L.4 TETITE JE^'X.'K.E
Votre bras au mien enlacé Et sous forme de badinage, Voulez-vous bien au temps passé Avec moi refaire un voyage?
Nous pourrons évoquer tous deux Votre printemps et ma jeunesse; J'ai trente ans, et même un peu mieux, Vous dix-sept, sans qu'il y paraisse !
i6 l'herbier
J'ai senti, parfum à parfum, Fleurir les jours de votre enfance; J'ai vu s'éveiller, un à un, Les charmes de votre innocence.
Comme l'abeille du matin Sur le lys que son aile touche, J'ai vu se poser enfantin Le sourire sur votre bouche 1
Auprès du foyer paternel.
Vous demandiez à ma mémoire Quelque récit surnaturel Que vous appeliez : une histoire !
Vous cherchiez d'un air curieux Les salamandres dans la flamme, Et moi, dans le fond de vos yeux.
Je regardais passer votre âme I
J'étais trop heureux de conter Cent merveilles pour un sourire, Et je parlais sans m'arréter, Moi qui ne sais plus rien vous dire !
Je «prenais vos petites mains Dans la mienne, et, toute tremblante, Vous pensiez à mes noirs lutins, A la fois peureuse et charmante !
Souriez à ces jours bénis.
Ces jours où l'on n'est occupée Que d'écouter de tels récits Pour les redire à sa poupée!
Je répétais avec succès Le Poucet, Cendrillon, Peau-d'Ane, Et puis, en partant, j'embrassais Sur son front la petite Jeanne.
Où sont-ils, ceux qui résoudront Ce doux et bizarre problème :
Voilà mes lèvres, votre front.
Le baiser serait-il le même?