes Annales, octobre 1893S
rations lumineuses de la peau sont parsemées de points noirs. Il constata également que les effluves oculaires subsistent pendant quelques heures après la mort, et que, si l'on ouvre le crâne d'un animal vivant, le lobe droit du cerveau parait d'un beau bleu et le lobe gauche d*un beau rouge, jusqu'à ce que la vie disparaisse complètement, ce qui montre qu'il n'y a pas entre-croisement pour ce genre d'action de l'encéphale comme pour ses actions motrices et sensitives.
Quand l'oreille est dure, c'est-à-dire quand la personne observée est plus ou moins sourde, la radiation lumineuse de l'oreille diminue considérablement. Un poisson vivant hors de l'eau émet des radiations analogues à celles des autres animaux ; mais quand il est dans l'eau, les radiations deviennent invisibles, probablement parce qu'elles se dissolvent. Des effluves bleus se dégagent également du pôle nord d'un aimant et du pôle positif d'une pile, tandis que les pôles négatifs d'un aimant et d'une pile donnent des effluves rouges ; les bobines d'induction se couvrent d'une lueur jaune quand elles sont traversées par un courant.
Toutes ces observations ont besoin d'être vérifiées bien des fois avant qu'on puisse les admettre sans réserves, d'autant plus que j'ai reconnu, par des expériences poursuivies méthodiquement depuis plus de quinze ans avec de nombreux sujets, que les descriptions que ces sujets donnaient des colorations n'étaient pas toujours concordantes, le même sujet variant même quelquefois dans ses affirmations d'un moment à l'autre, soit sous l'influence d'une modification de son état hypnotique, soit sous l'influence d'une orientation différente de l'objet qui émet les effluves.
Ce qui est constant, ce qu'on doit considérer comme prouvé au même titre que tel ou tel fait historique dont nous n'avons pu être témoin nous-méme, c'est l'existence d'une sensation lumineuse perçue par un grand nombre de personnes dans les conditions que nous avons indiquées.
Celte sensation est-elle purement subjective, c'est-à-dire le simple résultat de Timagination du sensitif, ou est-elle objective, c'est-à-dire Faction d'une cause matérielle externe, et, dans cette dernière hypothèse, quelle peut être cette cause ? Tels sont les termes du problème que je me suis proposé de résoudre en employant les ressources que fournissent les connaissances physiques actuelles et les précautions qu'exigent des recherches aussi déli<!ates.
J'ai eu la bonne fortune de pouvoir m'assocîer comme collaborateur un physicien distingué, M. C. ; il a bien voulu rédiger lui-même le compte rendu de nos travaux, mais^ occupant comme moi une position officielle, il préfère ne pas être nommé pour éviter les appréciations malveillantes de ceux qui sont complètement étrangers au genre de recherches qui nous occupe.
Dans ce compte rendu .on a évité de faire des rapprochements avec ce qui avait été trouvé par d'autres expérimentateurs ; M. C. ignorait du reste tout à fait l'historique .de la question, et nous avions convenu que je n'y ferais aucune allusion pour éviter d'influencer sa manière d'opérer ; quand il parle de ce que voient les sujets, il ne s'agit que de ceux sur lesquels nous avons opéré ensemble.
C'est au lecteur à comparer nos résultats avec ceux qui ont été décrits en détail dans les ouvrages que j'ai cités plus haut.
10 L'EXTÉRJOaiSATIOHf Dff LA SENSIBILITÉ
U PROGRAMME DE. UÉJUD£
Le problème tel qu'il vient d'être posé demande une solution nette pour les sept questions suivantes :
Première question. — Y a-t-il perception d'un phénomène réel, ou bien la description faite par le sujet est-elle due à sa mauvaise foi ou à un travail de son imagination? S'il n'y a là que tromperie ou hallucination, la cause se trouve immédiatement jugée, et il n'y a pas besoin d'aller plus loin. Si, au contraire, on parvient à constater que les descriptions da sujet correspondent à quelque chose de réel, qui persiste d'une façon indubitable dans de nombreuses expériences oii l'on exerce sur le sujet un contrôle rigoureux, fondé sur des procédés scientifiques dont il ne peut avoir connaissance, on dispose alors d'un terrain solide pour asseoir la base de l'édifice;
Deuxième qu£stion. — La deuxième question vient alors immédiatement à l'esprit : S'il y a phénomène réel, par quel orgame se fait sa perception^ Il ne: faudrait pas^ en effet, trop se presser de conclure que, puisqu'il s'agit d'un phénomène appartenant à la catégorie de ceux que nous appelons lumineux, la perception doit forcément en être eflfectués par la voie de la rétine ; il est possible qu'elle s'effectue, dans certaines conditions, par une autre voie (on peut citer le phénomène de l'audition colorée) ; — et, lorsqu'il s'agit de l'hypnose, c'est-à-dire d'un état qui apporte de si pro-
OBJECTIVITÉ IXES EFFLUVES il
fondes modifications dans la sensibilité des différentes parties du système nerveux, il n'est pas hors dé propos de chercher à fixer Torgane par lequel s'effectue la perception de l'effluve.
