L'AVENIR NON COMPROMIS
De l'épreuve redoutable dont il émerge si glorieusement, le Canada sort-il avec des nuagesà ses vastes horizons assez noirs pour faire douter de son avenir ? Dieu me garde des affres d’un semblable pessi.
misme.
Nous avons de graves problèmes à résoudre, des difficultés à surmonter, des aspirations à réaliser. Pour y réussir, il importe donc et beaucoup de déblayer le terrain d’obstacles dont il ne faut pas exagérer l'importance et le danger. Le premier en ligne de compte—et le plus sérieux—est le malentendu produit par le confit d’opinions entre l'Ontario et le Québec, mentionné dans le premier cha-
pitre et dont je veux préciser la nature.
J'ai dit, et je répète, que depuis le jour où l’Empire Allemand, dans son rêve désordonné de domination universelle, avait jeté le défi au monde civilisé, et déchaîné la guerre la plus effroyable de tous
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les siècles, la volonté du Pays, manifestée par le parlement, par Ja presse, par la délibération publique, n’a pas fléchi un instant dans sa détermination de i
ment, librement, constitué l’héroïque défenseur. Et la Preuve certaine, irréfutable, torique, je la dans le jugement
nion et de leur volonté, a déclaré de la manière la plus solennelle et la plus patriotique qu’elle voulait continuer à participer à la lutte gigantesque qui se livrait pour soustraire l'humanité au terrible péril allemand.
Je me suis efforcé—et avec succès, je suis heureux de le dire—de convaincre tous ceux— et ils sont très nombreux— avec qui j'en ai parlé, à Toronto, que, sous le rapport de la participation du Canada à la guerre, le vote de l’immense majorité de la province de Québec avait absolument la même signification que celui de l'immense majorité de la province d’Ontario.
Assurément, personne ne voudrait soutenir, sans rire, que les quelques timides qui ont risqué l'opinion que “le Canada en avait fait assez” ont amoindri d’un iota le sens vrai du vote de la majorité dans notre province.
Le témoignage m'en à été bien des fois rendu ; depuis bientôt quatre ans que je
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défends, par ma modeste plume, dans les livres que j'ai publiés et dans la presse, Par mon humble parole dans les réunions publiques, la cause de mon pays, de l’Em.
pire dont je suis aussi le citoyen, de la France mu tilée, dela Belgique martyrisée, de la civilisation outragée et menacée, je me suis fait un devoir scrupuleux de traiter la grande question de jours si malheureux en dehors et au-dessus de toutes considérations de partis.
Aujourd’hui, je ne fais encore que des Constatations indéniables. Aux élections générales de 1917, la province de Québec, à l’unanimité près, a accepté et suivi la direction politique de celui qu’elle reconnaissait pour son chef incontesté, sir Wilfrid Laurier, si soudainement enlevé, par l’appel suprême auquel tous doivent répondre, à l’affection de ses compatriotes, à l’admiration de ses amis politiques dévoués, commeau respect de ses adversaires convaincus. Je ne m'arroge pas le rôle désormais réservé à l'historien futur, et
je ne porte aucun jugement sur les responsabilités d’aucuns des hommes publics qui ont participé au gouvernement des affaires canadiennes au cours de la crise terrible enfin terminée. Mais les faits sont les faits, et ils sont si récents que tous ceux qui en ont été les témoins, ne peuvent s’y tromper, s'ils sont de bonne foi.
N'est-il pas absolument indéniable qu’en sollicitant des électeurs un vote de confiance, tous les chefs politiques du pays—sir Wilfrid Laurier comme sir Robert Borden—le premier ministre comme le chef de l'opposition parlementaire— ont positivement déclaré, affirmé, qu'ils voulaient la participation du Canada à la guerre jusqu’à la victoire définitive.
Tous les électeurs du pays savaient done à quoi s’en tenir. Tous savaient que si le ministère unioniste de sir Robert Borden était maintenu au pouvoir, ou si sir Wilfrid Laurier était appelé à constituer un nouveau cabinet, le Canada con-
dsl alé mena TÉTTS Ait — —
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; le gouvernement canadien devait rappeler son armée sans délai.”
Dans mes no tant d
mon
"UNION
mbreuses entrevues avec e citoyens distingués de Toronto, premier devoir n’était-il pas de
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m’efforcer de les persuader que le vote de l'immense majorité des électeurs de la province de Québec avait été un vote loyal au Canada, loyal à l’Empire, loyal à la cause dont nous souhaitions tous le triomphe. Et si ce vote était, dans son ensemble, la contre-partie de celui d’Ontario, il avait tout de même le même objet, voulait la même fin par un moyen principal différent. Dans chaque cas— je le dis avec une profonde satisfaction, — je suis sorti de l'entretien convaincu que mon interlocuteur s'était rendu à l’évidence des faits dont j'avais exposé la véritable signification.