DÉDICACE
voit dressé. Puis, sous la permission du Roy et vostre consentement, il a esté mis sur la presse, pour le publier tel qu’il doit estre. En quoy me revient en memoire ce que le comte Baltazar dict de Boccace, en la preface de son Courtisan, que ce qu’il feit en se joüant , sçavoir est son Decameron, luy a porté plus d'honneur que toutes ses autres œuvres latines ou tuscanes, qu’il estimoit les plus serieuses. Aussi la Royne, vray ornement de nostre siecle (de laquelle vous ne forlignez en l’amour et cognoissance des bonnes lettres), en se joüant sur les actes de la vie humaine, a laissé si belles instructions qu’il n’y a celuy qui n’y trouve matiere d’erudition, et si a (selon tout bon jugement) passé Boccace és beaux discours qu’elle faict sur chacun de ses comptes. De quoy elle merite loüenge, non seulement par dessus les plus excellentes dames, mais aussi entre les plus doctes hommes : car, de trois stiles d’oraison descrits par Ciceron, elle a choisy le simple, semblable à celuy de Terence en latin, qui semble à chacun fort aisé à imiter, mais, à qui l’experimente, rien moins. Vray est que tel present ne vous sera point nouveau, et ne ferez que le recognoistre par heredité maternelle ; toutes fois,