‹ L'Hématocèle Fronto-OrbitaireChapitre 12 sur 26 · CHAPITRE TX · texte numérisé non relu

CHAPITRE TX

Etiologie — Pathogénie — Anatomie pathologique

L'évolution insidieuse, lente, de ces tumeurs, ne permet pas d’incriminer avec certitude tel ou te] facteur étiologique et les diverses causes invoquées ne sauraient satisfaire complètement l'esprit. Si l'on peut parfois retrouver un traumatisme à l’origine du mal, il est de nombreux cas où l’on ne relève aucune trace de violence externe.

En outre du traumatisme, d’autres facteurs étiologiques ont été invoqués : le coryza, le refroidissement, les maladies infectieuses, la sinusite, ete., mais on n’a pu établir une relation directe de cause à effet d'une façon indubitable. Peut-être faudrait-il voir dans cette affection la résultante de divers facteurs se combinant. Faut-il attri-

buer à l'hématocèle fronto-orbitaire une étiologie unique?

Pathogénie

Plusieurs théories ont été soutenues par les auteurs.

Garreau et Bertheux assimilaient la mucocèle aux kystes muqueux du sinus maxillaire.

Pour Luc, il y aurait obstruction du canal frontal par ostéite hypertrophiante,

Demaldent, sans négliger le facteur d'infection légère, considère que l’obstruction du canal frontal est dûe à de petits kystes muqueux.

Pour M. le professeur Rollet, la mucocèle est produite par une infection atténuée, et il faut considérer « l’inflammation du sinus ou de son canal comme primitive et les altérations osseuses comme secondaires. Il y a d’abord canaliculite et hypersécrétion sinusienne inflammatoire comme dans le coryza ». Ces sécrétions pathologiques formeraient bouchon et obstrueraient plus ou moins parfaitement la lumière du canal frontal.

Il semble bien que la tumeur kystique soit dûe à une infection atténuée, évoluant pendant un laps de temps assez prolongé, infection de la muqueuse du sinus frontal ou de son canal.

Récemment encore, M. le professeur Truc appuie l’idée de la mucocèle d'ordre inflammatoire en se basant sur l'examen anatomo-pathologique : « Enfin, l'énorme quantité de globules blancs trouvés dans le contenu de la poche, l’infiltration Ieucocytaire de la membrane kystique, la présence dans son intérieur de véritables follicules lymphatiques ne peuvent s'expliquer que par l'existence d'un processus infectieux. »

Les sécrétions pathologiques de la muqueuse tendent à dilater le sinus et cette poussée mécanique se traduit le plus souvent par l'effondrement du toit orbitaire, qui est la paroi la plus faible ; la tumeur kystique s’invagine dans l'orbite, refoulant devant elle le contenu mobile de l'orbite et comprimant ou envahissant le squelette osseux.

Ainsi. donc, nous voyons le sinus frontal et son canal

qui, chroniquement enflammés, sécrètent du mucus : la

Page 1