‹ L'Hémoly­sothérapie Intra-dermique dans le Traitement de certaines DermatosesChapitre 21 sur 35 · RAY AE · texte numérisé non relu

RAY AE

phalanges, sans suintement aucun très faiblement prurigineux.

Revue au mois de septembre pour les mêmes lésions, mais bien plus discrètes, on refait une nouvelle série d’autohémothérapie. Le prurit disparaît, mais il persiste deux petits placards secs à tendance fissuraire à la face dorsale des doigts. Nous ferons remarquer d’ailleurs, la forme assez particulière de ces lésions d’eczéma fissuraire évoluant sur une peau très sèche; 1l semble qu'on soit en présence ici de troubles trophiques, troubles de nutrition conjonctive, plutôt que d’un eczéma vrai (vésicule). Quoi qu'il en soit, le traitement a apporté une amélioration manifeste dans l’état de la malade, mais toutefois la guérison n’est pas absolue. Le traitement, 1l est vrai, a été très irrégulier.

Observation X XVI

Mme Lag..., 38 ans, est atteinte depuis un an d’un eczéma des mains très prurigineux. Pas d’éléments alleurs. Pas de troubles endocriniens : règles brèves, mais réguhèrés et non douloureuses. Constipation assez marquée. Une série d’auto-hémothérapie n’ayant amené qu'une amélioration insuffisante, on applique le traitement intra-dermique (19 injections 3/10 c. c.).

Traitement concomittant : interne — 0; externe — cold-cream.

La première injection est faite le 30 décembre 1929.

À la cinquième injection, diminution du prurit; l'éruption pâlit. |

À la neuvième injection : l’amélioration persiste.

À la quatorzième injection : petite poussée aux mains d'éléments érythémato-vésiculeux.

A'la seizième injection : la poussée s’amende rapidement.

À la dix-neuvième injection : le prurit a complètement ‘disparu; l’éruption est très améliorée.

[1 demeure cependant un ou deux éléments secs peu prurigineux.

Observation XXV/11

Mme Kosci..., 29 ans, souffre depuis trois semaines d’un eczéma vésiculeux des mains, sumtant et prurigineux, survenu sans cause apparente d'irritation externe, il existe en sus quelques petits placards prurigineux et érythémateux au niveau du cou.

Pas de troubles endocriniens, constipation marquée.

Au niveau de la main gauche on remarque une rétraction de l’aponévrose palmaire.

Après quelques jours de traitement (pâte à l'eau 0 g. 04 de calomel et Î gr. 50 d’hyposulfite de Na) sans amélioration, on commence le traitement intra-dermique le 25 février.

(20 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — 0; externe — pâte à l’eau.

LV 40 me

À la quatrième injection : le prurit diminuë. |

A la dixième injection : le suintement est très diminué; l’éruption pâlit. :

De la douzième injection à la dix-huitième : l’amélioration continue, les injections étant quotidiennes.

À la vingtième : la malade est guérie, elle sort le

16 mars 1930.

Observation XXV/111

Mme Ler…, 21 ans, domestique, vient consulter pour un eczéma des mains et des avant-bras, apparu il y a huit jours qui s’est rapidement étendu aux lbras et aux cuisses.

La malade, enceinte de huit mois, ne présente ni troubles endocriniens, ni troubles digestifs. Jusqu'à l'heure, elle n’a eu aucune manifestation d'intoxication gravidique. Le traitement « pâte ichtyol, calomel, hyposulfite > n'ayant pas amélioré la malade, elle est mise au traitement intra-dermique' (30 janvier 1930).

(25 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant :

interne — 0; externe — cold-cream.

Les première, deuxième, troisième injections : ne s’accompagnent d'aucune modification.

A la quatrième injection : l’éruption s’atténue aux membres, mais il apparait une poussée au thorax.

A la cmquième imjection : le prurit s’exaspère.

À la septième imjection : le prurit diminue, mais persiste (5 février).

AO

À la huitième injection : disparition du prurit.

De la neuvième à la dix-huitième injection : amélioration progressive des lésions.

À la vingtième injection : le prurit n’a pas reparu, l’éruption est très améliorée aux membres inférieurs et aux avant-bras, mais les éléments des bras persistent (18 février). Le 20 février le traitement ayant cessé depuis deux Jours, 1l se produit une nouvelle poussée, localisée aux mêmes endroits, on recommence une deuxième série d'intra-dermiques (5 injections 3/10 c. c.).

Dès la deuxième injection : le prurit disparaît.

