ACTE II, SCÈNE III f"J
OCTAVE
En tout cas, La fille d'un baron, mais d'un baron si tendre Qu'il devient amoureux de moi, rien qu'à m'entendre.
GERMAINE
La fille d'un baron, et tu n'es pas content?
OCTAVE
Non, je suis furieux, au contraire.
GERMAINE
Pourtant, Un baron.
OCTAVE
Il vaut mieux que sa fille lui reste.
Tu ne l'aimes donc pas?
OCTAVE
Qui? Moi? Je la déteste.
GERMAINE
Oh!
OCTAVE
C'est-à-dire. — Enfin, voilà ce que voulait...
GERMAINE
Ton père, n'est-ce pas?
OCTAVE
Tout juste. Il en parlait, Ce matin. 11 tenait beaucoup à sa chimère. J'ai répondu : «Jamais! » très haut, devant ma mère. « Tu partiras. — Jamais. — Tu plaideras. — Jamais! »
Sérieux.
Et comme il insistait, j'ai dit que je t'aimais,
Que tu résumais tout, mes espoirs et mes fièvres,
Qu'une parole un jour échappée à tes lèvres,
Un simple mot d'adieu m'avait tout révélé,
Et que pour toi, du fond de ce cœur consolé,
Un jour, j'avais senti jaillir avec ivresse
Tout un hymne d'amour où chantait ma jeunesse.
Mon père n'a rien dit : je voyais qu'il souffrait.
Mais j'étais éloquent et ma mère pleurait;
Ma mère t'aime bien, on dit tout quand on pleure :
J'ai des baisers pour toi, Germaine.
// l'embrasse.
S C È Z^E I V Les Mêmes, MONSIEUR et MADAME GIBORY,
madame gibory, apercevant les jeunes gens.
A la bonne heure!