‹ L'habitation byzantineChapitre 46 sur 58 · SIÈGES · texte numérisé non relu

SIÈGES

LA DECORATION ET LE MOBILIER

Siège

D'après un ivoire byzantin

(Musée South-Kensington, à Londres)

D'après un manuscril du xu" siècle Baldaquin {Bibliothèque nationale)

D'après une peinture murale à Atiiènes

Mosaïque de Sainte-Sophie {L'Art byzanlîir, par Bayet

D'après un ivoire (Musce de Munich)

LA DÉCORATION ET LE MOBILIER

Table et trône

D'après une mosaïque de SainL-Marc

(xn- siècle)

D'après un manuscrit du xn" siècle (Bibliothèque nationale)

'public) îsr t ites'v..<f

D'après une mosaïque de Saint-Vital, à Ravenne (vi= siècle)

D'après un coffret byzantin, x^ ou xi^ siècle (iMusée Kircher, à Rome)

L)'aprés une mosaïque (vi' siècle) de Sainl-Vital, à Ravenne

D'après un manuscrit, xii^ siècle (Bibliothèque nationale)

D'après une mosaïque de Saint-iMaïc, à Venise (.\ui° siècle'

LA DÉCORATION ET LE MOBILIER

Table et sièges du xiV siècle D'après un manuscrit byzantin (Bibliothèque nationale)

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M'^lmll'kHf^^/

D'après une mosaïque de Saint-Marc, xnf siëcW

D'après un diptyque en i\'oire, xi'' siècle (Palais Barbèiini, à Rome)

D'après une mosaïque de Saini-Marc, à Venise, xiii° siècle

LA DECORATION ET LE MOBILIER

ffl

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D'après une mosaïque de St-Viial à Ravenne (vi° siècle)

D'après un ivoii-e byzantin, x" ou xi" siècle

(Musée Kircher, à Rome)

D'après un ivoire byzantin, xi= siècle

(Musée de Souih-Kensingion , Londres) ^^ra^

D'après un manuscrit du x" siècle (Bibliothèque nationale)

D'après un manuscrit byzantin du xiv= siècle (Bibliothèque nationale)

D'après une mosaïque delà niiosquée Kahrié-Dja x)!" ou XIV" siècle

Constantinople

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TABLE, BANCS, VASES xiii= SIÈCLE — (Mosaïque de Saint-Marc, à Venise)

LIT ET VASES XI' SIÈCLE — (xVlosaïque du Monastère de Daphni)

LA DECORATION ET LE MOBILIER

Bibliothèque

D'après une mosaïque. \' siècle

fTombeau de Galla Placida. à Ravenne)

Siège, armoire, pcpitre

D'après un Évangéliaire xi' siècle

(Bibliothèque du Vatican)

D'après un manuscrit byzantin Bibliothèque nationale) ^--^P^'^^^ ARMOIRES ET BIBLIOTHÈQUES

Suspension

d'après une peintui-e

de l'église St-Clément

à Rome

{ix" siècle)

(Saint-Marc)

mosaïque de S''ApolIinare-Nuo

E mosaïque

de la

jsquée Kahrié-Djan:

à Constantinople

(xi"ou XIV* siècle)

lïque de S'-Marc

(xn^ siècle)

mosaïque

de Si'ApolIinara-Nuovc à Kavenne (vi* siècle)

LA DECORATION ET LE MOBILIER I95

forme et la décoration se prêteraient fort bien à une adaptation de ce genre.

Les armoires et les bibliotiièques, telles que nous les entendons, étaient rares et modestes; il en existait cependant, mais le placard était plus usité. Nous avons vu que dans les maisons de Syrie et dans le palais de Constantin PorphjTogénète, à B3'zance, on rencontrait de nombreuses niches utilisables comme placards. Les appartements impériaux, couverts de peintures et de mosaïques, ne comportaient certainement que fort peu de meubles meublants. Les effets et les objets précieux étaient conservés dans des vestiaires et des garde-meubles. On les y cherchait au moment voulu.

En somme, il y avait trois espèces de pièces dans les palais, comportant chacun un ameublement approprié : i° les vestibules, salles de réception et les salles à manger; 2° les chambres à coucher; 3° les oratoires. Les salies de la première série étaient garnies de bancs et de sièges en forme d'X. Les salles de réception avaient en plus un fauteuil-trône, avec ou sans baldaquin. Le reste de la décoration était fixe et surtout mural. Quand les salles devaient servir de salles à manger, on apportait des tables. Les chambres à coucher ne comprenaient qu'un lit ou des coffres, des sièges en forme d'X, peut-être une table.