Troisième question. — Cet organe de perception donne à chaque sujet une sensation, qui peut dépendre de la nature même du phénomène et du tempérament propre de chaque individu. Il est indispensable de savoir comment ces différentes influences sont susceptibles d'agir sur les descriptions données par chaque sujet.
Quatrième question. — Il est naturel de penser aussi que l'effluve, s'il existe^ peut encore présenter certaines propriétés variables suivant le genre de force qui le produit ; on est ainsi amené à déterminer l'influence dès différentes formes de l'énergie.
Cinquième question. — L'hypnose comporte un certain nombre d'étals différents; la perception de l'effluve, si elle est réeUe, varie-t-elle si l'on place le sujet dans tel ou tel de . ces états? 11 est nécessaire de résoudre cette question pour qu'on puisse placer le sujet dans les conditions les plus convenables à l'expérience.
Sixième question. — Une question très grave consiste dans l'influence qu'une suggestion pourrait exercer sur la façon dont le sujet décrit l'effluve. Nous entendons ici par suggestion une idée dirigeante et persistante imprimée dans le cerveau du sujet par des actes ou par des paroles • antérieurement au moment oit il donne les descriptions de l'effluve. De la réponse à cette question doit résulter
rindication des précautions à prendre, s'il y a lien, pour se mettre à Tabri 4*une sérieuse cause d'erreur .
Septième question, — Enfin on doit se demander s'il n'existe pas quelque difficulté ou même quelque impossibilité d'interprétation de la production et de la perception de Teffluve au point de vue théorique. Autrement dit, la production et la perception de Teffluve peuvent-elles s'expliquer par nos connaissances scientifiques actuelles? C'est par l'examen de cette question que nous terminerons ce travail.
Le programme de notre étude étant ainsi bien défini, nous allons exposer les réponses que nos expériences et le raisonnement apportent à ces différentes questions.
PREMIÈRE question
T a-t-il perception d'un phénomène réel 7
Pour résoudre cette question, nous avons institué un certain nombre d'expériences, dont les conditions étaient combinées de telle sorte qu'il fût impossible au sujet de s'en rendre compte ; ces expériences étaient l'application de certaines lois physiques nettement caractérisées, ne laissant pas place au moindre doute sur le résultat à obtenir.
De plus, afin de nous mettre à l'abri de toute cause d'erreur pouvant provenir d'une suggestion subie par le sujet, aucune parole susceptible de l'influencer n'était prononcée devant lui, soit à l'état de veille, soit à l'état hypnotique. On lui posait seulement la question : c Que voyezvous ? >
Enfin, pour écarter toute idée dé suggestion, même involontaire, les . attributions des deux opérateurs étaient nettement séparées : M. de Rochas s'occupait de placer le sujet dans Tétat convenable ; M. C. exécutait les opérations à rinsu du sujet et aussi de M. de Rochas, sans s'occuper en aucune façon de la partie hypnotique.
Comme le détail de toutes ces expériences nous entraînerait trop loin, nous le donnerons seulement pour celles qui sont la réalisation de trois principes de physique dont les résultats sont très nettement caractérisés; ce sont: l'aimantation par un courant, la réfraction et la polarisation de la lumière.
Elles furent exécutées avec l'aide d'un sujet, M. Albert L.> présentant cette particularité remarquable qu'il pouvait dessiner et peindre,; au moment même de l'observation et d'après nature, les effluves qu'il disait apercevoir.
