‹ L'Hémiplégie CérébelleuseChapitre 5 sur 29 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

Avant tout il importe de définir ce que nous voulons désigner sous le nom d’hémiplégie cérébelleuse.

Sous le nom d’hémiplégie cérébelleuse, nous entendons avec Pierre Marie et Foix, les troubles qui résultent du déficit unilatéral de la fonction cérébelleuse.

L'expression d’hémiplégie cérébelleuse est nouvelle et d'apparition récente dans la littérature médicale.

MM. Pineles et Mann ont été les premiers à l’employer en décrivant une hémiplégie cérébelleuse homolatérale, se différenciant de l’hémiplégie pyramidale : 1° par ce fait qu'elle affecterait uniformément tous les muscles, au lieu de prédominer sur certains groupes musculaires, 2° par l’absence de contracture.

Cette conception de l'hémiplégie cérébelleuse telle que l'ont présentée Pineles et surtout Mann, soulève de nombreuses objections et d'une façon générale n’est pas admise par les neurologistes, elle est contestable en effet cliniquement : elle est contestable aussi au point

de vue physiologique: enfin on peut reprocher à Mann ; P

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de créer une confusion entre l'hémiplégie motrice et les phénomènes moteurs d’origine cérébelleuse.

L'expression hémiplégie cérébelleuse a été reprise par Pierre Marie et Foix qui ont individualisé sous ce nom, certains hémisyndromes cérébelleux d’origine syphilitique apparaissant et évoluant dans des conditions particulières, mais, les motifs qui ontconduit ces auteurs à choisir le terme hémiplégie pour désigner ces hémisyndromes, n’ont rien de commun avec ceux dont s’élaient inspiré Pineles et Mann. Pour Pierre Marie et Foix, hémiplégie ne veut nullement dire hémiparalysie; conformément à son étymologie, ce vocable signifie atteinte dimidiée de l'organisme.

L'hémiplégie cérébelleuse est alors constituée par l’ensemble des troubles qui caractérisent cette atteinte quand elle résulte du déficit unilatéral de la fonction cérébelleuse.

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Au point de vue analomo-clinique, l'hémiplégie cérébelleuse peut être produite par un grand nombre de lésions

Les unes déterminent un syndrome à début brusque dans lequel les symptômes cérébelleux sont sensiblement isolés et purs; il s’agit alors de lésions artérielles : hémorragies ou ramollissements.

Les autres déterminent des syndrômes à marche progressive dans lesquels les symptômes cérébelleux sont associés à d’autres symptômes de localisation et surtout à des symptômes d’hypertension intra-crânienne qui les relèguent au second plan. Ce sont les tumeurs et les

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abcès; tous deux peuvent entraîner l'apparition des symplômes d’hémiplégie cérébelleuse, soit qu'ils siègent dans le cervelet (comme il est fréquent de le constaler pour les tubercules ou les abcès), soit qu'ils siègent sur les conducteurs cérébelleux et les compriment, éventualité habituelle en ce qui concerne les tumeurs de l'angle fronto-cérébelleux.

Il existe cependant de nombreuses observations de tumeurs protubérantielles bulbaires, pédonculaires, dont l'évolution s'est accompagnée de symptômes cérébelleux plus ou moins marqués. Cependant, l'histoire anatomique et clinique de ces dernières lésions nous entrainerait dans des développements trop étendus ; la variété d'hémiplégie cérébelleuse qu’elles entraînent, passe souvent au second plan par rapport aux signes d'hypertension intrâ-crânienne.

De plus les tumeurs ont fait tout récemment le sujet de travaux importants auxquels il est facile de se reporter ; thèse de Jumentié sur les tumeurs de l'angle fronto-cérébelleux, revue générale d’Alquier et Klarfeld sur les tumeurs intra-protubérantielles, observations d'Holmes et Sterwart, article de Tollemer.

À l'encontre des précédentes, les lésions d’origine artérielle qui provoquent l’hémiplégie cérébelleuse n'ont guère été étudiées que dans l’article d'ensemble de Pierre Marie et Foix qui a trait plus spécialement aux lésions syphilitiques des conducteurs.

C'est donc ces lésions d'origine artérielle et lhémiplégie cérébelleuse qui leur est consécutive que nous considérerons principalement. |

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