N° XXXIX
enfant bien, enfant bien, enfant mort enfant mort.
de
convulsions.
(1) Luys, Traité des maladies mentales, 1881, p. 241
(2) Ball, Insanité dans la Paralysie agitante (Encéphale, 1882).
(3) Parent, Ann. Med. Psych., 1883, t. X, p. 45.
(4) Peter de Giieel, Bull, de la Soc. de méd. mentale de Belgique, Gand, 1 883, n° 29.
(5) Roger, Deux observations de Paralysie agitante accompagnées de troubles intellectuels (Encéphale 1885, n° 6, p. 648).
(6) B. Bergisio, Un caso di malaltia di Parkinson complicata da disturbi psichici. (Arch. Ital. per le mal. nervos., t. XXI, 1884, p. 260.)
La maladie de Parkinson a donc des affinités très grandes avec les vésanies, nous avons vu qu’il en était de même avec les différentes névroses; ce sont là, en y ajoutant l’influence des émotions morales dans la pathogénie des accidents, autant de raisons qui permettent de classer cette affection dans la famille neuro-pathologique. Il est plus que probable qu’à avenir, lorsque l’hérédité nerveuse sera recherchée avec soin, les cas de paralysie agitante, spontanée, primitive, sans hérédité nerveuse aucune, deviendront de plus en plus rares.
Ce que je viens de dire à propos de la maladie de Parkinson peut s’appliquer au tremblement sénile , qui, lui aussi, est une maladie de famille (1), il dérive quelquefois de l 'hérédité similaire, plus souvent peut-être de l’hérédité dissemblable.
GOITRE EXOPHTH ALMIQUE. MALADIE DE BASEDOW.
Parmi les névroses, la maladie de Basedow est assurément une do celles, dont l’hérédité ne peut plus être contestée aujourd’hui. Tous les observateurs ont noté les changements de caractère, l’irritabilité nerveuse, l’irascibilité des malades atteints de goitre exophthalmique ; ces troubles sont si constants, si fréquents, ils font si bien partie du complexus symptomatique de la maladie de Graves, qu’ils constituent souvent un des modes de début de cette affection. Mais les troubles psychiques, peuvent être beaucoup plus marqués, et revêtir les caractères de Y aliénation mentale la mieux constituée. Geigel (2), Morell
(1) Tiiebeault, Thèse de Paris, 1882.
(2) Geigel, üie Basedow' sche Krankheit. (Wurzb. med. Zeitschrift, 1866, Bd. VII, p. 70.1
L’HEREDITE DANS LES MALADIES
Mackenzie (1), Solbrig' (2), Andrews (3), etc., ont rapporté des exemples d 'accès maniaque , de manie aiguë , de mélancolie avec périodes d’excitation, d’impulsions homicides même, survenant dans le cours de la maladie de Basedow, et exagérant momentanément l’exophthalmie, le goitre, la tachycardie. Robertson (4), Cane (5), Garlyle Johnston (6), Savage (7), ont observé des faits semblables et, pour ce dernier auteur, les troubles vésaniques seraient même si fréquents, que la maladie de Basedow s’observerait beaucoup plus souvent chez les aliénés, que chez les gens bien portants, proportion évidemment exagérée, et qui tient sans doute au milieu dans lequel exerce Savage.
Quoiqu’il en soit, s’il est un fait aujourd’hui bien connu, c’est la concordance fréquente, des troubles vésaniques avec le goitre exophthalmique ; si cette concordance a échappé aux premiers observateurs, cela tient évidemment à ce fait, que nous diagnostiquons beaucoup plus facilement la maladie de Graves, aujourd’hui que la triade symptomatique n’est plus nécessaire pour établir le diagnostic, et que la tachycardie, le tremblement, associés ou non àl’exophthalmie, au goitre, suffisent pour faire reconnaître les formes frustes de la maladie de Basedow.
(1) Morell Mackenzie, Cases of Exophthalmic goitre. (Trans. ot the Clin. Soc. London, 1868, p. 9.)
(2) Solbrig, Klinische Beobachtungen and microscopisclie Befunde . II Basedow'sche Krankheit und psychische Stôrung. (Allg. Zeitsch. f.Psych., 1870, p. 5.)
(3) Andrews, Exophthalmic goitre with insanity. Americ. Journ. of. Med. (Analysé in Virchow-Hirsch Jahrberichte, 1870, t. IL p. 13.)
(4) Robertson, On Graves Diseuses with Insanity. (Journ. Ment, science, janvier 1875, p. 573.)
(5) Cane, Connexion of exophthalmic Goitre with Mania. (Lancet., 1877 t. II, déc., p. 798.)
