LA MAISON PATRICIENNE OU HOTEL PARTICULIER
D'après Victor Publius, il existait à Rome, au temps des Empereurs, deux mille maisons patriciennes; elles étaient toutes ou probablement toutes du type bien connu de la maison de Pompeï, et plus particulièrement de la maison dite de Pansa. Nous donnons celle-ci comme exemple parce que son plan est régulier et simple, mais il en est d'autres bien plus luxueuses.
(coupe)
La maison comprenait un vestibule, un atrium et un péristyle.
Le vestibule était un petit corridor pavé de mosaïque sur lequel débouchait parfois la loge du portier.
L'atrium, ou cour à portique, était entouré des chambres de réception ou de service: salon, bureau, bibliothèque, chambre à coucher de l'inten-
dant, etc.. C'est dans cette partie de l'habitation que se traitaient les affaires et qu'on recevait les fournisseurs. Au centre de la cour, un petit bassin servait de réceptacle aux eaux pluviales.
Le péristyle, réservé plus spécialement à la famille, était un petit jardin rectangulaire à portique, orné de bassins, de jets d'eau, de statues, entouré des chambres de maîtres, d'une salle à manger, d'un salon. Un petit jardin potager faisait suite quelquefois au péristyle.
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Maison de Pans*, a Pompeï (plan)
Sur les côtés, au rez-de-chaussée et encadrant l'îlot, à l'extérieur, s'ouvraient les boutiques louées aux marchands ou tenues par les esclaves du maître chargés de vendre au détail les produits de la propriété : vin, huile, légumes, etc. . . De nos jours encore, les grands propriétaires d'Italie font vendre leur vin dans une boutique extérieure attenant à la porte d'entrée.
Au premier étage se trouvaient les chambres des femmes et des esclaves. Les chambres des esclaves prenaient jour sur la rue, celles des femmes et de la maîtresse de maison sur l'atrium et le péristyle. Il va sans dire que les chambres des esclaves et celles des femmes, bien que situées au même étage de la maison, n'avaient aucune communication entre elles et étaient séparées par un mur.
On montait du rez-de-chaussée au premier étage par de petits escaliers intérieurs, en bois ou en maçonnerie; mais il n'y avait pas d'escalier
commun pour desservir tout l'étage ; chaque appartement avait son escalier spécial.
Toutes ces pièces présentaient, du reste, des dimensions exiguës et les chambres à coucher du rez-de-chaussée n'étaient, en réalité, que des alcôves
sans fenêtres ou éclairées simplement par l'imposte située au-dessus de la porte. Cela suffisait aux Romains qui vivaient surtout au dehors et n'entraient dans leurs chambres que le soir pour se coucher.
Il semble, toutefois, qu'une installation de ce genre ne devait guère être confortable en hiver, même dans l'Italie centrale et méridionale où les hivers, sans être rigoureux, sont cependant plus froids qu'à Nice et exigent, de nos jours, pour le service des étrangers, l'emploi de cheminées et de calorifères. Les Italiens faisaient probablement un large usage des braseros. Et Suétone nous parle du brasero que l'on portait dans la salle à manger
deTibère, peu de temps avant sa mort. Les musées d'Italie possèdent de nombreux spécimens de ces meubles.
A Rome, des calorifères, comme nous le voyons dans la maison — ' =:==^^:==r-r^^=^— ~ • de Livie (au Palatin),
K„ESQUE. DE PoMPEï d i st r i bua i eH t la clia-
leur dans les pièces importantes au moyen de tuyaux ménagés dans les murs. Il paraîtrait aussi, d'après quelques vers d'Horace qui recommande à son ami de jeter beaucoup de bois sur le feu en hiver, que les cheminées n'étaient pas absolument inconnues en ItaHe ; Perrault prétend qu'elles existaient en Gaule et il cite à ce propos, dans sa traduction de Vitruve, un passage d'un discours de Julien l'Apostat au iV siècle. A notre avis, en ce qui concerne les Gaules, il devait surtout être question de foyers situés au milieu des pièces d'habitation, avec échappement des produits de la combustion par une ouverture centrale du plafond. Cet usage existe encore dans les campagnes lorraines.
Des fenêtres à vitres assuraient en outre la fermeture des pièces où se tenait la famille pendant le jour.
Ces vitres, dont on peut voir des carreaux de trente centimètres de côté dans les vitrines du Musée de Naples, et qui proviennent de Pompeï, étaient fabriquées par coulage à Sorrente, où se trouvait une verrerie célèbre.
Pline parle des vitrages qui fermaient les portiq ues de sa fameuse villa de Laurentium, et nous savons aussi par des textes précis que, dès le iv" siècle, près de trois cents ans plus tard, il est vrai, les églises de Rome étaient garnies de fenêtres vitrées'.
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