‹ L'habitant de Québec; La noblesse canadienne-française: conférences prononcées à Toronto devant l'Empire Club et le Women's Canadian Club le 27 avril 1922Chapitre 2 sur 2 · PATRIOTE · texte numérisé non relu

PATRIOTE

“The Gazette ”, Montreal, 29 avril 1922.

Dans sa conference devant l’Empire Club, a Toronto, le premier ministre Taschereau a fait voir Quebec tel qu’il est. II n’a presente ni excuses ni defense, parce que Quebec n’a besoin ni d’etre excuse ni d’etre defendu. II a simplement cite les faits, des faits qui sont aussi veridiques qu’indiscutables.

Le portrait qu’a trace M. Taschereau de l’habitant etait aussi fidele qu’eloquemment presente, et il devrait contribuer largement a tirer les gens de l’Ontario des preventions qu’ils gardent en leur esprit sur le compte du paysan canadien-fran§ais, qui ne manque ni d’instruction ni d’esprit de progres, bien que ses coutumes different de celles de ses voisins.

Les statistiques qu’a citees le premier ministre montrent que Quebec est certainement a la hauteur des autres provinces en agriculture. Au point de vue de la moralite, de l’instruction et de l’esprit de travail, le Canadian frangais est au moins l’egal de ses compatriotes des autres provinces, et ceux qui vient dans Quebec savent mieux que quiconque combien cette province est en avant des autres au point de vue de la tolerance religieuse.

La presence d’une race si profondement attachee au sol comporte une reconfortante garantie de permanence national, et cette race est un veritable actif.

M. Taschereau a rendu service non seulement a sa province, mais a tout le Dominion, en s’appuyant sur d’aussi convaincantes donnees pour demander que l’amitie et la bonne foi regnent entre les provinces.

“The Globe”, Toronto, 28 avril 1922.

Le premier ministre de Quebec agit en bon voisin et fait oeuvre d’utilite publique en venant a Toronto discuter les problemes nationaux et les affaires de sa province.

II devrait y avoir plus souvent de ces contacts person-

nels entre l’Ontario et le Quebec, et peut-etre les hommes publics ontariens pourront-ils avec le temps rendre la reciproque en parlant aussi bien le franqais que M. Taschereau parle l’anglais.

“The Saturday Night”, Toronto, 20 mai 1922.

II est interessant de noter que, dans sa conference devant 1’Empire Club, l’honorable M. Taschereau n’a cache sa fagon de penser sur aucun des points qui se rattachaient a. son sujet.

M. Taschereau n’a pas dissimule son affection et son respect pour le clerge catholique romain de Quebec, et il a pris soin de rappeler a ses auditeurs que c’est ce clerge vertueux et instruit qui a contribue a conserver le Canada a l’Angleterre en 1776 et 1812.

Son expose de ce que represente au point de vue economique et social, non seulement pour Quebec, mais pour tout le Canada, un clerge qui enseigne les vertus chretiennes et la fidelite envers le Souverain, a ete applaudi par un auditoire presque exclusivement compose de Protestants.

“The Spectator” , Hamilton, 3 mai 1922.

Le premier ministre Taschereau de Quebec, rappelle un peu au physique le marquis de Lansdowne. La ressemblance qui existe entre ce diplomate anglais et l’homme d’etat quebecquois tient sans doute au fait que la mere du marquis de Lansdowne etait franqaise.

M. Taschereau a un esprit humoristique delicieux, auquel s’attendait probablement peu son auditoire d’Ontariens, qui trop souvent s’imaginent que les Frangais n’ont pas ete fagonnes avec la meme argile que les autres.

En s’adressant aux membres de l’Empire Club, M. Taschereau n’a pu resister a la tentation de pousser quelques pointes de malice aux antagonistes irreductibles de l’Ontario, ce qui a eu le don de mettre tout le monde en gaiete. De fait,

tout ce discours a laisse l’impression que le premier ministre frangais comprend TOntario beaucoup mieux que l’Ontario ne comprend Quebec.

M. Taschereau est un gentilhomme, et son langage comme ses manieres ont la saveur de l’ancien regime.

II a particulierement insiste sur le besoin d’apprendre a nous mieux connaitre reciproquement, et de ne pas tou jours renvoyer l’accomplissement de ce devoir au lendemain. Nous vivons a une epoque de conferences, de reunions autour d’une table de conseil, de discussions libres et tranches. II se peut que les conferences interprovinciales soient aussi importantes et aussi necessaires que les conferences internationales et interimperiales.

La province de Quebec a ete particulierement heureuse dans le choix de ceux qui ont ete appeles a la representer au sein de ces reunions intimes, mais nul n’a apporte un message plus reconfortant, plus sympathique et mieux inspire que celui dont nous sommes redevables au premier ministre actuel.

“The Recorder-Times” , Brockville, 2 mai 1922.

La conference du premier ministre Taschereau devant FEmpire Club de Toronto est une description, faite avec esprit et eloquence, de l’habitant comme actif national.

Cet expose pittoresque et instructif servira a faire mieux apprecier la population francaise du Canada.

“Canada”, Londres, 13 mai 1922.