Nous avions ainsi, au lieu de descriptions verbales, forcément vagues et incomplètes, des dessins coloriés, précis, montrant tous les détails de ce que le sujet prétendait voir.
a) Électro-aimant. — Le premier des principes appliqués est celui de l'électro-aimant.
- Voici le dispositif de l'expérience .
' Une tige de fer cylindrique est placée à l'intérieur d'une jK)bine de fil de cuivre isolé, dont les deux extrémités sont reliées par deux fils de cuivre à deux bornes fixées sur une planchette; deux autres bornes, fixées sur la même planchette, communiquent par deux fils de cuivre avec les deux pôles d'une pile au bichromate de potasse à un liquide (genre bouteille). Quatre ressorts, reliés à ces quatre bornes, appuient sur un cylindre à substance isolante dans lequel sont incrustées deux plaques de cuivre;
iA L'EXTÉmORISATION DE LA SENSIBILITÉ
en tournant ce cylindre dans différentes positions, on peut réaliser les combinaisons suivantes : communication des deux pôles de la pile avec les deux extrémités de la bobine, e'^t-à-dire passage du courant dans un certain sens; — on suppression de toute communication entre la pile et la bobine, c'est-à-dire interruption du courant; —ou communication des deux pôles de la pile avec les deux autres extrémités de la bobine, c'est-à-dire passage du courant en sens contraire du premier. {PL IV, fig. i.)
Les conducteurs établissant la liaison de la bobine et de la pile avec les bornes de la planchette étaient emmêlés les uns dans les autres (ils étaient recouverts.de gutta-percha) de façon à dissimuler complètement le sens du courant au sujet qui, d'ailleurs, ne pouvait pas davantage se rendre compte de la position du commutateur.
Le mécanisme de chaque expérience était le suivant :
On faisait tourner le commutateur, et on l'arrêtait dans une position quelconque, sans chercher à déterminer cette position ; le sujet, amené à l'état hypnotique, était placé devant l'électro-aimant.
La séance avait lieu entre 2 et 4 heures de l'après-midi, et la lumière était celle du jour amortie par un store.
Le sujet faisait sa description; puis on approchait successivement des deux extrémités du noyau de fer de l'électro-aimant une petite boussole breloque tenue dans le creux de la main, que le sujet ne pouvait voir; et d'ailleurs Taurait-il vue que cette indication lui aurait été inutile, puisque, à ce moment, la description était déjà faite et enregistrée.
On déterminait ainsi si le courant passait ou non et, dans le cas de l'affirmative, quels étaient la nature des pôles et le sens du courant.
OBJECTIVITÉ DES EFFLUVES dS
Cette expérience a été exécutée un grand nombre de fois (vingt-deux), séparées tantôt par quelques minutes pendant lesquelles on révefflaît le sujet pour quelques instants de repos, tantôt par des intervalles de phisieurs jours.
Les descriptions du sujet ont toujours été en concordance avec le phénomène xéellement produit ; dans vhaque série, c'est-à-dire powrnm même état du sujet, elles indiquaient : un effluve bleu à ime extrémité du noyau et un effluve rouge à Tac^re toutes les ibis que le courant passait dans la bobine ; im mélange de bleu et de rouge à Chaque extrémité lorsque le sens du courant était brnsquement inversé ; puis, au bout de quelques secondes, un renversement des colorations des effluves, c'est-à-dire la substitution d'un effluve bleu à un rouge, et réciproquement ; enfin, plus rien si le courant était interrompu.
L'interruption fut produite aussi plusieurs fois sans toucher au commutateur, en détachant, à Tinsu du sujet, un des fils de communication; aussitôt le sujet déclara qu'il ne voyait plus rien.