(6) Cari.yle Johnston, Case of exophthalmic Goitre with Mania. (Journ. of Mental science, 1884, janvier, p. 521.)
(7) Savage, Exophthalmic goitre with mental Disordre. (Guy’s Hosp. Reports, 1870, t. XXVI, p. 31.)
Mais à côté de ces troubles mentaux, il est une névrose, que l’on voit s’associer beaucoup plus souvent peutêtre à la maladie de Graves, je veux parler do Y hystérie, et l’hystérie sous toutes ses formes, depuis les changements de caractère, la sensation de boule, l’anesthésie, les stigmates en un mot de l’hysteria minor, jusqu'à la grande attaque, hystéro-épileptique, voire même jusqu’aux paralysies déjà signalées par Cheadle(l), Hayden,Chwostek (2), plus récemment par Ballet, qui insiste sur ce fait, que bon nombre des accidents paralytiques observés dans le cours du goitre exophthalmique, sont imputables à l’hystérie. On a noté — rarement du reste — l’apparition de mouvements choréiques [Gagnon (3), Jacobi (4) ], d’ accidents épileptiformes. Indiqués d’abord par Robertson (5) qui les vit dans un cas coïncider avec du délire maniaque, ils ont été depuis étudiés parMerklen (6), puis par Ballet (7) qui en arapporté plusieurs observations. Pour cet auteur, ces accidents sont tantôt des accès d’épilepsie symptomatique, se reliantparleur pathogénie aux autres manifestations de la maladie de Basedow, tantôt des accès de mal comitial classique, combiné avec la maladie précédente, tout en gardant son autonomie et ses caractères propres.
(1) Cheadle, Exophthalmic Goitre. (St-Georges Hosp. Reports, 1870, t. IV, p. 175, 1875, t. VII, p. 81.)
(2) Chwostek, Wcitere Beitrüge zur Pathologie und Electrotherapie der Basedow’sche Krankheit. (Wiener mecl. Presse, 1871, n° 71, 1872, n° 22-32.) Zur Casuistik des morbus Basedowii. (Wiener AUgem. milit. ârztl. Zeitg. 1874, n» 21.)
(3) Gagnon, Assoc. française pour l’avancement des sciences, 1876.
(4) Jacobi, Exophthalmic goitre occuring in a Child and followed by St. Vitu's Dance. (Med. Record New-York, 1870, july 5, p. 1.)
(5) Robertson, On Graves Diseuses with insanity (Journ. ot Ment science, 1875, janv., p. 573.)
(6) Merklen (Société clinique, 24 février 1882.)
(7) G. Ballet, Sur quelques troubles dépendant du système nerveux central, observés chez les malades atteints de goitre exophthalmique. (Revue de médecine 1883, p. 254-278.)
L’HEREDITE DANS LES MALADIES
Confinant aux psychoses d’une part, aux névroses convulsives graves (hystérie, épilepsie, chorée) d’autre part, l’hérédité de lamaladiede Basedow n’a rien qui nous doive étonner. Mais l’hérédité est-elle directe, est-elle similaire, ou bien au contraire, nous trouvons-nous ici encore en présence de la disposition névropathique, et constatons-nous parmi les ascendants, descendants et collatéraux de nos malades, plus ou moins bien constituées, toutes les psychopathies et les névropathies que nous avons rencontrées si fréquemment dans le cours de ce travail? L’hérédité similaire que nous avons vue si rare dans les psychopathies — que pour la grande majorité des auteurs de toutes les vésanies, la folie suicide est à peu près la seule dans laquelle elle s’observe — que nous rencontrons dans les névroses convulsives telles que l'épilepsie, l’hystérie, — s’observe quelquefois dans la maladie de Basedow. Le plus bel exemple d’hérédité similaire que j’aie trouvé dans la science, est assurément l’histoire familiale rapportée par Oesterreicher (1). Une mère hystérique engendre 10 enfants, six filles et quatre fils; sur ces dix enfants nerveux ou hystériques pour la plupart, 8 ont présenté les symptômes de la maladie de Graves. Une de ces filles, atteinte de goitre exophthalmique, est elle-même la grand’mère de 4 petites filles, dont trois atteintes de maladie de Basedow et la quatrième hystérique. Enfin une des deux enfants indemnes, engendre un fils épileptique.
Le tableau suivant est donc un exemple frappant non seulement de l’hérédité similaire, mais encore de l’association de l’hystérie et de la maladie de Graves; aussi Oesterreicher est-il avec les auteurs qui placent le goitre exophthalmique à côté des névroses, l’hystérie en par-
(1) Oesterreicher, Zur Aetiologie des Morbus Basedowii. (Wiener med. Presse 1884, n° 11, p. 336.)