‹ L'habit de MylordChapitre 13 sur 43 · VOUS · texte numérisé non relu

VOUS

PETERS

Pas mal... Mais je demande ce que désire Monsieur?..

Ce que je désire ?.. Oui... Ah : dame !.. (a part.) Je désirerais beaucoup de choses., entre autres, un bon déjeuner, mais sans argent...

JENNY

Il a Tair tout embarrassé! Mon père, il faudrait lui dire que nous sommes au fait.

PETERS

Tu as raison .. (a John.) Monsieur, vous pouvez avoir confiance en nous.

JOHN, hésitant d'abord.

Je puis... Ma foi! je le crois; vous m*avez Tair de braves gens, et, tenez, je vais vous dire tout bonnement la chose...

(il se dispose à parler.) Je...

PETERS, rarrêtant.

Pardon ! un moment !.. (Il fait signe à sa fille. — II» vont voir au fond et ?ur les côtés si personne n'écoule ou ne vient. John les regarde faire avec stupéfaction, puis ils reviennent, avancent un fauteuil et l'invitent à g'asseoir.) JOHN.

Ah ! vous me confusion nez!., (llse campe dans le fauteuil, puis, remarquant que Pt;ters et Jenny sont debout devant lui, il se relève vivement.) UehOUt î

devant moi !

PETERS

C'est mon devoir !

JOHN

Oh ! non ! oh ! non ! je ne le souffrirai pas. (U va prendre deux

chaises et les apporre rrès du fauteuil.) Là ! JENNY.

Oh ! jamais !..

Si! .

Nous ne pouvons !

Je le veux !

Si vous Tordonnez.,

JOHN

PETERS

JOHN

JENNY

JOHN

Je l'ordonne ! (cérémonies pour s'asseoir les premiers. — Enfin, ils sont assis.)

iO l'habit be mylord.

JOHN

J'arrive de France...

JENNY, étonnée/

De France 1

PETERSy riaiït à part.

Il dissimule \

JOHN

De France, où je rasais le public... les hommes... à la satisfaction générale des mentons les plus difficiles...

PETERS, riant.

Ah! vous êtes barbier?..

JOHN

Je coiffais aussi les dames... (à Jenny.) Mais je n'ai jamais tressé d'aussi beaux cheveux que les vôtres !..

JENNY, riant.

Ah! vous êtes coiffeur?..

PETERS, à part. ^.

il dissimule toujours.

JOHN

Donc, barbier-coiffeur, distingué par le surnom de bel Anglais que m'avaient décerné les soubrettes, je jouissais à Paris de toute la considération due au mérite, lorsque j'apprends que j'ai eu le bienheureux malheur de perdre, à Londres, un oncle très-cher, car il était très-riche. A l'instant, donnant une larme à sa mémoire, je m'embarque pour recueillir cette succession... rondelette. En arrivant, hier, je cours à l'avantdernière demeure du défunt, jolie bicoque ! je m'y installe, je m'y établis douillettement dans son apparteruent, dans son lit, où je me livrais aux rêves les plus dorés, quand, ce matin, je suis réveillé par une grêle de coups de poing à l'anglaise, de la pire espèce !.. C'était un cousin... un chapelier qui se prétend l'héritier !.. Je rispote d'abord à ses prétentions et à ses gourmades ; mais il appelle à son aide ses garçons... Le maître chapelier m'avait tapé, les garçons m'allaient retaper !.. Oh ! ma foi, ne pouvant faire tète à tant de poings, je prends mon courage à deux mains, mes habits sous mon bras, mes jambes à mon cou, et je tne sauve ici...

Voilà mon histoire ! (Pendant le récit, Ptiters et Jenny sa sont plusieurs fois regardés en riant. Ils se lèvent tous trois.)

PETERS

Oui, mylord... ( John regarde autour de lui.) Oui. mylord, VOUS

nous avez conté une histoire, mais ce n'est pas la vôtre...

JOHN

Comment ! Je vous assure bien...

JENNY

Mylord aurait dû réfléchir que son récit ne s'accorde guère avec son costume.

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