On chercha encore à supprimer le courant en relevant les zincs de la pile de .façon à les amener en dehors du liquide : on pensait ainsi dérouter le sujet ; puisque le courant ne devait plus exister, le sujet jie devait ^plus rien voir. Or celui-ci déclara qu'il voyait toujours les deux effluves. La boussole fut approchée et indiqua qu'il y avait en effet une polarisation encore lénergique du noyau de fer et, par conséquent, un courant très appréciable. On examina alors la pile, et il fut facile de constater que ce courant était dû à des gouttes de liquide qui avaient été entraînées par les zincs et qui étaient restées adhérentes aux pièces d'ébonite destinées à séparer les zincs des charibons ; ces gouttes étaient en contact avec les zincs et les
charbons, et suffisaient pour prolonger raclivité de la pile, ainsi que le montrait bien nettement le jeu du commutateur. Dans certaines expériences, dont le détail estindiqué plus loin (voir Sixième question)^ un fil de cuivre isolé fut enroulé autour d'un noyau d'acier, puis mis en communication avec les deux pôles de la pile, à Tinsu du sujet. Au moment de rétablissement du courant, L. accusa le développement de deux effluves aux deux extrémités du barreau; ces deux effluves persistèrent ensuite après la suppression du courant. Il était cependant impossible que !.. pût distinguer dans ces deux cas le fer doux et Tacier.
b) Réfraction. — Le deuxième principe utilisé est celui de la réfraction de la lumière, qui permet de séparer et d'analyser les radiations lumineuses d'après leurs Ion- -gueurs d'onde ou, ce qui revient au même, . d'après leur nombre de vibrations par seconde.
Nous nous sommes servis, pour cela, d'un spectroscope composé d'un collimateur, d'un prisme et d'une lunette. En plaçant une source de lumière J)lanche devant la fente •du collimateur, et en inclinant l'oculaire à droite ou à gauche sur l'axe de la lunette au moyen d'un pignon, on pouvait amener dans le champ de la lunette telle ou telle partie du spectre. Si l'on inclinait l'oculaire à gauche, on pouvait isoler les radiations rouges; si on l'inclinait à droite, on n'avait plus que les radiations bleues et violettes. .
11 était ainsi facile de contrôler par la position de l'oculaire la nature des colorations que le sujet disait voir dans la lunette lorsqu'on plaçait devant Ja fente des effluves suf- -fisamment intenses. ^^
Pour bien comprendre ce qui va suivre, il faut remarquer
qu^un même sijuet n'attribue pas toujours la même colora* tion au même effluve ni, en gâiéral, à une source lumineuse quelconque parmi celles qu'un individu à l'état nor«> mal peut percevoir.
Cette coloration varie suivant l'état et le degré de fatigue . du sujet. Ainsi, un pôle nord d'un même aimant pourra être vu tantôt bleu, tantôt rouge, dans des séries différentes d'expériences. De même, le spectre (i), vu directement ou par projection sur un écran, est perçu tantôt de la façon normale, tantôt à l'envers avec le violet à la place du rouge et réciproquement. (Voir Troisième question.)
Cela posé, voici les expériences que nous avons exécu^ tées avec le spectroscope.
Pour toutes, on faisait dans le local une demi-obscurité, plus favorable au sujet L. que l'obscurité complète pour la perception et la description des effluves.
Dans une première série, nous disposons en avant et un peu en dessous de la fente du collimateur un barreau aimanté de force moyenne ; le sujet ne voit rien.
Le barreau est remplacé par une lampe à gaz ; le sujet voit alors le spectre, mais inversé. On déplace l'oculaire de façon à isoler le bleu et le violet; L. voit rouge* On isole ensuite le rouge ; L. voit violet.
Celle expérience, répétée plusieurs fois de suite, donne toujours le même résultat.
Pendant que le sujet observe dans la lunette, l'oculaire étant disposé pour ne recevoir que le bleu et le violet réels, M. de Rochas place l'extrémité des doigts en avant et un peu en dessous de la fente. Le sujet déclare que la lumière, qu'il voyait rouge, est devenu^^violette.
(1) La source lumineuse était la flamme d*une lampe à gaz.
On déplace légèrement les doigts à Tinsu de L., de façon à changer la direction de Teffluve et à le détourner du champ de la fente. Le sujet déclare aussitôt que la lumière redevient rouge. On répète cette expérience plusieurs fois, toujours avec le même résultat.
