HYSTÉRIE
S'il est une névrose dans laquelle l’hérédité ne fasse pas l’ombre d'un doute, dans laquelle elle domine toute l’étiologie, c’est assurément l’hystérie. Ce fut là l’opinion
;\) Si on ajoute les suicides ou tentatives de suicide, on arrive à 21,1 0/0 d'aliénés dans les ascendants.
formelle de Willis (1), Pomme, Hoffmann (2), Caldwell (3), opinion défendue par Schœnlierder, II.Landouzy (4),Gaussail (5), Gintrac (6), mais que Georget (7) surtout eut le mérite de mettre en relief : « Les circonstances, dit-il, qui prédisposent le plus à l’hystérie, sont une influence héréditaire, une constitution nerveuse, le sexe féminin et l’âge de douze à vingt-cinq ou trente ans. La plupart des malades ont parmi leurs proches parents des épileptiques, des hystériques, des aliénés, des sourds, des aveugles, des hypochondriaques ; la plupart ont montré, dès le lias âge, des dispositions aux affections convulsives, un caractère mélancolique, colère, emporté, impatient, susceptible; quelques-uns ont eu alors des attaques de catalepsie, des serrements de gosier, des étouffements. »
Depuis Georget, cette opinion n’a point varié, et les auteurs de tous les pays, sont d'accord à placer l’hystérie, parmi les affections nerveuses héréditaires par excellence. Tantôt les parents transmettent l'hystérie directement aux enfants, tantôt on la voit se combiner ou alterner avec une de ces affections, épilepsie, aliénation mentale, dont elle est la transformation, ou dans lesquelles elle peut à son tour se transformer.
Briquet (8), le premier à ma connaissance, a cherché à établir à l’aide de statistiques, l’importance de ces différents facteurs dans la genèse de l’hystérie.
(1) Willis, Opéra medica et physica, t. I, cap. x, p. 538.
(2) Hoffmann, Opéra omnia, t. III. De malo hysterieo, cap. v, p. 61.
(3) Caldwell, De Hysteria, Edimburgh, 1780.
(4) H. Landouzy, Traité complet de l'Hystérie, 1846, p. 181.
(3) Gaussail, De l'influence de l'Hérédité' sur la production de la surexcitabilité, p. 147.
'O) Gintrac, De l'influence de l'Hérédité sur la production de la surexcita//il i té nerveuse, p. 147.
(7) Georget, Dict. de méd., art. Hystérie, p. 166.
(8) Briquet, Traité clinique et thérapeutique de l'Hystérie, 1850, p. 82 et suiv.
I/HKRÉDITÉ DANS LES MALADIES
« Pour 35 hystériques, dont les familles composent un ensemble de 1 103 personnes, 430 hommes et 673 femmes, il s’est trouvé parmi les ascendants et collatéraux :
Hystériques 214
Épileptiques 13
Aliénés 16
Delirium tremens 1
Paraplégie 1
Somnambules 3
Maladies convulsives 14
Apoplexie, 10
Total 272 =
« Les hystériques ont 25 pour 100 de parents atteints de maladies nerveuses, ou d’affections de l’encéphale, tandis que les sujets non hystériques n’ont que 2,8 pour 1 00 de ces parents (1). »
Hammond sur 209 cas a trouvé chez 131 malades, des mères, tantes ou grands-parents hystériques, et dans les autres cas, beaucoup avaient des parents atteints d’autres maladies nerveuses.
L’hérédité directe est donc fréquente, et d'après Briquet u la moitié des mères hystériques donnent naissance à des hystériques; une fille qui naît d’une mère hystérique a un peu plus d’une chance de devenir hystérique, et moins de trois de ne pas le devenir. Enfin dans la majorité des cas, il n’y a dans une famille que l’une des filles qui soit hystérique; dans un nombre un peu moindre il y en a trois (2). » Les faits analogues à ceux rapportés parBernutz (3), qui a vu une mère hystérique avoir six filles hystériques, paraissent relativement rares. L’hérédité directe se
(1) Briquet, toc. cit., p. 82.
(2) Ici., Ibid., p. 90.
(3) Bernutz, Art. Hystérie du Nouveau Dictionnaire de med. et de chirurgie, p. 195.
rencontre surtout, lorsque l’hystérie se développe chez les enfants d’une mère atteinte de grande hystérie, et il n'y arien d’étonnant vraiment, à ce que des enfants, qui voient journellement leurs parents en proie aux attaques, les imitent inconsciemment, et cela indépendamment du fait que la société de la mère, leur imprime involontairement la meme manière de sentir, de réagir et de penser.
Mais très fréquemment aussi, nous trouvons les mutations des névroses.
Les chiffres et les statistiques me manquent, pour établir la fréquence et la valeur, des facteurs générateurs de l’hystérie, néanmoins, nous avons vu précédemment, que l’épilepsie par exemple, paraît engendrer l’hystérie , aussi souvent si ce n’est plus, qu’elle n'engendre l’épilepsie. Les faits comme ceux rapportés par Doutrebente (1), dans lesquels une mère et un père épileptiques, engendrent une hystérique qui elle-même est mère d'une aliénée et grand’mère d’une fille atteinte d’arrêt de développement physique, moral et intellectuel, ne sont point rares L’épilepsie du père semble être pour la fille hystérique ce qu’est [l’hystérie de la
D'autres fois, c’est l’aliénation mentale que l’on trouve dans les antécédents des malades, l’hystérie des enfants semblant être alors une atténuation de l’état névro-psychopathique des parents; mais il faut remarquer qu’avec des antécédents semblables, on rencontre généralement la forme grave de l’hystérie, la catalepsie, l’hystéro-épilepsie, la chorée saltatoire, les paralysies, etc.
En voici un exemple remarquable, que je dois à un de mes collègues et amis.
(1) Doutrebente, loc. cit., Obs. II.
grand-père.
Caractère bizarre.
GRAND'MÈRE
Épileptique.
GRAND-PÈRE
Indemne.
GRAND’MÈRE-
Indemne.
PERE
SŒUR
2 FRÈRES
Folie Indemne,
héréditaire
Indemne. Morts
de tumeur cérébrale.