‹ L'habit de noce operacomique en un acte paroles de MM. D'Ennery et BignonChapitre 7 sur 27 · REYNOLL), JEAN, CATHERINE, MINA · texte numérisé non relu

REYNOLL), JEAN, CATHERINE, MINA

CATHKI1NR.

Maintenant, parlez vite, ditos-nous de quoi l'on vous accuse.

REYNOLD

Écoutes donc. — • J’avais quitté, depuis cinq jours, mon régiment, qui est à cinquante lieues d'ici. Je revenais Pâme joyeuse, le cœur rempli d’une douce espérance. J’allais revoir de bons ainis.. une jeune fille que j'aimais en secret depuis longtemps, et ù qui je pouvais enfin dévoiler cet amour, car mon vieil oncle venait de me laisser, en mourant, plus d’argent qu’il n’en fallait pour me racheter, et pour lui assurer, à elle, une existence heureuse. Je saluais, avec bonheur, chacun des lieux témoins des premiers jeux de mon enfance... Tout à coup, un chamois se présente à mes yeux... Sans me rappeler que je suis dans les bois de Son Altesse, je couche l’animal en joue, le coup part; mais une main s’était appuyée sur mon épaule, et avait fait dévier la balle, — C’était un garde de Son Altesse, qui voulait m’arrêter. — Une lutte s’engage entic nous, et je parviens à m’enfuir dans un épais taillis... Tout à coup j’entends de grands cris... On fouillait le bois en tous sens, et des seigneurs, suivis de soldats qui s’arrêtèrent auprès de moi , prononcèrent ces terribles paroles : « La balle du misérable braconnier est entrée dans le pavillon de chasse, elle a traversé le front de Son Altesse le grand-duc. »

TOUS

Le grand-duc!

JEAN

Il a tué le grand-duc!

REYNOLD

A ces mots, j’ai pris de nouveau ma course; mais j’avais été aperçu j les soldats se sont mis à ma poursuite. Us seront Ici dans un instant, et je vous aurai revus, mes amis, pour la dernière fois.

CATHERINE

Non, non, nous vous donnerons un asile, nous vous cacherons.

JEAN

Certainement, nous vous cacherons... chez Mina.

MINA

Chez moi!... un jeune homme, par exemple!

REYNOLP.

Ils visiteront vos maisons.

Catherin*;,

Que faire, alors?... Mais cherchez donc, Jean, cherchez donc..

SCÉtfï vit.

SCHLAWAG.

Schwartz, prenez avec vous quatre hommes, et continuez les poursuites... moi, je surveillerai ce canton... je répandrai mes hommes dans le village, et en attendant, mes amis... je reste à votre noce !

JEAN

H reste!... ah ! bonté divine!...

MINA, avec joie.

Il reste!...

CATHERINE

Comment... vous... restez...

SCHLAWAG.

Cela vous fait plaisir, mon enfant ?...

CATHERINE

Oui... oui... certes...

SCHLAWAG.

Et à vous aussi, M. le marié?

REÏNOLD.

Moi?... je suis enchanté...

SCHLAWAG.

Mais soyez sans crainte, nous n’attristeront pas votre noce et nous payerons notre écot... en chansons...

JEAN, à part.

Qu’est-ce que nous allons devenir?...

SCHLAWAG.

De ce côté là, je suis en fonds, et je ne fais pas d’économies ; et tenez, pour preuve, je commence.

JEAN

Ah ! mais, je vais tout dire, moi.

SCHLAWAG.

Taisez-vous donc, domestique.

JEAN

Encore !...

SCHLAWAG.

Attention. La chanson des hussards hongrois.

Page 1