‹ L'Hémoculture dans l'Appendicite: Contribution à l'Étude de la Pathogénie de cette AffectionChapitre 36 sur 37 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1. — Les théories relatives à la pathogénie de l’appendicite sont nombreuses, mais aucune d’entre elles ne nous semble exempte de critiques et capable d'expliquer tous les cas.

La théorie de l’origine hématogène de cette affection est une de celles qui satisfont le plus pleinement notre esprit et correspondent le mieux à nos idées générales sur l'infection, ses modes de propagation et d'évolution.

Cette pathogénie n'est pas seulement basée sur des vues théoriques. Elle se dégage d’un solide faisceau de preuves cliniques expérimentales, anatomo pathologiques et bactériologiques.

2. — Les preuves cliniques se résument dans le nombre considérable d'observations où au cours d’une infection générale de l'organisme, on a eu à signaler l’apparition d’une appendicite. Ces preuves suffisent pour conclure à une relation fréquente de coexistence, mais ne permettent pas d'affirmer une relation de cause à effet.

HONDE e

3. — L'anatomie pathologique ne donne que des résultats sans grande importance au point de vue qui nous occupe et éclaire peu le problème.

h. — Les recherches bactériologiques portant sur le contenu de l’appendice sont nombreuses ; elles ont souvent montré la présence à ce niveau de microbes (streptocoque, pneumocoque, etc...), qui ne font pas partie de la flore normale de cet organe. Très souvent aussi elles n’ont abouti qu'à la découverte des hôtes habituels du vermium (coli en particulier). En effet, l'infection secondaire intestinale masque rapidement à ce niveau l'infection hématogène primitive faussant ainsi les résultats fournis par l'étude bactériologique du contenu de cet appendice.

5. — Les preuves expérimentales sont des plus intéressantes. L'expérimentation a d’abord prouvé que l’on peut provoquer une appendicite chez un animal de laboratoire par simple injection dans le sang de cultures microbiennes. Puis, en étudiant l'élimination des microbes par le tractus intestinal au cours des septicémies expérimentales, elle est arrivée à montrer que l’appendice est un des points d'élection pour cette élimination.

6. — Malgré les constatations cliniques et expérimentales qui plaident en faveur de l’origine hématogène de certaines appendicites, cette pathogénie ne sera pas démontrée de façon certaine tant qu’on

SR OT Tant

n'aura pas fait la preuve de la septicémie préalable supposée par la recherche des microbes dans le sang de la circulation. D'où la pratique de l’hémoculture au cours des appendicites.

7. — Cette hémoculture, pratiquée 11 fois, nous a montré nettement la présence de microbes dans le sang de sept malades atteints d’appendicite.

Le microbe découvert varie avec les cas.

Ce sont :

des spirilles (Obs. I) ;

du bacille d’Eberth (Obs. ID ;

du bacille paratyphique B (Obs. II) ; de l’entérocoque (Obs. IV) ;

du pneumocoque (Obs. VD) ;

du tétragène (Obs. V et VIT).

8. — Ces constatations suffisent pour affirmer la réalité de la septicémie primitive, cause possible de certaines appendicites et asseoir sur des bases solides la théorie de l’origine hématogène de cette affection.

2 VA TUE Le Président de la Thèse, LESIEUR:

Vu :

Le Doyen,

Page 1