‹ L'Hellénisation du monde antique [microform]; leçons faites à l'École des hautes études socialesChapitre 112 sur 140 · Gutschmid, op. cit., p. 12 sq · texte numérisé non relu

Gutschmid, op. cit., p. 12 sq

l'hEI.I.ÉNISME en perse après ALEXANDRE 295

au pouvoir de la maison de Séleukos, l'élément grec v put garder la prééminence ; mais bientôt, et peu à peu à des dates et suivant un progrès dont le détail exact s'est 'perdu

ces régions passèrent en majeure part au pouvoir des Arsacides, fondateurs de l'empire des Parthes i Cette dynastie nouvelle appartenait à la race inculte des Scythes / / bonne pour la guerre, ou mieux la « guerrilla », l'élevage e* ' une économie agricole rudimentaire. L'immigration scythique, à l'avènement de ces princes, n'était point faite pour relever le niveau des indigènes. Les Arsacides surent du moins apprécier le concours des populations supérieures vivant sur leurs états ^ Us prirent le titre de philhellènes, adoptèrent pour eux les quahfications des rois de Syrie s^Tv^avr,,, o.:xa..o,-, vixaT.o.o, et celles de la cour des Séleucides pour leurs intimes conseillers ; parmi ceux-ci il y eut sûrement quelques éléments grecs. Le philhellénisme était de mode alors, même chez les pires ennemis de la Grèce • la pensée grecque, dans sa suprématie universelle, dominait a Rome où plus d'un prince parthe fut envoyé en otage Durant les derniers siècles avant notre ère, ces souverains

ont reçu une éducation hellénique, et de même leur compagnie habituelle ; témoin l'anecdote célèbre rapportée par Flutarque ^ relative à des fêtes où l'on récitait des poésies «reoques. Elle nous montre encore que la cour d'Arménie apparentée à celle des Parthes, n'obéissait pas moins aux mêmes tendances.

Les centres hellénistiques subsistèrent donc, mais d'une vie de jour en jour plus effacée. Cependant la monarchie parthique, bien plus encore que les Achéménides, avait besoin de techniciens ; elle n'eut garde de s'interdire ceux qu elle avait sous la main. On connaît mal les temples de cette nation ; du moins, d'après les vestiges de celui de

Jé.nL7de 'laZliéfJ itr'^'T'r ''! "'^«''•"«'»« "" delà de VEuphrate l> 207-296) nationale des Antiquaires de France, LXlll (11)04),

prLnnière'^(*î9;8j;*'''^'*'' '^P'"'^'^ '^ «"« «le Démétrios qu'il avait faite 3- Crassus. 33.

Kingaouar, le sanctuaire était isolé au milieu d'une grande cour quadrangulaire, bordée de portiques ; or c'est là un dispositif dans le goût de l'architecture grecque d'Asie Mineure, et il convient de le noter '. La décoration du palais d'Hatra '\ par le profil des moulures, le choix des ornements : feuille d'acanthe, rais de cœur, rangées de perles et d'oves, accuse l'emploi d'une main-d'œuvre hellénique. Cette dernière a dû fonctionner, au moins dans les premiers temps, pour former et guider celle des barbares, dans les officines monétaires d\)ù nous sont venues tant de pièces, de légendes grecques et de types grecs, mais transformés selon les idées dominantes et le genre de vie des Parthes. Ceux-ci ont été justement appelés ' les Turcs de l'antiquité : mêmes vertus militaires, mêmes qualités individuelles de probité et de tolérance, que semblent démentir par intervalles des heures de cruauté et de perfidie ; même inaptitude au progrès, malgré l'exemple et la leçon de l'étranger.

Ils n'avaient absorbé que l'Iran occidental ; à l'est de leurs Etats un gouverneur insurgé forma le vaste royaume de Bactriane. Encore une dynastie grecque, mais qui, bientôt submergée par l'élément barbare, perdit ses qualités ethniques. Cette transformation se reflète dans la série de ses médailles ; les légendes grecques sont éliminées par le triomphe de l'idiome local; le flan charge de forme et

l'étalon de frappe est modifié. Cette contrée entre à jamais dans l'orbite de l'Inde *.

L'Iran séleucide et parthique n'a donc laissé presque aucun témoignage de son activité artistique. Faut-il rappeler les statuettes d'albâtre ou de terre cuite, dont le Louvre possède quelques exemplaires * ? Leur date, cer-

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