LA MACÉDOINE, NOUVELLE PUISSANCE HELLÉNIQUE
gyrique, véritable manifeste du parti panhellénique. Les cités, en luttant les unes contre les autres, négligent la guerre nationale, la lutte contre les Perses ; c'est la discorde des Grecs qui fait la force du Grand Roi. « Si des
étrangers voyaient ce qui se passe parmi nous, ils nous déclareraient les uns et les autres atteints d'une égale folie, nous qui, pour de si faibles intérêts, nous exposons aux chances de la guerre, quand nous pourrions, sans aucun danger, faire de si grandes conquêtes, nous qui ravageons notre pays de nos propres mains et qui dédaignons de profiter des ressources que nous offre l'Asie ^ ». Que les villes oublient leurs rivalités et, pour lutter contre l'ennemi commun, qu'elles acceptent sans jalousie la direction de l'une d'elles. En raison de ses services passés, c'est Athènes qui mérite d'obtenir le commandement. « Lorsqu'il s'agit d'une expédition contre les Barbares, à qui doit être réservé l'honneur de la diriger ? N'est-ce pas à ceux qui, lors de la première guerre, ont mérité la plus haute renommée, qui se sont souvent exposés seuls pour la défense de la Grèce et qui, dans les dangers communs, ont obtenu le prix
de la valeur - » ?
C'était trop demander à Sparte et aux autres cités. L'union n'était possible que sous un chef qui put imposer à tous ses volontés. Déjà Jason de Phères, après avoir organisé la Thessalie, avait songé à grouper toute la Grèce sous sa direction contre la Perse. L'œuvre à peine ébauchée par Jason est reprise par Philippe, en qui le parti panhellénique va placer ses espérances. En 346, Isocrate adresse au Roi un discours où il reprend en la modifiant la thèse
du Panégyrique. Philippe doit imposer une réconciliation
générale en rétabUssant la paix entre les quatre villes rivales, Argos, Sparte, Thèbes et Athènes. Tant qu'elles ont
î. Isocr., Panég., 37. Pour la question récemment débattue à nouveau, (le la politique de Philippe en face du parti d'Isocrate et de celui de Démosthène, voir aussi la bibliographie dans Lehmann-Haupt, op. cit., p. 111> et, plus bas, p, 176.