CHAPITRE XIV LA BASE SOLIDE DE L'ENTENTE
Je m’efforce, dans ces pages, de persuader mes lecteurs que le seul moyen
les provinces, et détruire leur influence perverse, Aussi longtemps que d’Ontario et de Québec on fulminera, dans des , dénonciations virulentes, contre les attaques injustes, comme si le fanatisme et son indigne exploitation ne fleurissaient que dans le sol du voisin, on ne fera que piétiner sur place, qu’attiser la flamme dévorante de l’antipathie devenant vite une haïne invétérée.
… Les esprits droits, les consciences éclairées, doivent être plus justes.
Que nos compatriotes dégagent résolument leur cause et leur responsabilité des
fauteurs de discorde qui, parmi eux, fomentent les difficultés au lieu de s’efforcer de les régler, et ils pourront avec confiance compter sur les gens bien pensants d'Ontario.
Le chef de notre race—-disparu de la scène sur laquelle il a joué un des premiers rôles avec | sg succès—qui a peut-être le plus fait pour les siens, a posé avec une énergie indomptable le principe fondamental de la “Bonne Entete” entre les deux grandes races du Pays. Sa brillante carrière est tout un enseignement à méditer.
Récemment, avait lieu, à Montréal, l'inauguration du superbe monument élevé à la mémoire de Sir Georges-Etienne Cartier. Le représentant du Souverain, Son Excellence le Gouverneur Général, rehaussait l’imposante cérémonie de sa présence. L'élite de la nation, les sommités ecclésiastiques et civiles s’unissaient pour rendre hommage à l’homme d’état de première grandeur qui a tant
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contribué à la glorieuse préparation des destinées canadiennes. La note dominante d’éloges si bien mérités a été la louange du fier Courage et même de l’audacieuse volonté avec lesquels Cartier a lutté pour l'avenir de son pays.
Sur un point, cependant, j'aurais désiré que l’on fit ressortir davantage ce que j'ai toujours considéré comme l’un des plus beaux titres de Cartier à la reconnaissance de ses concitoyens.
Comme tant d’autres, j'étais fasciné, dans mes jeunes années, par l’ardeur belliqueuse de ce chef politique de ma race bravant avec une ténacité redoutable
il l'était davantage contre celui que les
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extrémistes irréductibles,—fanatiques de bonne foi ou exploiteurs sans vergogne,— sont à la recherche de la base solide de la “Bonne Entente”, Les gens bien pensants l'ont trouvée depuis longtemps et s'efforcent de la faire plus large, de l’enfoncer de plus en plus dans le sol de la patrie.
Au moment où tout renaît à l’espérance, il convenait qu’une parole royale proclamât au milieu de nous le gage le plus sûr de l'avenir de notre pays. Le 28 octobre dernier, Son Altesse Royale le Prince de Galles disait, à Montréal :
“QUEL SERA LE SUCCES DE LA NOU- VELLE NATION ? JE NE PUIS HÉSITER À DECLARER QUE, COMME EN GRANDE- BRETAGNE, CE SERA LA LIBERTÉ DE PA- ROLE, LA LIBERTÉ DES LANGUES ET LE RESPECT DE CHACUN POUR SON VOISIN”.
Ces admirables paroles résument tout le programme qu’il importe au suprême degré de mettre résolument en pratique, repouseant avec force et mépris les sug-
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gestions du préjugé et du fanatisme d’où qu’elles viennent.
La liberté de la parole, la liberté des langues, le respect de chacun pour tous, tels sont, comme l’a dit, avec tant d’àpropos, Son Altesse Royale, les trois leviers qui ont édifié le puissant Empire Britannique sur les bases solides qui ont si merveilleusement résisté à la redoutable épreuve de la grande guerre. Pour-' quoi ne pas donner un nouvel éclat à ce prodige en unissant tous les vrais patriotes dans un effort persévérant pour qu’il s’'épanouisse au Canada, en produisant tous les bienfaits dont jouiront les générations futures en bénissant celle qui aura le courage et le dévouement de les léguer en héritage à ses enfants !