Or cette substitution d'une sensation violette à une sensation rouge ne peut se produire que si à cette sensation rouge vient s'en ajouter une autre, bleue ou violette ; il faut en conclure que l'atmosphère de Textrémité des doigts émet des radiations donnant à L. une sensation bleue ou violette ; cela est, en effet, vérifié par les descriptions du sujet, qui voit en bleu, plus ou moins violacé, les extrémités des doigts. On peut même aller plus loin : puisque la position actuelle de l'oculaire ne permet de recevoir que les radiations ayant réellement une coloration bleue ou violette, on est en droit de conclure de cette expérience que l'atmosphère de l'extrémité des doigts émet en réalité des : radiations dont la longueur d'onde est voisine de celles du bleu et du violet.
Nous fûmes ainsi amenés à penser que, si le sujet n'avait rien vu dans le spectroscope avec un aimant de force moyenne, bien que la fente fût ouverte autant que possible, cela tenait sans doute à ce que les effluves de cet aimant (auxquels L. attribuait seulement une longueur de 1 à 2 centimètres) n'étaient pas assez intenses pour le degré, relativement modéré, de sensibilité du sujet.
L'expérience fut donc reprise dans une autre séance, en employant cette fois un très gros aimant en fer à cheval (1 ).
Le spectroscope fut d'abord placé de telle façon que l'axe de l'appareil passât un -peu au-dessus du pôle nord, la fente
Cet ahnant, composé de 6 lames, peut supporter 250 kilos.
du collimateur étant amenée à quelques centimètres en avant du prolongement de la face verticale antérieure de Tnimant ; les deux branches de celuî*ci étaient verticales. Dans ces conditions, sll y avait effluve, il devait être vertical au-dessus du t)ôle et jouer, par rapport au spectroscope, le même rôle qu'une flamme.
Une demi-obscurité régnait dans le local, et une étoffe d'un noir mat, tendue de Tautre côté de Taimant, arrêtait toute radiation étrangère qui aurait pu s'introduire dans Tappareil.
On vérifia d'abord que l'œil normal, placé devant l'oculaire de la lunette, ne recevait pas de lumière, même en disposant un papier blanc devant la fente.
Voici maintenant le détail des observations faites :
Le sujet regarde dans la lunette; on déplace, au moyen du pignon, l'oculaire à droite; le sujet dit apercevoir une coloration bleue très vive. On amène l'oculaire vers la gauche le bleu diminue, et la coloration tend vers un rouge peu intense.
Pendant que le sujet a l'œil à la lunette, on déplace légèrement l'appareil de façon que son axe passe à côté de l'effluve; le sujet déclare aussitôt qu'il ne voit plus rien.
On continue le mouvement, et l'axe de l'appareil vient passer au-dessus du pôle sud. L'oculaire est alors à gauche. Le sujet déclare qu'il voit une vive coloration rouge. On amène l'oculaire à droite ; le rouge diminue d'éclat et fait place à un bleu plus intense.
On revient au pôle nord, en passant par l'intervalle entre les deux branches, et on obtient encore le même résultat.
Le spectroscope est enlevé. Le sujet, amené devant l'aimant, décrit deux effluves, hauts de 20 à 30 centimètres,
âO l'extériorisation de la sensirilité
Tun bleu au-dessus du pôle nord, Tautre rouge au-dessus du pôle Sud.
On passe à d'autres expériences, on réveille le sujet, qui prend quelques minutes de repos ; puis on le remet dans rétat hypnotique. Il est ramené au spectroscope, et on répète Texpérience ; il voit toujours comme précédemment.
c) Polarisation. — Deux prismes de Nicol, montés sur pieds, étaient placés Tun devant l'autre, et chacun pouvait tourner dans sa monture autour de son axe. A chaque position du polariseur correspondaient deux positions déterminées de ranalyseur qui produisaient Textinction de la lumière traversant le système, et deux autres positions, à 90 degrés de celles-là, donnant le maximum de lumière; et réciproquement.
Cet ensemble était disposé devant le gros aimant et dirigé successivement au-dessus des deux pôles. Le local était peu éclairé, et une étoffe d'un noir mat était tendue en arrière de l'aimant. Ce fond était assez absorbant pour que l'œil, placé en arrière des deux Niçois, ne pût établir une différence entre les différentes positions du polariseur et de l'analyseur.
On prenait encore la précaution de diriger l'axe du système à une hauteur suffisante au-dessus des pôles pour qu'il fût impossible d'apercevoir dans le champ les branches de l'aimant.
Il n'y avait donc, dans le champ de l'appareil, que Téci^an noir, devant lequel pouvait apparaître seulement l'un ou l'autre des deux effluves.