De la troisième à la cinquième, l’éruption pâlit, elle était d’ailleurs bien moins intense que la précédente (26 février). Le même jour, la malade passe à la Maternité, la deuxième série n'ayant donc comporté que 5 piqûres. La guérison survient totale après l'accouchement.

Observation X X1X

M. Leg.…., manœuvre, souffre depuis quelques mois d’un eczéma des mains et des espaces interdigitaux de forme dyshydrosique.

L'état général est médiocre (asthme, bronchite chronique, doigts hippocratiques), le malade n’a pas été amélioré par une série d’autohémothérapie. A l’occasion d’une nouvelle poussée aux mains (face palmaire et dorsale, espaces interdigitaux) on institue le traitement intra-

dermique (20 injections 3/ 10) (10 Hovonbre 30). Trai-

tement concomittant — O.

À la cinquième injection : l’état des mams est le même, le prurit subsiste, A la douzième injection : légère amélioration, il ne se forme plus d'éléments nouveaux; prurit peu modifié. A la vingtième injection : les lésions vésiculaires ont cédé, l’état des téguments des mains est meilleur, les tissus ont un peu repris de leur élasticité.

Il existe encore quelques poussées de prurit, mais bien moindres en intensité et en fréquence:

(Traitement irrégulièrement suivi) .,

Observation XX X

Mme Mach..., 35 ans, est atteinte depuis 3 semaines d’un eczéma du dos des mains, plus marqué du côté droit très sumtant et prurigineux. Les éléments vésiculeux se sont rapidement étendus aux avants-bras, aux coudes et au 1/3 inférieur des bras.

La malade, réglée normalement, n’a aucun signe de dysthyroïdie, Pas de troubles digestifs.

Des applications de cold-cream, associées au traitement « calomel hyposulfite » et gardénal (0 gr. 09 par jour) n’améliorant pas l’état de la malade, on la met au traitement intra-dermique. (20 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — 0: externe — cold-cream. -

de AN SES

La première injection est faite le 31 mars 1930 (3/10 c. c.).

Dès la deuxième injection : le suintement diminue, le prurit s’atténue.

À la quatrième injection : l’amélioration est manifeste.

À Ja seizième imjection : les éléments ont presque

disparu:

À la vingtième injection : la guérison est entière (20 avril). ,

Observation XX XI | |

M. Key.…., 65 ans, valet de chambre, présente depuis un an, des lésions eczématiformes du dos des mains et des doigts; il existe aussi quelques éléments, au niveau du front et des jambes. Soigné à Cochin par divers pansements locaux et une série d’autohémothérapie cet eczéma diminuait, disparaissait même par moment, pour récidiver rapidement, sans que l’on puisse incrimimer une cause quelconque.

Après une nouvelle série d’autohémothérapie (12 injections de 10 c. c.) suivie d’une amélioration très incomplète, les éléments des jambes n'étant nullement influencés par le traitement, on a recours à l’hémolysothérapie intra-dermique (21 mars 1930). (20 injections 3/10 c. c.) Traitement concomittant : interne — 0;

externe — pâte ichtyol et goudron.

Dès la troisième injection : le prurit disparait totale- ment. |

A la septième injection : l’éruption qui a pâl est en voie de disparition.

A la vingtième injection : les éléments des jambes et des mains ont disparu complètement.

Il subsiste cependant au visage quelques éléments secs de minime étendue.

Le malade sort du service le 27 avril 1930, pour aimsi dire, guéri.

Cher XXXII

Mme Rou.…, 24 ans, enceinte de cinq mois, a vu apparaître un mois après le début de sa grossesse, un eczéma sumtant et très srurigineux, à la face dorsale des mans. |

Ni troubles endocriniens, ni troubles digestifs.

Diverses pommades dont la pâte ichtyolée au 1/40, n'ayant eu aucune influence sur cet eczéma, ou soumet la malade au traitement intra-dermique (4 mai 1930). (17 injections 3/10 c. c., 4/10 c. c., 2/10 c. c.). Traitement concomittant : interne — 0; externe — pâte ichtyol.

À latroisième imjection : le prurit s’amende.

À la quatrième imjection : l’éruption pâlit, le suintement est bien moins intense.

À la cinquième injection : la malade éprouve un ma-

laise général, courbature, céphalée, nausées, et doit s’aliter dans les deux heures qui suivent l'injection.

À la sixième mjection : on n’injecte que 1/10 c. c. de sang hémolysé.

La septième injection : est bien supportée, les lésions s’améliorent.

À la huitième injection : on mjecte 2/10 c. c.