Le premier ministre de Quebec a foumi, dans son eloquente conference de Toronto, une reponse decisive aux fausses conceptions qui ont cours sur sa province. L’habitant, dont il a fait son theme, a de nombreuses vertus, que peu de personnes voudront lui nier; et la population de la province de Quebec, constitue indiscutablement dans son

ensemble un aetif national, dont les autres parties du Canada ne devraient pas tarder a apprecier la valeur.

M. Taschereau a rendu un excellent service a ses compatriotes en s’oceupant de les faire mieux connaitre.

“Journal of Commerce” , Montreal, 5 mai 1922.

Le premier ministre Taschereau a dit a Toronto des choses qui demandaient a etre dites — et peut-etre plus qu’ailleurs dans la ville ou il se trouvait a parler.

II a reclame justice pour les Canadiens fran§ais, et cet appel, il Fa fait entendre dans une ville ou il n’est pas rare que Ton denigre a tue-tete nos compatriotes d’origine frangaise.

Le discours du premier ministre de Quebec ne renfermait rien qui ressemblat a des excuses. Par contre il contenait beaucoup de renseignements. Et Toronto, pour ne pas dire tout FOntario, a besoin de renseignements authentiques sur 1’habitant de Quebec.

La “Patrie”, 28 avril 1922.

Devant l’Empire Club de Toronto, l’honorable M. Taschereau a fait de Fhabitant, ainsi que Ton appelle le cultivateur de la province de Quebec, un portrait a la fois tres ressemblant et tres seduisant. Il a rehabilite notre humble laboureur, que tant d’observateurs inattentifs ou prejuges ont dans le passe represente a nos voisins comme un etre ignorant, routinier et surtout comme servilement docile a son clerge. Il Fa represente sous ses veritables traits, substituant ainsi a la fausse image que nombre de nos concitoyens d’Ontario meprisaient, une figure que tous se sentiront irresistiblement portes a admirer.

Et comme sous les traits de Fhabitant, c’est toute le province de Quebec dont notre premier ministre a montre la vraie figure, le vrai caractere et les vraies aspirations, M.

Tasehereau se trouve a avoir offert un merveilleux encouragement a la complete reconciliation et a la bonne entente entre les deux races. Doii viennent en effet tous les malentendus, toutes les mefiances que nous voyons a chaque occasion se manifester a 1’egard de notre province, sinon du fait que Ton ne nous connait pas ?

Ce portrait que M. Tasehereau a fait de l’habitant de la province de Quebec et du peuple de Quebec, devrait etre conserve et montre non seulement a quelques privileges de Toronto, mais a toutes les populations des provinces anglaises, afin qu’elles cessent de nous meconnaitre.

L’“ Action Catholique” , 27 avril 1922.

A Toronto, l’honorable M. Tasehereau, premier ministre de Quebec, representait la race canadienne-frangaise, et sa foi catholique. II l’a fait dignement. II ne s’est pas presente comme le visiteur obsequieux, cherchant a faire oublier sa faiblesse et son inferiority, mais en homme conscient de sa valeur et qui n’entend pas qu’on Foublie. II n’a pas eu un mot dont puissent s’offenser nos freres d’autres langues et d’autre foi ; mais il n’a pas recule non plus devant les affirmations necessaires qui, si elles nous montrent tels que nous sommes, ne vont pas sans porter les autres a faire certains retours plutot penibles sur eux-memes.

Notre premier ministre est reste debout devant Toronto; il s’y est montre le digne representant d’une race courtoise entre toutes, mais aussi fiere entre toutes, parce qu’elles est 1’egale des plus grandes et des plus nobles.

M. Tasehereau a surtout apporte a Toronto la preuve vivante de l’efficacite de la culture donnee par nos collegues aux generations qui se succedent dans leurs vieux murs, culture qui familiarise ceux qui la possedent avec l’analyse et la synthese, et leur permet de dominer les situations les plus complexes par la vue d’ensemble qui les eclaircit en les penetrant.

La “Voix du Sol”, U mai 1922.

M. Taschereau, premier ministre de la province de Quebec, a parle hier franc et net aux citoyens de Toronto. Au lieu d’excuser certaines caracteristiques de notre race comme le firent trop souvent, dans le passe, de nos hommes politiques, il s’est attache a demontrer que ces caracteristiques faisaient la superiority de la province de Quebec sur les autres provinces.

Certains de nos concitoyens de langue anglaise croient avoir jete la supreme insulte aux Canadiens-frangais en leur disant qu’ils se laissaient mener par leurs pretres. Rien de plus juste, de plus consolant, rien qui nous choque dans cette affirmation, car cet attachement et cette fidelity, en retour du devouement du pretre, ont fait la prosperity materielle et morale de la province de Quebec.

C’est ce que M. Taschereau a demontre hier a Toronto devant un auditoire d’elite. Statistiques criminelles et scolaires en main, il a prouve que, dans la province de Quebec, la criminality etait moindre que dans celle d’Ontario et que I’assistance scolaire y etait superieure.

Ces verites n’etaient peut-etre pas agreables a entendre, mais il etait bon qu’elles fussent dites a des Anglo-Canadiens par un homme de la position et du prestige de M. Taschereau.

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