‹ L'Hellénisme en FranceChapitre 77 sur 216 · FÉNELON ET AUGUSTIN THIERRY · texte numérisé non relu

FÉNELON ET AUGUSTIN THIERRY

ressemblance avec la nouvelle doctrine qui dicta une partie au moins des célèbres Lettres sur l'Histoire de France, j'arrivai, Fénelon à la main, chez M. Augustin Thierry, et je lui lus ce qui m'avait si vivement frappé. « Mais c'est tout juste mon programme, s'écria-t-il. J'ai dû lire cela autrefois. J'avais oublié Fénelon; quel dommage que je ne l'aie pas eu présent à l'esprit pour m'en autoriser à propos î » En effet, il avait voulu constituer une méthode historique où, comme de droit, la science des faits gardât le premier rang, et où l'imagination servit, non pas à les transformer et à les embellir , mais à en retrouver la forme et la couleur véritables. Il s'agissait d'allier la patience érudite de Tillemont avec la vive simplicité du pinceau de Voltaire. Bien d'autres avant M. Thierry avaient tenté cet effort de conciliation entre la science et l'art ; il le savait, et personne plus que lui n'aimait à leur rendre justice (1). Mais, seul peut-être de nos historiens critiques, il avait nettement arrêté dans son esprit les conditions essentielles d'un bon récit historique; seul il s'était formé, sur l'histoire, une théorie qui résumait les progrès de la critique, tout eu faisant une large part au talent de peindre.

(1) On connaît la page éloquente où il raconte quelle vive impression avaient produite ëur lui, dans sa première jeunesse, quelques scènes des Martyrs {Récits des temps mérovingiens, 1840, Préface).

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