‹ L'Hémiplégie CérébelleuseChapitre 3 sur 29 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Au congrès tenu à Londres en 1913 la symptômatologie des affections du cervelet a fait le sujet de deux rapports : l'un de MM. Babinski et Tournay, l’autre de Max Rothmann, de Berlin : c’est assez dire tout l'intérêt qui s'attache actuellement à l'étude de la pathologie cérébelleuse et la place considérable qu'elle a acquise ces dernières années en neurologie.

La connaissance précise des symptômes cliniques par lesquels se traduisent les lésions du cervelet et des voies cérébelleuses est, en effet, de date relativement récente.

Depuis longtemps cependant Flourens par des expériences fondamentales avait démontré les caractères essentiels des fonctions principales du cervelet : foncüons d’équilibration, fonctions de coordination des mou vements.

Mais, les données qu'il avait établies, confirmées par

les travaux de Majendie, complétées et précisées même

Rare

par Luciani, n’ont pu que peu à peu et très lentement, être utilisées au profit de l’observation des faits cliniques : ceux-ci sont, en eflet, généralement complexes ; il est. tout à fait exceptionnel qu'ils répondent à des lésions isolées, et qui tout en ne débordant par les limites du cervelet, ne soient pas susceptibles de compromettre le fonctionnement des centres voisins.

Aussi les premiers troubles cérébelleux ont-ils été signalés et décrits tout d’abord dans les cas où ils sont le plus manifestes, dans les syndrômes bilatéraux .

Duchesne, de Boulogne, un des premiers, donna un tableau magistral de la titubation cérébelleuse et chercha à la différencier de Pataxie tabétique mais, il ne reconnut pas le caractère asynergique des troubles de la marche et les attribua uniquement à une équilibration défectueuse.

Dès 1858, les hémorragies cérébelleuses sont étudiées de façon très complète au point de vue clinique par Hillairet qui publie à ce sujet dansles Archives générales de médecine une série d’articles et distingue déjà deux formes : une forme grave à marche lente et rapide, et une forme légère pouvant guérir .

Nothnagel, dans son Traité diagnostique des maladies du système nerveux, tente de fixer les caractères symptomatiques des tumeurs du cervelet, et fait faire au diagnostic des lésions et à la physiopathologie de l’organe des progrès importants.

Pierre Marie en 1893, groupe une série d’observa-

tions non classées, étiquetées de façon diverse et isole sous le nom d’hérédo-ataxie cérébelleuse une affection présentant des symptômes communs et des symptômes différentiels avec la maladie de Friedreich; cet auteur analyse à cette occasion, les troubles de équilibre dans la marche et dans la station debout, et les troubles de la motilité, troubles qui se rapportent à ce que Babinski a décrit sous le nom d’asynergie cérébelleuse.

Avec Babinski, la séméiologie devient remarquablement précise; les caractères des troubles fonctionnels qui résultent de laltération cérébelleuse sont exactement fixés, et pour les faire paraitre Babinski institue toute une série d'épreuves, devenues rapidement classiques.

Parmi les travaux récents consacrés à la pathologie cérébelleuse, 1l faut encore citer, la thèse remarquable d'André Thomas, les recherches anatomiques de Bolk, les recherches expérimentales de Risien Russell, de Clarke et Horsley, d'André Thomas et Durupt, de Max Rothmann, les observations anatomo-cliniques de Dejerine et Thomas sur l’atrophie olivo ponto-cérébelleuse, de Raymond et Cestan, de Babinski et Nageotte sur les syndromes bulbaires et pédonculaires inférieurs de Claude, sur les syndromes pédonculaires supérieurs.

Grâce à la contribution précieuse que chacun de ces travaux a apportée à l’étude des syndromes cérébelleux, apparition de troubles unilatéraux est de plus en plus

fréquemment reconnue dans les circonstances les plus

Page 1