‹ L'Hémoculture dans l'Appendicite: Contribution à l'Étude de la Pathogénie de cette AffectionChapitre 28 sur 37 · AE NES · texte numérisé non relu

AE NES

de ces recherches et c’est de lui que nous tenons les renseignements suivants :

L'appendice a été fixé dans deux liquides, mais seuls les fragments fixés à l’alcool à 90° ont été examinés.

Quelques particularités histologiques méritent d’être retenues.

On est frappé tout d’abord par l'intensité des lésions présentées par cet appendice. Ces lésions occupent non seulement la tunique muqueuse, mais aussi la couche musculeuse et la couche sous péritonéale considérablement épaissie et infiltrée. Le péritoine est en effet couvert de fausses membranes fibrino leucocytiques épaisses qui l’engainent.

Il y a donc des lésions diffuses et une inflammation péri appendiculaire très accusée. Les lésions sont même plus marquées sur la face externe de l’appendice que dans les couches qui bordent sa lumière. De ce côté pourtant l'inflammation a amené la disparition presque totale de la muqueuse.

Sans que nous entrions plus avant dans la description complète des particularités histologiques, ce qui ne rentre pas dans le sujet de cette thèse, disons que l’intensité des lésions, leur diffusion à toutes les couches de l’appendice cadre mal avec l’idée d’un processus n'ayant duré que quelques heures. On a plutôt l'impression d’une inflammation plus prolongée.

Mais ce que nous avons recherché surtout dans les parois de cet appendice c’est la présence de microbes. Nous avons coloré sur coupes en nous servant de colorations par le bleu de Unna et par les méthodes de Gram.

Les colonies microbiennes se rencontrent soit dans la muqueuse enflammée, soit également dans les exsudats de péritonite péri appendiculaire. à

1° Dans la muqueuse les microbes forment des amas abondants qui pénètrent en suivant des trainées leucocytaires dans la profondeur des couches appendiculaires et jusqu’au contact de la couche musculaire. Il est assez curieux de constater vers la lumière de l'intestin la présence de quelques bacilles gardant le gram. Dans la profondeur on observe uniquement des coccis tantôt isolés, tantôt groupés en diplocoques. On voit des formes petites voisiner avec des coccis plus volumineux dont les dimensions sont de 1/3 et quelquefois de 1/2 supérieures à celles des éléments qui les environnent.

Nous avons vu nettement en des points d’ailleurs assez rares ces coccis se grouper par 4 et prendre l'aspect caractéristique de tétragénes.

Dans la profondeur de l’appendice les microbes se rencontrent surtout au milieu des trainées leucocytaires qui forment de véritables abcès intraparenchymateux en miniature. On en trouve aussi, mais plus rarement, à distance de ces foyers dans les cellules inflammatoires et quelques éléments sont même très nettement intra leucocytaires.

2° Un second foyer d'infection microbienne est constitué par les fausses membranes péritonéales. On y retrouve également d’abondantes formes microbiennes. Mais la flore bactérienne est ici uniquement formée par des coccis parmi lesquels on rencontre des tétrades très nettes sans cependant que l’on puisse dire que ce groupement est la règle.

die RED de En conclusion :

a) Nous sommes en présence d'une appendicite à coccis, ce qui n'est pas fréquent.

b) Sans qu'on puisse identifier d’une façon certaine les coccis trouvés dans le sang à ceux trouvés dans l’appendice, il y a entre eux des ressemblances morphologiques telles qu’il est permis de croire à cette identité.

c) La présence de coccis, microbes qu’on n’y rencontre pas habituellement, dans les parois de l’appendice, peut faire penser à une fixation secondaire de ce microbe sur cet organe. -

d) Savoir au niveau de quelle couche l’inflammation à débuté, cela semble difficile à préciser. Tout ce que l’on peut dire c’est que cette inflammation a duré probablement un certain temps car les lésions histologiques sont con-

sidérables.

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