À la neuvième mjection : après 2/10 c. c.; léger malaise, bouffées de chaleur. j

À la dixième injection : 2/10 c. c. : céphalée, grosse amélioration des lésions.

La onzième mjection : 2/10 c. c. : est bien tolérée.

De la doüzième mjection 2/10 c. c. à la dix-septième : les malaises ont cessé, les lésions régressent tous lese jours, il n’y a plus de prurit.

La malade sort très améliorée.

Cette observation est remarquable par l'intolérance que la malade a manifesté entre la cinquième et la -douzième injection.

Cette intolérance caractérisée par une céphalée marquée, de la courbature, des nausées, de l’anorexie, s’accompagnait d’hypotension. Elle à diminué dès que la dose injectée a été abaissée de 3/10 c. c. à 4/10 c. c. et n’a pas reparu dès qu’on est remonté de F/10 cc, à

Observation XX X111

Mile Clai…., 24 ans, ménagère, entre à l'hôpital Broca, le 28 avril 1930, pour un eczéma qui s'étend à la face, aux mains et aux pieds. Le début remontre à quatre ans, un mois après le premier accouchement de la malade.

Divers traitements externes ont été essayés (pâte ichtyolée, goudroline) ; ils n’améliorent la malade que d’une facon transitoire et incomplète. [Il subsiste en parti-

culier d’une facon continue, quelques éléments prunigi-

neux au niveau des mains. On inaugure alors le traitement intradermique (19 injections 3/10 c. c.). Traitement concomittant : Interne — 0; externe — pâte à l'eau, cold-cream.

La première mjection est faite le 2 mai 1930.

La troisième injection : amène la disparition du prurit.

À la dixième injection : les lésions eczémateusés sont très améliorées.

A la quatorzième injection : elles ont presque disparu et la malade soït de l’hôpital, lorsque trois Jours plus tard :

À la dix-septième injection : une poussée nouvelle se: manifeste, atténuée (le traitement était continué au dispensaire). |

À la dix-neuvième injection : elle sera enrayée, mais non guérie,

Le traitement n’est pas poursuivi, la malade ne pouvant suivre régulièrement le traitement. Il faut remarquer ici que si le traitement a eu une influence remarquable sur le prurit, qui a totalement disparu dès la troisième injection, son action sur l’éruption a eu un résultat beaucoup moins heureux, puisqu’une récidive s’est pro- ‘duite à la fin de la série. Ag

Notons d’ailleurs qu’au cours du traitement la ma-' lade dont les antécédents n’avaient rien de particulier, a fait deux poussées d’angine à répétition, avec forte réaction fébrile, et une poussée de furonculose.

Observation XX XIV

. Mme Cau.…, 40 ans, souffre depuis cinq ans d’un eczéma rebelle, récidivant, fortement suintant et brurigmeux, localisé aux mains, aux avant-bras et au tronc.

De nombreux traitements externes et mternes, dont l’autohémothérapie ont échoué.

Pas de troubles endocriniens, pas de causes d’irrita- , ton externe.

On soumet la malade au traitement intra-dermique (20 injections 3/10 c. c:). Traitement concomittant : imterne — 0’; externe — pâte ichtyol.

Ni l’éruption, ni le prurit ne sont modifiés par le traitement, la malade faisant même de nouvelles poussées au cours de la cure. |

Après la vingtième injection aucune amélioration ne

RP Tate

s'étant manifestée, on recommence une nouvelle série d’autohémothérapie.

Cette observation met en cause un des rares cas, absolument rebelles à l’hémolysothérapie.

Observation XX XV (Personnelle) 3

Mlle Bonn.…., 17 ans, couturière, est atteinte depuis trois ans d’un eczéma rebelle.

Très suintant, procédant par poussées répétées 1l s’étend aux doigts, aux mains, aux avant-bras et aux bras; il existe quelques éléments isolés érythémato-squammeux à la face.

La malade qui accuse quelques troubles dyspeptiques légers, n’a pas de troubles endocriniens; elle a été. traitée déjà par une série d’autohémothérapie, sans résultats bien appréciables.

Traitée ici par applications de Nitrate d’argent en solution au 1/20 et pâte à l’ichtyol, la malade fait une nouvelle poussée au bout de huit jours de traitement, aux mains, aux doigts et à la face. On applique alors le traitement intra-dermique (20 injections 3/10 c. c.). (12 octobre 1930). |

. Traitement concomittant : interne — 0; externe — goudroline.

La cinquième injection : amène un gros amoindrissement du prurit,

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