REYNOLL), JEAN, CATHERINE, MINA
CATHKI1NR.
Maintenant, parlez vite, ditos-nous de quoi l'on vous accuse.
REYNOLD
Écoutes donc. — • J’avais quitté, depuis cinq jours, mon régiment, qui est à cinquante lieues d'ici. Je revenais Pâme joyeuse, le cœur rempli d’une douce espérance. J’allais revoir de bons ainis.. une jeune fille que j'aimais en secret depuis longtemps, et ù qui je pouvais enfin dévoiler cet amour, car mon vieil oncle venait de me laisser, en mourant, plus d’argent qu’il n’en fallait pour me racheter, et pour lui assurer, à elle, une existence heureuse. Je saluais, avec bonheur, chacun des lieux témoins des premiers jeux de mon enfance... Tout à coup, un chamois se présente à mes yeux... Sans me rappeler que je suis dans les bois de Son Altesse, je couche l’animal en joue, le coup part; mais une main s’était appuyée sur mon épaule, et avait fait dévier la balle, — C’était un garde de Son Altesse, qui voulait m’arrêter. — Une lutte s’engage entic nous, et je parviens à m’enfuir dans un épais taillis... Tout à coup j’entends de grands cris... On fouillait le bois en tous sens, et des seigneurs, suivis de soldats qui s’arrêtèrent auprès de moi , prononcèrent ces terribles paroles : « La balle du misérable braconnier est entrée dans le pavillon de chasse, elle a traversé le front de Son Altesse le grand-duc. »
TOUS
Le grand-duc!
JEAN
Il a tué le grand-duc!
REYNOLD
A ces mots, j’ai pris de nouveau ma course; mais j’avais été aperçu j les soldats se sont mis à ma poursuite. Us seront Ici dans un instant, et je vous aurai revus, mes amis, pour la dernière fois.
CATHERINE
Non, non, nous vous donnerons un asile, nous vous cacherons.
JEAN
Certainement, nous vous cacherons... chez Mina.
MINA
Chez moi!... un jeune homme, par exemple!
REYNOLP.
Ils visiteront vos maisons.
Catherin*;,
Que faire, alors?... Mais cherchez donc, Jean, cherchez donc..
SCÉtfï vit.
SCHLAWAG.
Schwartz, prenez avec vous quatre hommes, et continuez les poursuites... moi, je surveillerai ce canton... je répandrai mes hommes dans le village, et en attendant, mes amis... je reste à votre noce !
JEAN
H reste!... ah ! bonté divine!...
MINA, avec joie.
Il reste!...
CATHERINE
Comment... vous... restez...
SCHLAWAG.
Cela vous fait plaisir, mon enfant ?...
CATHERINE
Oui... oui... certes...
SCHLAWAG.
Et à vous aussi, M. le marié?
REÏNOLD.
Moi?... je suis enchanté...
SCHLAWAG.
Mais soyez sans crainte, nous n’attristeront pas votre noce et nous payerons notre écot... en chansons...
JEAN, à part.
Qu’est-ce que nous allons devenir?...
SCHLAWAG.
De ce côté là, je suis en fonds, et je ne fais pas d’économies ; et tenez, pour preuve, je commence.
JEAN
Ah ! mais, je vais tout dire, moi.
SCHLAWAG.
Taisez-vous donc, domestique.
JEAN
Encore !...
SCHLAWAG.
Attention. La chanson des hussards hongrois.