Le sujet L, dans l'état hypnotique, regarde dans l'appareil, qui est dirigé au-dessus du pôle nord, et voit le champ éclairé en bleu. On tourne le polariseur de différentes
façons sans aucun ordre régulier ; L. décrit très nettement des extinctions et des renforcements très vifs de lumière bleue, avec des variations intermédiaires et régulières d^éclat d'une position à Tautre; les descriptions, faites sans la moindre hésitation, correspondaient à des positions, bien déterminées et toujours les mêmes, du polariseur, l'analyseur restant fixe.
Ces positions furent repérées sur la monture, et, en plaçant ensuite un papier blanc dans le champ, nous pûmes constater que les descriptions de L. étaient bien d'accord avec les positions réelles des extinctions et des maxima de lumière.
L'appareil fut ensuite dirigé au-dessus du pôle sud. Le sujet indiqua alors qu'il voyait une lumière rouge ; la rotation du polariseur produisait les mêmes effets et les mêmes variations que dans le cas précédent et dans les mêmes positions.
Pendant que L. regardait, le polariseur fut légèrement déplacé de façon à être dévié de la direction de l'effluve ; aussitôt L. déclara qu'il ne voyait plus rien, et cela dans n'importe quelle position de la rotation du polariseur.
Ces expériences furent répétées un grand nombre de fois et donnèrent toujours les mêmes résultats concordants et conformes aux lois de la polarisation, bien qu'on fit tourner tantôt le polariseur, tantôt l'analyseur, et qu'on changeât à chaque instant, d'une façon absolument irrégulière, la vitesse et le sens delà rotation.
Il faut remarquer d'ailleurs que les positions d'extinction et de maximum de lumière donnés par la rotation d'un des deux Niçois dépendent de la position de l'autre. Il suffisait donc de donner une nouvelle orientation au Nicol fixe pour changer les positions de minimum et de maximum
22 l'extébiousjltiq5 bk la ss^isbilité
données par la roiaiim da >icol ■K>bîle. Ces changanaits étaient Êdts à Ilosa do snjet.
Rêsmmé, — Oa Toit donc que :
a) An nioyen de Félectro-aimant, noos bisons naître, on noos sopprimons, oo nous interrertissons à Tolonlé, à Tinsa du sujet, les pôles magnétiques du noyau de fer doux ; non seulement les descriptions de TefAuTe concordent parfeitement arec ces opérations, dans les Tingt-deux expériences exécutéeJ> mais le sujet constate même le passage du courant à un moment où l'opérateur croyait TaYoir supprimé.
Avec un noyau d'acier, que le sujet ne pouvait cependant pas distinguer du fer doux, des effluves décrits au moment du passage du courant persistent ensuite.
b) L'extrémité des doigts et les pôles d'un aimant puis> sant, placés devant la fente du spectroscope, donnent lieu à des colorations très nettes ; on vérifie que la description de chaque coloration concorde bien avec la position de Toculaire que permet seule d'admettre dans le champ la radiation lumineuse correspondante ; on vérifie aussi que le sujet ne voit plus rien dès que, à son insu, on éloigne et Ton détourne de la fente du spectroscope ce qui est, d'après les descriptions antérieures du sujet, l'emplacement de l'effluve.
e) L'axe commun de deux Niçois est dirigé an-dessus des pôles du gros aimant, avec les précautions nécessaires pour que le champ ne contienne autre chose qu'im fond sombre; L. voit ce champ éclairé en bleu au-dessus du pôle nord et en rouge au-dessus du pôle sud. Si on fait tourner le polariseur ou l'analyseur, L. décrit très nettement, et sans aucune hésitation, des variations d'intensité de ces lumières,,
et on constate que les pcâîtlons des itiaKinià et miûLma liéci-îls conespondeal bîea à eelles qui résultent des loîs de la polarisation.
Si Tappareil est dévié de la direction des pôles, L. ne voit plus rien.
Ces expériences, répétées un grand nombre de fois, dans des conditions très variées, ont constamment donné le même résultat.
En présence de ces trois ordres de faits, et eu égard aux conditions dans lesquelles ils se soiat produits, il nous semble difficile de ne pas conclure à Texistence de Teffluve.