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ACTE I I I, SCÈNE I

Même un jour, c'eût été pour lui du temps perdu.

Un fils contrarié, poussé par la folie,

Se sauve; il joue, il perd; je paie et l'on m'oublie.

MADAME LA HANTERIE.

Vous vous trompez, c'est lui...

la hanterie, l'arrêtant.

Je connais vos discours.

Laissez-moi l'oublier.

Vous en parlez toujours.

la hanterie.

Parti! depuis trois ans! ah! cette inquiétude, Je devrais la cacher... Mais dans ma solitude, Je veux penser tout haut, ayant souffert tout bas. C'est étrange, au dehors, lorsque j'entends des pas, Plein d'espoir, tout tremblant, je cours à la fenêtre; Dans le sentier voisin, je crois le reconnaître. Le cœur me bat plus fort qu'en face d'un danger. Je descends vers mon fils, je trouve un étranger, Un visiteur banal dont la gaîté me blesse, Et je remonte ici, honteux de ma faiblesse, Prêt à pleurer.

madame la hanterie.

Mêlons, dans notre amour pour lui, Aux tristesses d'hier les craintes d'aujourd'hui.

94 LHERBAGER

LA HANTERIE.

Vous craignez?

MADAME LA HANTERIE.

Je crains tout!

LA HANTERIE.

Allons donc !

MADAME LA HANTERIE.

Il me semble Qu'un malheur est sur nous.

Vous tremblez ?

MADAME LA HANTERIE.

Je ne tremble Que pour lui, Dieu le sait!

LA HANTERIE.

Encor des visions.

Vovons, pensez plutôt...

MADAME LA HANTERIE.

A nos illusions, Aux chimères d'antan trop souvent caressées. Tous ces projets encore occupent vos pensées. Vous souffrez, mais un jour tout ceci finira. Vous croyez fermement que l'absent reviendra Guéri de son amour?

LA HANTERIE.

Pourquoi pas, je vous prie ?

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