Quant aux objets d'art, ils étaient précieusement enfermés dans les garde-meubles, on ne les montrait que dans les grandes occasions, et dans ce cas, ainsi que nous l'avons dit au sujet de la réception au Chr5'sotriclinos des ambassadeurs sarrazins, au x" siècle, on en faisait une véritable exposition en utilisant toutes les tables et toutes les corniches. Bref, le bibelot civil n'existait pas et n'avait pas sa place dans les appartements. Le bibelot religieux seul avait ses entrées partout, sous forme d'icônes et de reliquaires. Le luxe, en dehors de la décoration fixe, ne pouvait donc se manifester que dans les étoffes, les armes, la vaisselle d'or ou d'argent, les lustres, généralement en forme de couronne, les candélabres et les quelques coffres, sièges ou lits dont nous avons parlé.

Les choses se passent encore ainsi en Orient et en Extrême-Orient. Tout est sous clef. Les Chinois eux-mêmes, qui depuis des siècles cultivent le bibelot d'étagères et qui sont certainement les inventeurs du genre, ne laissent que fort peu d'objets d'art en vue, encore ceux-ci sont-ils exclusivement destinés à orner l'autel des ancêtres. Les porcelaines, les bronzes, etc.. restent dans les coffres.

CONCLUSION

CONCLUSION

Il résulte des considérations précédentes que l'habitation bj'zantine a d'abord été romane ou syrienne et qu'elle n'a revêtu les caractères du st3de byzantin proprement dit qu'à partir du \f siècle de notre ère. Le caractère distinctif de ce style qui a régné sur l'Europe centrale avec des variantes locales, jusqu'aux approches du xii" siècle, se rencontre d'une manière nette et pour ainsi dire immuable dans les édifices religieux de l'Empire d'Orient ; ils sont moins marqués dans les édifices civils.

Afin de généraliser autant que possible la question, nous admettrons que la maison des Ix^ x' et xi= siècles, correspondant à la période la plus brillante de l'Empire d'Orient, constitue le type de l'habitation byzantine.

A cette époque subsistaient encore quelques palais de l'époque constantinienne avec , colonnades à deux étages, basiliques à abside, rotondes, salles octogonales, mais beaucoup de palais à un ou deux étages présentaient l'aspect du palais de Constantin Porphyrogénète avec rez-de-chaussée à portiques et fenêtres à plein cintre ou à ogive suivant les pays.

Les maisons particulières avaient rarement plus de deux ou trois étages, ceux-ci étaient souvent à encorbellements et munis de bow-window ; des corniches plus ou moins saillantes, de dessin varié, mais de préférence avec des feuilles d'acanthe, soulignaient chaque étage et les toitures ; des bandes très minces de briques rouges et parfois des mosaïques de marbre de couleur comme au palais du Porphyrogénète, ou de simples dessins géométriques de briques rouges comme à Melnic, venaient rompre la monotonie de la façade',

' Toutes réserves faites cependant sur la date de Melnic.

Les toits étaient tantôt en terrasse, tantôt à bâtière et couverts de tuiles. Certaines maisons avaient des pignons à redans comme beaucoup de maisons du moyen âge ou de la Renaissance, en Allemagne et en Hollande.

Les pièces d'appartements dans les habitations particulières étaient généralement disposées autour d'une salle de réception. Dans les palais impériaux les salles de réception étaient multiples et formaient un groupe à part, distinct des appartements privés.

Beaucoup de palais ou d'hôtels particuliers, à en juger par les manuscrits, étaient munis de deux pavillons avancés, à chaque extrémité du bâtiment central, comme dans nos châteaux modernes. Ces deux pavillons ou ailes étaient parfois reliés par une galerie fermée vers l'extérieur et formant ainsi avec les autres bâtiments une cour intérieure. Il est probable que, dans ce cas, les dépendances occupaient le même emplacement que dans nos anciens hôtels du faubourg Saint-Germain et Saint-Honoré. Cette disposition ou tout au moins quelque chose d'analogue existait déjà aux vi^ et vu" siècles dans les maisons sj^riennes, la maison de la mosaïque du Bardo,et l'ancien hôpital de style copte de Damas.

Les salles de réception impériales étaient voûtées et se terminaient en coupole ou en cul-de-four. Elles étaient précédées d'un narthex et ne différaient en rien des intérieurs d'églises. Le trône ou fauteuil de l'empereur, placé sur une estrade à gradins, remplaçait l'autel. Les appartements particuliers étaient de même style, mais de dimensions moindres. Les chambres â coucher étaient précédées d'une antichambre formant narthex. Elles en étaient séparées soit par des portières en étoffe et en tapisserie, soit par des portes. Ces deux pièces étaient généralement voûtées et parfois ornées de colonnades. Leur réunion constituait une chapelle dont l'alcôve était l'abside. Dans les maisons particulières plus simples, comme celle de Melnic, les plafonds étaient plats.

Les murs et les voûtes des palais étaient couverts de peintures, de mosaïques de verre ou de plaques de marbres variés, à grands ramages. Le sol était en mosaïque ou en carrelage recouvert de tapis de laine, mais en général les murs étaient revêtus de placages, de marbres de couleur, comme à Sainte-Sophie, Parenzo, etc., et les voûtes seules étaient couvertes de mosaïque de verre, de marbre. Les dessins des mosaïques étaient souvent conçus dans le même esprit que ceux des tapis orientaux.

L'éclairage se faisait par le côté au moyen de volets ou de fenêtres vitrées, tantôt à plein cintre, tantôt simplement rectangulaires. Dans les pièces à coupole l'éclairage se faisait plus généralement par des baies vitrées ouvertes sur le pourtour de la calotte, mais il se faisait également par les côtés.

CONCLUSION 201

Les portes étaient en bois sculpté ou incrusté, ou simplement mouluré, ou en bronze, mais à l'intérieur elles étaient le plus souvent remplacées par des portières en étoffe ou en tapisserie, de haute et basse lisse, dont des fouilles récentes, en Egj'pte, ont donné quelques spécimens curieux.

Les escaliers étaient de diverses sortes, en pierre, en bois, à paliers de repos, à colimaçon, absolument comme de nos jours, mais un peu plus raides. Ils étaient très souvent extérieurs jusqu'au premier étage.

Telles étaient les maisons de ville; les villas et les bastides des petits propriétaires ruraux ne devaient pas s'écarter beaucoup de la forme des villas actuelles et des maisons tantôt simples, tantôt à l'italienne, aux tons crus, qui bordent les rivages de la Méditerranée, du Bosphore jusqu'à Gibraltar et dont le type est la petite maison des environs de Naples.

En somme, la maison b5'zantine, à en juger par les exemples que nous en avons donnés, ne différait pas beaucoup, comme extérieur tout au moins, de la maison moderne du bassin de la Méditerranée.

Un Français du x-x"' siècle qui serait transporté subitement, par une machination de féerie, dans la Byzance de Nicéphore Phocas serait certainement moins étonné que ne l'ont été les pèlerins latins du moyen âge lesquels, nous dit la chronique, restaient bouche bée et bras ballants devant les églises à coupole et les palais aux beaux portiques et aux larges fenêtres vitrées et aux terrasses à balustres si peu semblables aux massives constructions seigneuriales de l'Europe, aux portes basses, aux fenêtres étroites et menaçantes, aux salles sombres et peu aérées.

Notre Français se trouverait, avec un peu de bonne volonté, en pays de connaissance. 11 reconnaîtrait, peut-être vaguement, dans le palais de la Chalcé la façade de feu le palais de l'Industrie ; dans les rares palais constantiniens encore debout la Madeleine, la Bourse et la Chambre des Députés ; dans les portiques de la grande rue centrale de la Mésé la rue de Rivoli et les galeries du Palais-Royal ; dans les caravansérails et les monastères non pas les grands hôtels de Paris, mais les casernes aux façades banales et aux multiples étages qui ont abrité plus ou moins confortablement ses années de service militaire.

Seul l'Hippodrome l'étonnerait un peu, à moins qu'il n'ait vu les arènes de Provence et d'Italie.

Ce parallèle est peut-être excessif et paradoxal, aussi ne le donnonsnous pas sans un peu d'ironie, mais il a l'avantage de rendre tangible une idée que nous avons souvent émise dans le cours de cet ouvrage : c'est que dans son apparence l'habitation byzantine différait moins de nos maisons modernes qu'on ne le pense généralement et que certaines histoires de l'ha-

bitatioii humaine, à commencer par celle de Charles Garnier, tendraient à le faire croire. B3'zance, du reste, gagne à être vue de loin et généralisée, et nous sommes bien excusable si, en terminant cet ouvrage et en jetant un dernier coup d'œil d'ensemble sur la capitale du monde intellectuel d'il y a mille ans, nous subissons un peu l'impression du voyageur qui quitte par mer la Constantinople moderne. Il perd de vue les détails, les rues sales et tortueuses, les ruines et toutes les tares de l'incurie et de la décadence, pour ne plus voir qu'une masse pittoresque blanche et verte d'où émergent, comme dans une sorte d'apothéose, des dômes, des minarets et des palais.

du Palais de Constantin Porphyrogénète

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